vendredi 10 avril 2020

Rêver le futur

Moïse - Marc Chagall

Peu après le début du confinement, une initiative à été lancée dans le groupe Facebook « A l’écoute des rêves », invitant à rêver le futur. La proposition était, sous la forme d’un jeu s’étalant sur une semaine, de « nous mettre à l’écoute d’autre chose que la peur » et de « nous brancher une fois par jour sur "la source la plus haute disponible pour chacun" avec cette demande : recevoir des impressions (images, sensations, sons, idées) du futur. » Il pouvait « s’agir de rêves nocturnes, de rêves éveillés, de sessions d’imagination active, de méditation, la seule consigne étant de partir à la pêche avec l’intention de rapporter des poissons frais à partager avec ce groupe. »

Nous avons eu ainsi une escadrille d’un bon nombre de rêveuses qui sont parties en formation explorer ce que l’inconscient collectif voudrait bien nous dire de l’avenir qui se dessine. Nous avons reçu ainsi une profusion de rêves remarquables qui sont disponibles aux regards dans le groupe. Je n’ai pas moi-même participé directement car je suis tout à fait nul quand il s’agit de diriger mes rêves. A ce genre de questions, que j’ai souvent posées, la source des rêves me répond gentiment que demain, il me faudra payer mon loyer. Ma fonction à l‘égard de ces rêves est autre : je m’en fais volontiers l’herméneute, c’est-à-dire que ce qui m’intéresse au premier chef est de les interpréter, et d’en rendre ainsi le message accessible. Je m’occupe pour ma part de faire cuire le poisson...

J’ai relevé, parmi tout ce beau matériel, une série de huit rêves qui a particulièrement attiré mon attention et que je vous présente ici avec la permission de la rêveuse. Il y a dans ces rêves des éléments archétypaux remarquables qui proposent une direction que l’on peut qualifier d’alchimique car on verra que le dernier mot revient d’une certaine façon à la production de l’or spirituel. Nous y retrouvons le thème ancestral de l’exode, c’est-à-dire de la sortie de l’esclavage et de la marche d’un peuple aimé de Dieu vers une terre promise. Nous pouvons y trouver des indications précieuses quant à la façon de diriger nos pas dans cette période troublée.

Cette initiative s’inscrit dans l’invitation plus large que j’ai lancée au travers d’un article (un rêve pour la terre de demain) à cultiver des rêves pour la terre de demain, ce que nous faisons parfois en loges de rêves et qui pourrait prendre bientôt la forme de cercles spécifiques. Il s’agit, comme l’a souligné la rêveuse qui a lancé l’initiative dans le groupe d’aller « chercher des infos et de planter, avec nos rêves, des graines pour le futur ». Cette démarche a deux aspects :

Le premier de ces aspects consiste, comme nous y invite Pablo Servigne dans « une autre fin du monde est possible », à investir le terrain de l’imaginaire avec des images positives du futur. Il s’agit de prendre soin de la dimension spirituelle de la transition que nous vivons. A ce point-ci, nous n’avons la plupart du temps que des images négatives de l’avenir, comme si un voile noir couvrait nos yeux. Il y a un risque certain que ce voile noir couvre aussi nos cœurs et qu’ils s’atrophient dans l’anxiété et pire encore, la haine à la recherche de coupables. Il ne faut pas être grand clerc pour savoir que le plus important dans une période de transformation pendant laquelle l’Ombre s’étend est de garder une lumière allumée en dedans car il n’y a que la foi, au sens de la confiance, qui puisse éclairer nos pas. Or nous pouvons être certain.e.s que la crise systémique que nous vivons prendra fin un jour, fut-ce dans longtemps, et que la vie continuera d’une façon ou d’une autre. Sans que je l’ai demandé, j’ai reçu un jour un rêve remarquable (la jeunesse du monde) qui m’a pour ma part profondément rassuré : le monde est jeune, et l’horizon est ouvert…


