vendredi 18 avril 2014

Quel est ton mythe ?

Jung raconte dans Ma vie qu’après avoir publié le livre[1] qui a précipité sa rupture avec Freud, car il y a développé une conception intégrant la dimension spirituelle de la libido, une question décisive lui est littéralement tombée dessus :

« Il m’arriva un instant d’inhabituelle clarté au cours duquel se déroula le chemin que j’avais jusque-là parcouru. Je pensai : « Tu possèdes maintenant une clé qui te permet de pénétrer dans la mythologie, et tu as la possibilité d’ouvrir toutes les portes de la psyché humaine inconsciente ». Mais là, en moi, se fit entendre un chuchotement : « Pourquoi ouvrir toutes les portes ? » Et aussitôt s’éveilla l’interrogation concernant ce que je pouvais bien avoir accompli. J’avais expliqué les mythes des peuples du passé; j’avais écrit un livre sur le héros, ce mythe dans lequel l’homme vit depuis toujours.
« Mais dans quel mythe vit l’homme de nos jours ?
-           Dans le mythe chrétien, pourrait-on dire.
-           Est-ce que toi, tu vis dans ce mythe ? demanda quelque chose en moi.
-           Si je réponds en toute honnêteté, non ! Ce n’est pas le mythe dans lequel je vis.
-           Alors, nous n’avons plus de mythe ?
-           Non, il semble que nous n’ayons plus de mythe.
-           Mais quel est ton mythe à toi, le mythe dans lequel tu vis ? »
Je me sentis de moins en moins à l’aise et je m’arrêtais de penser. J’avais atteint une limite. »

C’est un tournant dans le cheminement du jeune psychiatre qu’est encore Jung, et sans doute pourrait-on parler là d’un éveil. Il a alors 37 ans et se trouve sur le seuil de la confrontation avec l’Inconscient qui, après qu’il ait souffert la perte de la figure paternelle que représentait Freud, va le conduire sur des chemins inexplorés dont toute son œuvre émergera. Il n’est pas le seul à se trouver sans le savoir à la veille d’une immense transformation : nous sommes en 1912, et c’est toute l’Europe qui va bientôt entrer en convulsions. C’est un cataclysme inimaginable qui va bientôt s’abattre avec la Grande Guerre sur la civilisation européenne alors au faîte de sa prospérité matérielle et de son arrogance intellectuelle, et tout emporter dans un torrent de boue mêlée de sang. Le monde ne sera plus jamais pareil après ces quatre années d’orages d’acier, et parmi les innombrables victimes, on compte aussi un certain christianisme mort au champ d’honneur, enterré dans les tranchées avec toutes les illusions qui prévalaient encore. C’est depuis cette époque qu’on parle en Occident d’une « crise des valeurs ».

Jung est alors comme une antenne qui capte les soubresauts de la psyché collective et détecte les signes précurseurs du gigantesque tremblement de terre à venir. Il a en 1913 des visions qui lui font douter de sa santé mentale : il voit un flot immense recouvrir tous les pays entre la mer du Nord et les Alpes, et cette mer se transforme en flots de sang. Il a l’intuition d’une catastrophe épouvantable tandis qu’une voix lui dit : « Regarde, c’est tout à fait réel et cela sera ainsi. » Puis, au printemps 1914, il fait des rêves qui parlent d’une terrible glaciation, comme si un froid monstrueux s’abattait sur terre en provenance des espaces intersidéraux. Le troisième et dernier rêve de cette série se termine cependant sur l’image d’un arbre dont les feuilles se sont transformées sous l’effet du gel en raisins sucrés, que Jung offre à une foule nombreuse qui attend. Quand la guerre éclate comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu le 1er août, il comprend qu’il n’est pas assailli comme il le craignait par des images psychotiques mais qu’il doit rechercher comment son expérience vivante est reliée au destin collectif.