Il ne s’agit pas ainsi simplement de nous rassurer en cultivant une vision positive de l’avenir agrémentée d’images venant du pays des Bisounours, ou de pratiquer une forme d’auto-suggestion anesthésiante devant les gouffres grand ouverts devant nous. Dans la merveilleuse impossibilité de savoir à quoi nous en tenir qui caractérise le futur et qui nous offre toujours, à titre personnel et collectif, une opportunité spirituelle, nous avons l’occasion de contempler ce qu’il y a au fond de notre cœur : y a-t-il là de la foi et de l’amour, ou de la peur et une envie d’attiser la discorde, de répandre un fil de colère et de défiance ? Nous avons chacun.e à prendre la responsabilité des rêves que nous plantons dans le monde en sachant que, d’une façon ou d’une autre, c’est ce que nous manifesterons dans ce monde, par notre intention fondamentale et dans nos comportements, nos paroles et nos pensées. Il s’agit donc d’assumer notre participation d’êtres créateurs au Grand Rêve du monde, et de construire un avenir à partir de cette responsabilité assumée et partagée.

L’autre aspect de cette démarche, c’est que nous rejoignons par là les peuples du rêves, par exemple les aborigènes australiens ou les Haudenosaunee, le « peuple des maisons longues » mieux connus sous le nom d’Iroquois, qui peuplaient mon cher Québec. Ces derniers n’entreprenaient pas une expédition de chasse ou de guerre sans interroger leurs rêveurs, en fait souvent des rêveuses d’ailleurs. Robert Moss raconte dans « les Iroquois et le rêve chamanique » comment il a eu la surprise de rencontrer dans ses rêves une rêveuse Mohawk venant de l’époque où ces peuples commençaient tout juste à entendre parler de brutes à la peau blanche qui se rapprochaient pour interroger le futur. De tous temps, dans toutes les cultures sauf la notre qui se fie plutôt aux ordinateurs – ce qui, foi d’ancien informaticien, est vraiment une mauvaise idée car l’ordinateur reflète les limites de l’esprit de son programmeur –, il y a eu différentes façons d’interroger l’inconscient collectif, qui est la matrice de notre avenir en tant qu’humanité. Nous avons connaissance de nombreuses prophéties qui pourraient concerner notre époque. Mais il n’y a que les prêtres et les pharisiens qui, visant à s’arroger le monopole de la parole divine, peuvent prétendre que Dieu se serait arrêté de parler un jour. Or s’il est fort intéressant d’entendre ce qu’il a pu dire hier, qui était ce qu’hier nos ancêtres avaient besoin de savoir d’un avenir qu’ils envisageaient comme lointain, il est encore plus pertinent d’écouter ce qu’il pourrait avoir à nous dire aujourd’hui du présent et de demain, si proche…

Dans les loges de rêves où j’ai proposé d’aller chercher une image pour la terre de demain, j’ai observé que le plus grand bénéfice de l’exercice était de renforcer les liens dans la communauté éphémère du cercle. Plusieurs personnes m’ont confié ensuite que cela faisait longtemps qu’elles n’avaient pas entendu d’images positives de l’avenir et que cela les avait relié aux autres, à la communauté de tou.te.s celles et ceux qui sont embarqué.e.s dans cette grande traversée, cette aventure collective. Et c’est ce que soulignait mon grand rêve à propos du futur, que j’ai évoqué plus haut : pour survivre au tsunami dans lequel l’Inconscient collectif se soulève et nous emmène ailleurs, il faut rester en lien les uns avec les autres. Dans la série de rêves que nous allons étudier, il est souligné que nous devons nous regrouper par familles d’affinités spirituelles qui iront chacune leur chemin. Dès lors, nos cercles s’entrecroisant forment une chaîne d’or qui est aussi forte que son maillon le plus faible, mais quand, dans le registre du féminin de l'être, la vulnérabilité et la sensibilité sont une force…, nous sommes forts ensemble.