Au travers de ces images et avec le préambule donné par son dialogue intérieur, nous pouvons discerner le sens et l’importance de son œuvre pour notre civilisation. Jung est considéré par plusieurs comme le « premier homme du Verseau », c’est-à-dire le premier par lequel a été versé l’eau vivante dont nous avons tellement soif. Il est bien beau qu’on lui érige de telles statues honorifiques mais il semble que rares sont celles et ceux qui réalisent que la question qui lui est tombée dessus est en fait, au travers de Jung, posée à chacun de nous :

Quel est ton mythe ?

Il en est bien sûr encore parmi nous et grâce leur soit rendue qui vivent dans le passé, c’est-à-dire dans le mythe chrétien, une lignée bouddhiste, ou autre. Ces gens nous rendent un grand service car ils maintiennent un lien vivant, fut-il désuet, avec notre passé spirituel ancestral. Jung souligne cependant qu’il est beaucoup plus confortable de vivre dans le passé, avec des réponses fournies par la tradition, que dans le présent, où les questions sont nécessairement brûlantes. C'est ainsi que pour la plupart d’entre nous, c’est surtout un constat amer qui prévaut :

Alors, nous n’avons plus de mythe ?

Non, nous n’avons plus de mythe. Nous sommes d’un temps où l’on se croit supérieur parce que l’on a plus de mythe, où l’on nie le besoin de l’âme humaine de se nourrir de symboles. C’est jusqu’à cette âme qui est niée : qu’est-ce donc que l’âme ? On ne l’observe ni avec un télescope, ni avec un microscope. On peut la voir éventuellement agoniser dans les yeux des jeunes qui préfèrent se perdre dans des paradis artificiels plutôt que d’essayer de vivre dans un monde déshumanisé. La drogue la plus redoutable n’est peut-être pas celle que l’on s’injecte pour anesthésier l’âme qui hurle ; elle est dans ce flot d’images vides de tout sens vivifiant que nous déversent les médias pour nous convaincre que tout est marchandise. L’âme est justement une de ces réalités qui ne peut être réduite à une marchandise, qui n’a pas de prix tant elle a de valeur.

Le malentendu entre notre modernité et l’âme ressort d’une conversation que Joseph Campbell, le grand mythologue, a eu avec un animateur de radio. Campbell expliquait ce qu’est une métaphore en recourant à l’exemple d’une jeune femme courant à une telle vitesse et avec une telle grâce qu’il pouvait dire qu’elle était une gazelle. L’animateur s’est insurgé : 

-          Mais c’est un mensonge ! Ne devrait-on pas dire qu’elle coure comme une gazelle ?

Non. Tout l’art de la métaphore est dans le dépassement de l’analogie induite par le « comme ». La métaphore emmène plus loin – c’est précisément ce que veut dire son étymologie metaphoros, « qui emmène plus loin » ; elle donne à toucher quelque chose d’indiscernable et qu’on ne peut pas vraiment saisir avec le mental. Un Amérindien pourrait dire que la gazelle est l’animal-pouvoir de la jeune femme dont parlait Campbell tandis que le mental, aussitôt qu’il a dit « comme », s’embourbe dans la discussion de tout ce qui fait qu’une jeune femme n’est pas vraiment comparable à une gazelle. 

Jung a touché la profondeur de la perte d’âme qui affecte notre civilisation quand il est allé chez les Indiens Pueblos et qu’il a interrogé leur chef sur la signification de la cérémonie qu’ils faisaient chaque matin au lever du soleil. Le chef lui a alors expliqué qu’ils aidaient leur Père, le Soleil, à se lever et à traverser le ciel. Quand il raconte cet épisode, Jung assène que lorsque nous sourions de la naïveté de cette croyance en nous glorifiant de notre intelligence, cela nous permet surtout d’éviter de regarder combien nous sommes appauvris et dégénérés. Il comprit alors sur quoi reposait la dignité de l’individu isolé : fils du Soleil, sa vie a un sens cosmologique. Il a une place dans le Grand Tout, il n’existe pas pour vivre une vie dépourvue de sens en consommant le plus possible pour faire tourner un système économique qui dévaste la planète.