Il importe enfin de souligner que cette démarche ne peut avoir comme cadre que celui d’un jeu, cadre qui invite à ne pas se prendre au sérieux et à renouer avec la fraîcheur de l’esprit des enfants, ouvert au nouveau, désencombré. Il faut faire très attention, dans la profusion des messages qui parcourent ces jours-ci l’Internet, à la tonalité de ces messages et en particulier au ton définitif avec lequel certains nous assènent leurs certitudes. Nous avons ainsi des médecins improvisés qui savent mieux que quiconque ce qu’il faudrait prescrire aux malades du COVID-19, des lanceurs d’alerte auto-proclamés qui sont dans les secrets des dieux qui nous concoctent un avenir terrifiant, et tellement de canaux ouverts avec les anges ou autres qu’on s’y perd. Avec la canalisation, il est bon de se rappeler ce qu’en dit Tom Kenyon, psychologue transpersonnel spécialisé dans ce sujet : c’est comme la pêche dans des trous d’eau. Il arrive qu’on ramène du poisson mais on y trouve plus souvent de vieilles chaussures et des boites de conserve. Il y a ainsi bien généralement quelqu’un au bout du fil mais il est difficile de savoir qui parle vraiment. Le seul indice encore une fois pour savoir quelle est la véritable source de ces messages est d’observer ce qu’ils suscitent : alimentent-ils la confiance, l’amour, la paix et la gentillesse, ou au contraire la peur, la défiance, la vindicte ? Il convient donc plus que jamais de se méfier des égos qui s’égosillent par temps de crise pour attirer l’attention. On les reconnaît facilement au fait qu’ils demandent à être pris au sérieux, ce qui montre bien qu’ils se prennent eux-même terriblement au sérieux, et qu’ils énoncent des certitudes. Pour ma part, je préfère avec Jung à toutes les certitudes « l’eau précieuse du doute ». Je crois intimement que, si nous voulons être capables d’entendre la petite voix discrète qui murmure dans le vent et au creux de nos rêves, il nous faut « redevenir comme de petits enfants », qui jouent et se laissent traverser par les images, le souffle de ce qui veut prendre voix.

Tout ceci étant dit pour bien poser le cadre dans lequel je propose d’écouter ces rêves, voici donc cette série remarquable que je vous présente avec quelques commentaires qui sont le fruit de ma méditation avec ces rêves. Bien sûr, les interprétations ici proposées n’engagent que moi et ne prétendent à aucune certitude définitives. Les résonances et amplifications que je propose ici n’ont d’autre but que de vous permettre d’envisager l’ampleur inimaginable de ce qu’évoquent ces rêves, vous inviter à vous y ouvrir et à la laisser vous toucher. Ce sont ces images vivantes, et non mes mots, qu’il faut écouter, laisser résonner en vous-même pour qu’elles alimentent vos propres rêves d’avenir. J’en offre une interprétation dont vous ferez bien ce que vous voulez, mais c’est à chacun.e, une fois le poisson servi dans les assiettes, d’en tirer les conclusions qu’il ou elle voudra.

Buisson ardent (détail) - Marc Chagall
1. 19 mars

Je suis sur la terrasse de la datcha. Devant moi, dans le jardin, se dressent une dizaine d'archanges / soldats. Ils ont de grandes ailes repliées et portent des boucliers et des sabres. Ils disent qu'ils viennent de l'aïon (ou eïon).

Derrière eux, il y a un paysage assez semblable à un fond de tableau de la Renaissance italienne traité en sfumato. Dans le ciel, un nuage mauve de forme ovoïde me fait penser à un vaisseau spatial mais complètement lisse, comme si ces êtres étaient descendus d'un ailleurs (et sans doute, si j'écoute aïon, de l'éternité ou d'un éternel présent).

C’est le premier rêve proposé après que l’initiative « rêver le futur » ait été lancée. La réponse de l’Inconscient est claire et limpide. L’armée des Anges est mobilisée et ils nous disent : « nous sommes là, parmi vous, avec vous ». C’est une guerre sainte qui s’engage, sans qu’il n’y ait d’ennemi désigné. Cela résonne avec le vocabulaire guerrier qu’on entend dans les médias, qui déclare la guerre au virus, veut aller toujours plus loin dans la guerre à la nature. Mais on peut penser là à l’inverse au djihad que chaque soufi doit engager contre son nafs, son égo, et élargir cette image à l’humanité entière : soit nous triomphons de notre avidité, soit nous périrons.

Rappelons que les Anges sont les messagers (du grec ancien ἄγγελος, ángelos : messager), et les Archanges sont leurs supérieurs, les Archéo-Angelos; ils sont l’incarnation des Archétypes, une expression directe de l’Arché, le Principe. Et voilà qu’ils nous disent venir de l’Aïon, c’est-à-dire de l’éternité. Mais « Aïon », titre d’un livre remarquable de Jung sur l’expression du Soi pendant l’Ère des Poissons, est un mot grec (Αἰών) qui peut se comprendre aussi comme l’Âge, ou encore la destinée. On peut penser donc que nos archanges sont des messagers du futur, de l’Ere du Verseau qui prend voix, et de la destinée collective qui prend forme sous nos yeux.