La métaphore, que ce soit au travers des mythes, des rêves ou de la poésie – toutes activités essentielles qui revendiquent la gloire de l’inutile – est le seul moyen d’appréhender ce qui nous dépasse et nous dépassera toujours. Or cela qui nous dépasse est aussi ce qui nous contient et donne un sens à notre existence en lui donnant un contexte plus large. Quant à évoquer plus directement de quoi il s’agit au fond, vers quoi pointent finalement tous les mythes, Jung le dit clairement : « Pour l'homme la question décisive est celle-ci : te réfères-tu ou non à l'infini? Tel est le critère de sa vie. C'est uniquement si je sais que l'illimité est l'essentiel que je n'attache pas mon intérêt à des futilités et à des choses qui n'ont pas une importance décisive. Si je l’ignore, j’insiste pour que le monde me reconnaisse une certaine valeur pour telle ou telle qualité, que je conçois comme propriété personnelle : « mes dons » ou « ma beauté » peut-être. Plus l’homme mais l’accent sur une fausse possession, moins il peut sentir l’essentiel, et plus il manque de satisfaction dans la vie. »

Alors, quel est votre mythe ? À quoi croyez-vous ? Ou mieux encore, à quelle histoire donnez-vous la vertu, au-delà de toute croyance, d’éclairer votre existence ? À quoi vous consacrez-vous, c’est-à-dire : comment restituez-vous à votre vie son caractère intrinsèque d’aventure sacrée ?

Il y a bien un mythe qui a pris forme dans l’œuvre de Jung. Edward Edinger, qui a commenté celle-ci avec une attention particulière à sa dimension religieuse, fait ressortir qu’avec Jung apparait le mythe de la « création de conscience ». Il en ressort que Dieu est inconscient de Lui-même et que c’est la tâche de l’être humain que de L’aider à prendre conscience de qui Il est. Dans cette perspective, c’est par exemple parce que Job a défait moralement Dieu qui l’avait livré aux caprices de Satan qu’Il a décidé de s’incarner et de venir partager nos souffrances jusqu’à la conclusion que nous célébrons symboliquement en ce vendredi de Pâques. Ses conclusions ont choqué nombre d’esprits religieux, tandis que d’autres ont voulu y voir les prémisses d’une nouvelle religion. Mais, plutôt qu’une nouvelle imagerie collective, il ressort de l’aventure intérieure de Jung que c’est à chacun de bâtir désormais son propre mythe. Nous sommes à cette époque glaciaire où il n’est plus de mythe collectif pour sustenter l’âme ; c’est à chacun de retrouver, de haute lutte et en lui-même, la source vive qui lui permettra d’assumer son existence individuelle avec la dignité d’un Fils du Soleil.

Ainsi Campbell pouvait-il affirmer : « Ce n’est pas la société qui doit guider et sauver le héros créateur mais précisément l’inverse. Et ainsi, chacun de nous prend part à l’épreuve suprême – c’est-à-dire porte la croix du rédempteur – non dans les moments glorieux des grandes victoires de sa tribu mais dans le silence de son propre désespoir. »

Dans mon mythe personnel, il ressort comme le disait si bien Hölderlin que « plus le péril grandit, plus croît ce qui sauve ». Non seulement Jung a-t-il jeté un pont vers l’avenir au moment décisif où tout semblait en voie d’être perdu, mais beaucoup d’autres ont élargi la voie depuis. Il est pour moi profondément significatif par exemple qu’au moment le plus sombre du XXème siècle se soit produit ce qui ressemble fort à une épiphanie quand quatre jeunes gens ont, en Hongrie occupée par les nazis, engagé un dialogue[2] avec leur Maître intérieur qui est encore d’actualité pour nous. Au travers de l’Ange qui les a aidés à traverser l’enfer sur terre, nous pouvons reconnaître la présence du Soi ou du Divin, si ces distinctions conceptuelles sont encore de quelque utilité. Ce qui importe, c’est que finalement la mécanique destructrice qui les environnait n’a eu alors aucune prise sur eux, non plus que sur Etty Hillesum[3] qui a elle aussi livré du fond d’un camp de concentration un témoignage des plus éloquent de dignité humaine. Nous pouvons en tirer l’espoir qui veut que la glaciation de l’âme prendra fin tôt ou tard, que le printemps approche inéluctablement. Nombreuses seront alors les fleurs de conscience qui s’ouvriront et célébreront l’éveil de la Terre Une.