La bonne nouvelle qu’ils nous amènent est : nous ne sommes pas seul.e.s.

La toile de fond de cette apparition est la Renaissance, traitée en sfumato, c’est-à-dire apparaissant avec des contours incertains. Il est donc question d’une nouvelle Renaissance, que nous ne pouvons encore envisager clairement. Dans le ciel, la patrie d’origine des archanges, on peut voir leur véhicule spirituel, un nuage mauve (couleur de la spiritualité) ovoïde (évoquant un œuf). Le Soi se manifeste souvent dans les rêves contemporains sous la forme d’extraterrestres, de vaisseaux spatiaux, etc. Jung a documenté ce fait dans « un mythe moderne : signe du ciel ». Mais je suis frappé pour ma part par les derniers mots du rêve : ces êtres sont « descendus d’un ailleurs ». On peut y entendre, et cela aura beaucoup de sens dans la suite de la série, qu’ailleurs s’est fait tout proche dans notre temps troublé, tout comme demain... et l’Invisible, présent à nos côtés.

Moïse recevant les Tables de la Loi - Marc Chagall
2. 20 mars

La scène se passe dans la salle à manger de la maison de campagne dans laquelle je vivais avec ma famille dans les année '70. Autour de la table, sur les bancs de bois, sont assis les agents immobiliers du quartier Faidherbe à Paris (mon quartier). Je suis debout sur le côté et je les regarde. Un personnage vient face à eux et leur dit qu'il va falloir partir sur les traces des Anciens. A ce moment j'ai la vision d'une empreinte de pied nu géant imprimé dans l'argile et datant peut-être du néolithique. Je m'interroge sur ce personnage et je le regarde. C'est Moïse, tel qu'il a été représenté par Marc Chagall, avec ses cornes sur la tête et sa tunique jaune. Il est très grand. Il dit : " levez-vous et venez". Les agents immobiliers se lèvent et le suivent, même ceux qui ont un peu de mal à marcher ou qui ont mal au dos. Et puis je vois comme un insert/image : EXODE écrit sur le sable. Ensuite Moïse sur la plage face à la Mer Rouge qui s'ouvre pour nous laisser passer.

La scène nous renvoie aux années ‘70. C’est un détail d’autant moins anodin que nous le retrouverons dans le dernier rêve de la série. On peut penser que le rêve nous ramène ainsi, pour donner un contexte à ce que nous vivons, à cette époque où il était encore permis de rêver collectivement à un autre monde, avec en particulier le Flower Power des hippies, et où ont été planté les rêves de la nouvelle Renaissance que nous nous apprêtons à vivre. Les agents immobiliers ont pour fonction d’aider à trouver une nouvelle demeure, une nouvelle maison, ce qui symbolise aussi une nouvelle structure psychique, une nouvelle façon de voir. Je les entends aussi comme les « agents immobilisés » que mettront en mouvement l’injonction « levez-vous et venez », qui n’est pas sans rappeler le « lève-toi et marche » du Christ à la suite duquel le paralytique a pris son grabat et s’est ébranlé. Ces agents sont liés au quartier Faidherbe, où l’on peut entendre qu’ils sont « faits d’herbe » : ils nous représentent bien, nous mortels guère plus importants que l’herbe que cependant nous foulons aux pieds, nous méprisons sans la voir.

Et voilà donc que se présente un personnage extraordinaire qui évoque le Moïse peint par Marc Chagall, dont plusieurs tableaux illustrent cet article. Je ne commenterai que les détails évoqués par le rêve : le jaune de sa tunique évoque la créativité et la phase citrinitas de l’œuvre alchimique, c’est-à-dire la production de l’or, du soleil vivant. Quant aux cornes du personnage, on peut y voir des antennes, le symbole de la connexion avec le Ciel. Moïse est le guide archétypique du peuple qui a la certitude d’être aimé de Dieu, de ceux qui ont foi, qu’il tire de l’esclavage pour les emmener à la Terre Promise. Dès le second rêve de la série, la direction est donnée : il s’agit d’aller maintenant vers une Nouvelle Terre. Et tous se mettent en route, même ceux qui ont du mal à marcher : c’est ensemble que nous marcherons vers demain, sans laisser personne derrière nous...

L’injonction est claire : il va donc falloir partir sur les traces des Anciens, mettre nos pas dans les empreintes des géants qui nous ont précédé. Le mythe des géants évoque une autre humanité, d’un autre soleil et ayant frayée avec les Anges, tombés amoureux des filles des hommes et qui lui ont enseigné les sciences secrètes, dont l’alchimie et l’art d’écouter les rêves. Heureusement, ces traces sont encore visibles dans l’argile, c’est-à-dire dans la terre vivante et elles nous reconduisent aux origines de notre humanité, au néolithique, c’est-à-dire à notre source, à l’époque où se sont formés la plupart de nos mythes, et nombre des structures symboliques que l’on peut retrouver dans les contes, dans les rituels archaïques, chez les peuples premiers. C’est le temps béni d’avant la modernité, c’est-à-dire notre séparation d’avec la nature : nous étions tous des primitifs, avant d’être chassés du Paradis. Nous devons retrouver le chemin de nos ancêtres. Ils sont géants aussi en compensation de notre hubris (démesure) moderne. Celle-ci, dans notre inflation collective nous fait croire que nous sommes grands et que nous avons tout compris. Mais nos ancêtres, et ceux des « gardiens de la terre » qui demeurent encore parmi nous, nous renvoient à notre petitesse spirituelle par la simple évocation de leur présence, ambassadrice de la vastitude de la Nature que nous avons cru pouvoir dominer, un autre nom du Divin. Nous sommes invités à un exercice d’humilité.

Et voilà donc que nous – car finalement la rêveuse a donc rejoint la cohorte des agents en mouvement – nous retrouvons devant la Mer Rouge ouverte. C’est le temps de l’Exode, c’est-à-dire qu’il faut quitter l’ancienne terre et s’engager dans le passage ouvert, prodigieux. Pharaon arrive à la tête de ses armées, bien décidé à rattraper ses esclaves et à les soumettre. C’est l’heure du choix : l’Inconscient collectif s’ouvre et dessine un chemin improbable sinon impossible. La question se pose à chacun.e de nous : t’engageras-tu dans l’aventure de la quête d’une nouvelle terre ou resteras-tu prisonnier.e de la peur et de l’ancien monde en train de s’effondrer ?

3. 21 mars

Me levant au milieu de la nuit sans allumer de lampe, j'aperçois dans un demi-sommeil, sur la colline de Rennes-le-Château, un taureau blanc gigantesque et une voix me murmure: « Il va falloir sacrifier ce taureau à Poséïdon ! »

L’Inconscient n’est pas hébraïque ou de quelque obédience culturelle, ethnique ou religieuse que ce soit. Après nous avoir parlé de Moïse, de l’Exode et de la Terre Promise que nous trouverons en traversant le désert au-delà de la Mer Rouge, il nous ramène à un mystère contemporain et à un ancien mythe grec. Rennes-le-Château évoque la présence de Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres, dans l’arrière-plan de notre Renaissance spirituelle. Je ne m’étendrai pas ici sur l’importance de cette figure féminine, la compagne de l’Enseigneur qui vient renouveler notre mythe chrétien en soulignant que Ieshua était un être sexué, car je l’ai déjà fait dans un autre article (Celle qui vient). Disons simplement qu’elle symbolise le retour du Féminin sacré qui a été bafoué, à commencer par l’apôtre Pierre qui voulait que Marie sorte du cercle des intimes de Ieshua car il lui était intolérable de penser que les femmes pourraient entendre la Parole divine mieux que lui peut-être. Or ce sont bien souvent les femmes, aujourd’hui, et plus largement la Féminité spirituelle qui se manifeste aussi chez des hommes, qui est porteuse de l’avenir que nous pouvons envisager comme une nouvelle Renaissance. Rennes-le-Château, c’est aussi le cœur du pays cathare, qui se souvient des bons hommes et des bonnes femmes qui ont vécu là avant d’être massacrés par l’Église du-dit Pierre – un des premiers génocides systématiques, perpétré par la matrice de tous les totalitarismes subséquents. On peut y entendre une évocation discrète de l’Ecclesia Spiritualis, l’Église Spirituelle ou « Église de Jean » qui a perpétué la gnose, dans laquelle se rejoignaient les Cathares, les alchimistes, les Enfants du Libre Esprit, etc.