[1] Métamorphose de l’âme et ses symboles. Voir http://www.cgjungfrance.com/Metamorphoses-de-l-ame-et-ses pour un résumé.
[2] Dialogues avec l’Ange, Aubier Montaigne.
[3] Etty Hillesum, Une vie bouleversée, journal 1941-1943, éditions du Seuil.

33 commentaires:

  1. Les périodes d' "entre-deux " sont à la fois les plus dures et les plus exaltantes, puisque tout est à faire (ou à refaire)...
    Et c'est souvent en pleine débâcle que pointe le renouveau...et même le tout nouveau.

    Merci pour cet article de nature à faire fondre la glace la plus dure... ! :-)

    Pas le temps malheureusement de commenter plus longuement...je repasserai.

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  2. Merci dame Licorne pour ce commentaire. En effet, ce qui importe finalement là est bien l'apparition du "tout nouveau", mais chut ! On n'en peut justement pas parler car c'est aussi le "jamais vu, jamais entendu"...

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  3. Un enfant, lorsqu'il se déguise en pirate ou en coccinelle pour l'Halloween ou juste pour le plaisir, devient le pirate ou la coccinelle, car il sait jouer.

    Un adulte, qui veux bien se prêter à la tradition chamanique et au jeu de dire que son totem est le hibou pour s'inspirer de ce que la ``médecine`` de sa symbolique véhicule afin bien s'imprégner de l'essence de son signe de jour (ou synchronicité), ou bien qui accorde aux plantes et animaux la reconnaissance qu'ils ont une âme, se ferait dire qu'il fait de l'animisme.

    Renaud dit dans Mistral gagnant : le temps est assassin,
    et emporte avec lui les rires des enfants. Mais il n'y a pas que le temps. La société moderne dénature. Non seulement les enfants en leur exigeant de devenir ``grands`` de plus en plus tôt, mais ne laisse plus place à l'émerveillement pour autre chose que le nouveau culte de la matière par la bagnole de l'année ou le vêtement ``designer`` de marque de l'heure. Ça, ce n'est pas un mythe mais réellement un mensonge que l'on vit.

    Il faudra probablement un bouleversement économique majeur comme le mur inévitable vers lequel nous nous dirigeons dans ce rythme de croissance économique exponentielle sans répit ni respect pour quoi que ce soit, avant qu'un renouveau où le retour aux sources et à l'essentiel soit exercé par la masse. Mais on va espérer que non, et qu'un réveil du coma existentiel se fasse avant qu'on en soit sorti de force.

    Nous avons oublié comment jouer, sans que notre intellect se sente menacé. C'est triste.

    Mais en attendant, je porte fièrement ma tuque ``hibou`` en hiver, à honorer l'âme en tout à chaque opportunité que j'ai de le faire, et à m'amuser comme une petite folle, car j'ai tellement rien à perdre mais tout à gagner à le faire! :)

    Merci Jean pour tes réflexions profondes et pleines de compassion...

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    1. Merci Julie pour ce commentaire. En effet, il s'agit en quelque part de "retrouver une âme d'enfant", de sortir des conditionnements que nous avons reçu, et de redonner de la place au jeu ainsi qu'à l'émerveillement dans notre vie, notre monde...

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  4. Bonjour,
    Merci pour cet article et cette question intéressante. Quel est ton mythe?
    Un mythe est collectif, me semble-t-il. Est-ce qu'on s'éloigne de ces mythes collectifs à mesure qu'on prend sa propre mesure, son chemin à soi? Le futur nous le dira, à chacun de nous!
    Amicalement,
    Michelle

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    1. Merci Michelle pour ce commentaire. Oui, il semble que nous soyons dans une étape d'individuation où nous pouvons de moins en moins compter sur le support des structures collectives, par exemple des grands mythes. Le danger est de "jeter le bébé avec l'eau du bain", c'est-à-dire de perdre l'énergie des symboles vivants. La question "quelle est ton mythe ?" semble exiger une appropriation individuelle des symboles qui pavent notre chemin propre. Une question similaire est: à quoi te consacres-tu ? A quoi veux-tu consacrer tous les jours qui te restent à vivre ? Con-sacrer, c'est "faire sacré"...

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  5. Ton article, Jean, est très très riche et mériterait de nombreux commentaires...je vais essayer de faire "court"...

    Dans "C-G Jung, son mythe en notre temps", de M-L Von Franz, on trouve le passage suivant, que je trouve assez "parlant" :

    "La Vedanta parle (...) d'un obscurcissement progressif de la lumière de la conscience contraignant l'homme à revenir à la lumière du Soi intérieur.
    Dans la Brihadaranyaka Upanishad, 4-3-6, le roi Janaka interroge le sage Yajnavalkya :
    "Qu'est-ce qui sert de lumière à l'homme ? (...)
    -Le soleil lui sert de lumière, ô grand prince, lui est-il répondu, car à la lumière du soleil il s'assoit et circule, fait son travail et revient chez lui...
    -Mais quand le soleil est couché, ô Yajnavalkya, qu'est-ce qui sert de lumière à l'homme ?
    -La lune lui sert de lumière: car à la lumière de la lune, il s'assoit et circule, fait son travail et revient chez lui...
    -Mais quand le soleil est couché et que la lune est couchée, ô Yajnavalkya, qu'est-ce qui sert de lumière à l'homme ?
    -Le feu lui sert de lumière, car à la lumière du feu...etc.
    -La parole lui sert alors de lumière....etc
    -Mais quand le soleil est couché, que la lune est couchée, que le feu est éteint et que la voix s'est tue, qu'est-ce qui sert de lumière à l'homme ?
    -Lui-même (le Soi, atman ) lui sert alors de lumière; car, à la lumière du Soi (de l'âme), il s'assoit, il circule, fait son travail et revient chez lui.
    -Qu'est-ce qu'un Soi ?
    -C'est, parmi les organes vitaux, celui qui est fait de connaissance, l'esprit qui éclaire au-dedans du coeur...
    -Quand il...dort, cet esprit sert à lui-même de lumière."

    Suivant l'interprétation de Jung, l'image d'un obscurcissement progressif de la lumière, donc psychologiquement, de la conscience, exprime le fait que "toute vérité spirituelle se concrétise peu à peu et devient matière et outil dans les mains de l'homme...
    L'homme moderne, ajoute-t-il, est à tel point obscurci qu'hormis la lumière de sa raison, rien n'éclaire plus le monde (...)
    C'est pourquoi sans doute notre civilisation tant vantée est le théâtre des choses les plus extraordinaires qui ressemblent davantage à une fin du monde qu'à un crépuscule normal.
    L'obscurcissement de la conscience est un processus qui s'est répété un nombre incalculable de fois au cours de l'histoire humaine."

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  6. Bon, j'ai dit que je voulais "faire court", c'est raté : j'ai déjà dépassé le nombre de caractères maximum pour un commentaire ! :-)

    Je mets la suite dans un deuxième....:


    Sans l'ombre d'un doute notre époque se trouve dans un grand désarroi et dans une "nuit profonde"...Cela s'est déjà produit à de nombreuses reprises en d'autres époques...reculées...Car l'histoire est cyclique et nous sommes à la fin d'un "grand cycle" historique et astrologique (passage de l'ère des Poissons à l'ère du Verseau, entre autres...).

    Dans ce genre de "nuit de l'âme", on perd tous ses repères..."Dieu est mort" ou plutôt l'image divine qu'on s'était forgée, l'image ancienne, le "mythe précédent" qui fournissait un appui et une base pour toute la vie, a perdu sa vitalité, son caractère "vivant"... et ne sert plus de guide...
    Mais comme toute nuit, c'est aussi le "passage obligé" pour que vienne un nouveau jour, une nouvelle lumière...(Aurora consurgens).
    On peut dire aussi que c'est seulement dans la nuit "noire", très noire, qu'on peut voir s'allumer une nouvelle étoile : dans la lumière du jour, il serait impossible de l'apercevoir.

    Le plus difficile dans un processus de changement ou de transformation, c'est toujours de "lâcher l'ancien"...sans avoir de certitude quant à ce qui "va venir"...
    C'est de traverser la période où l'ancien est "derrière"...et où le nouveau n'est encore qu'un tout petit point lumineux insignifiant...très très loin...
    Dans cette phase, la tâche du héros est moins de se"battre" que d'avoir le courage infini de "lâcher prise" par rapport aux anciennes certitudes...et de laisser monter en soi le "jamais vu"...

    C'est "être dans la nuit complète et avancer vers une très faible lueur" à l'horizon, sans se laisser décourager, sans renoncer...
    C'est la tâche de chacun de trouver cette "petite lumière" tout au fond de Soi et de la faire grandir en gardant les yeux sur elle...
    Le problème est collectif mais la réponse est individuelle.

    Si chacun se "consacre" à son étoile particulière, si chacun arrive à retrouver le contact avec l'intérieur, avec le Soi, seule lumière qui reste, pendant ces temps obscurs...alors le ciel peut peut-être redevenir étoilé, la nuit peut s'illuminer et l'espoir d'un nouveau "jour" et d'un nouveau "mythe éclairant" peut renaître.

    De nombreux signes montrent que c'est possible et même que c'est "en cours"...alors, gardons espoir et faisons, chacun à notre mesure et guidés par le Soi, ce qu'il nous est possible de faire...suivant nos qualités et nos aptitudes personnelles.

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    1. Merci Dame Licorne pour ces commentaires qui approfondissent la discussion. D'abord, je suis touché par la citation de la Brihadaranyaka Upanishad: c'est en effet la meilleure "définition" du Soi que je connaisse. Ensuite, je ne peux que souscrire à votre propos. Oui, nous vivons une période d'obscurcissement de la conscience, mais ce n'est pas la première que traverse l'humanité - il est important de ne pas dramatiser ni céder au pessimisme, même si on peut se demander si l'espèce humaine survivra à ce passage. Il y a beaucoup de "petites lumières" qui ressortent, et c'est la vertu de ces périodes: c'est dans la nuit noire qu'on distingue le mieux le scintillement des étoiles. Jung aimait beaucoup parler de ces "scintillae". Enfin, vous soulignez le point que je cherchais à mettre en évidence en relayant la question "quel est ton mythe ?" posée à Jung: « le problème est collectif mais la réponse est individuelle ». Elle nous appartient à chacun(e), et en effet, elle requiert que le héros trouve « le courage infini de "lâcher prise" », « de laisser monter en soi le "jamais vu" ». Et en effet, c'est en cours, indéniablement. Il nous appartient de choisir si nous préférons nous tourner vers le soleil couchant ou le soleil levant...

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  7. Merci Sieur Jean...
    Je voulais juste ajouter...que vous pouvez me tutoyer...
    "Dame Licorne" s'en portera bien...:-)

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    1. Avec plaisir ! Merci pour les traces que tu laisses dans ce blogue, qui s'en trouve grandement enrichi :-)

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  8. Notre epoque vit dans le mythe du capitalisme, du materialisme et Jung vivait dans le mythe de l'Inconscient.
    Quant a un Dieu inconscient je n'y crois pas, les rapports de plusieurs NDE prouve le contraire, Dieu aurait chuter dans la matiere de lui meme parce que quand on est omnscient et omnipotent le luxe supreme c'est de s'oublier, de jouer a perdre ses pouvoirs pour une vie humaine ou plusieurs...

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    1. Merci Nexus. J'aime beaucoup moi aussi cette idée de Dieu S'auto-limitant, s'offrant en effet le luxe suprême de l'inconscience de Lui-même dans la matière. on la retrouve dans l'idée du tsimtsoum de la Kabbale qui veut que Dieu se soit retiré pour permettre au monde d'exister. Mais voilà donc l'inconscience divine dont il est question : dans la matière, Il est inconscient de Lui-même et prend doucement conscience de Son être au travers de l'expérience humaine. Il S'est oublié depuis le commencement des temps, et il joue à se réveiller à travers nous, dans nos vies. Mythe éternel...

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    8. Nexus, je réponds à votre question sur le rêve avec un vaisseau spatial noir et or. J'en pense que ce sont en effet les couleurs qui symbolisent le mieux le rapport entre le yin obscur et le yang lumineux. La "guerre des étoiles" me parait pouvoir symboliser le fait que nous, humains, sommes le jouet de la guerre que se livrent les archétypes, ou comme le disaient les anciens, les dieux. Et en effet, le vaisseau spatial évoque la dimension transpersonnelle, au-delà de la terre. Le ciel, l'espace... sont symboliques de l'immensité, ou mieux encore de l'illimité, qui sont en effet notre véritable demeure, la maison à laquelle nous retournerons tou(te)s.

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    11. Une derniere chose en ce qui concerne le complexe de superiorité , je le vois chez tout le monde mais bq le cache par strategie ou inconsciemment, les gens de foi par exemple ne sont pas tous des saints, les businessman ne jurent que par l'argent, bref tout le monde crois savoir un peu plus que l'autre et porte ses valeurs le plus haut possible et c'est parfaitement naturel et voulu par la nature.
      Un jesus et un bouddha pour moi sont quand meme des gens certes illumines mais aussi tres egoistes qui voulaient reformer le systeme a leur image, a l'image de leur connaissance certes plus etendue que le commun des mortels mais encore limités, le bouddha a dit qu'il etait le tres Venerable et qu'il avait atteint l'eveil parfait...et les sannyasins ont vu ca d'un sale oeil, certains ont meme tenter de l'empoisonner. Si Jesus revenait et nous tenait le meme speech dans les rue de Paris on dirait de lui qu'il est fou et on hesiterait pas a dire qu'il est victime d'un complexe de superiorité metaphysique a vouloir nous expliquer le monde...la encore j'admet que Nietzsche a mis le doigt sur les ombres des prophetes meme si je crois aussi tres fort au monde des idees de Platon...
      Tout ca pour dire et pour ma defense que je n'ai pas la pretention de sauver le monde ou de creer une nouvelle religion ou d'enseigner quoique ce soit de maniere formelle , je n'aspire pas a creer des hommes a mon image qui suivent des regles ou des techniques, je n'insiste pas sur l'Amour ou la Non dualité comme la plupart des maitres spirituels car pour moi tout est vrai et faux et donc je suis finalement moins egoiste qu'eux pour ne rien imposer et defendre a y reflechir.... J'aspire plus a vivre comme un Hercalite loin des hommes parce que d'une part ca n'iinteresse pratiquement personne ce que l'on croit et sait et que d'autre part j'ai moi meme bq a decouvrir...

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    12. en ce qui concerne la vision de la kabale de la creation du monde il ne sert pas a grand chose de croire mais il faut surtout le realiser si telle est la verité, je cherche moi meme un moyen de devenir omniscient ert c'est principalement ce que m'a conduit a l'etude des reves, je ne trouvais aucune reponse dans le materialisme mais seulement la desolation.

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