Sur ce haut lieu, sorte de centre sacré de la spiritualité occidentale contemporaine et précisément, de la nouvelle Renaissance, apparaît une fantastique image archétypique : un gigantesque taureau blanc, qu’il faudra donc sacrifier à Poséidon, le dieu des profondeurs marines. Le taureau est un des animaux consacrés à la Déesse, symbole de mâle puissance au service de la Grande Féminité symbolisée par le croissant de lune que forment ses cornes. Notre Moïse cornu du rêve précédent a une parenté avec ce taureau. La blancheur du taureau évoque le lait spirituel dont nous abreuve la Grande Mère au travers de ces rêves, la pureté essentielle ou encore la virginité d’Artémis, amie des humains sauvages. Mais surtout, avec l’évocation du grand dieu des profondeurs, qu’il s’agit de se concilier au moment de traverser la Mer Rouge, nous sommes renvoyés au mythe du roi Minos, un très ancien mythe grec. Un mythe qui parle d’une certaine façon de la naissance de notre modernité et rappelle le souvenir d’une très ancienne faute, qu’il ne faut pas ré-éditer.


Minos était le roi de la Crète, dernier bastion de la civilisation de la Grande Déesse qui résistait à l’invasion des Doriens, les ancêtres des Grecs. Les taureaux étaient en Crète des animaux sacrés, consacrés à la Déesse. Les jeunes nobles, garçons et filles, mettaient en péril leurs vies en sautant par-dessus les taureaux sacrés lors de joutes rituelles qui sont les ancêtres de nos corridas. Minos était un roi puissant qui, pour montrer à son peuple qu’il avait la faveur des dieux, a demandé à Poséidon de manifester un prodige et en effet, des flots de la mer est sorti un magnifique taureau blanc que Minos a promis de sacrifier au dieu. Mais le roi a voulu s’accaparer le taureau et il a cru pouvoir tromper le dieu en sacrifiant une des bêtes de son troupeau. La vengeance de Poséidon a été terrible. Il a induit une passion folle chez la reine Pasiphaé pour le taureau fantastique. Elle a demandé à Dédale de fabriquer une vache en bois dans laquelle elle s’est glissée pour être fécondée par le taureau. C’est ainsi qu’elle a enfanté le Minotaure, monstre mi-humain, mi-taureau, qui se nourrissait de chair humaine et qui a été enfermé dans un labyrinthe construit par Dédale. Par la suite, Thésée tuera ce monstre avec l’aide d’Ariane, une des filles du roi...

Cette histoire nous renvoie à l’attitude faussée qui est au cœur même de notre modernité : nous nous accaparons les cadeaux de la nature sans rendre au dieu ce qui lui revient. Cela vaut aussi pour les rêves et les visions que nous pouvons avoir, et qui ne doivent pas servir à alimenter notre orgueil. Car trahir les profondeurs engendre un monstre et ne conduit qu’à la désolation. L’ingéniosité technique qui caractérise notre modernité est symbolisée par Dédale, qui ayant été enfermé dans le labyrinthe à son tour s’en échappera avec des ailes de sa fabrication. Mais son fils Icare volera trop près du soleil et y perdra la vie, comme pourrait le faire notre civilisation techno-industrielle. Pour honorer le dieu qui garantira le passage de la Mer Rouge, il faut sacrifier la puissance du taureau, c’est-à-dire toute volonté de puissance sur les événements, tout désir de forcer les choses...

Moïse et le Buisson ardent - Marc Chagall
4. 22 mars

Debout sur la rive de la Mer Rouge (elle est rouge, c'est une mer de feu) Moïse est devenu gigantesque. Un croissant de lune est fixé entre ses deux cornes. Il/Elle car c'est devenu un être androgyne, lève le bras droit et fait un geste de bénédiction avec deux doigts pour tenir les rives de feu écartées. J'observe de haut les gens par hordes qui avancent à la queue leu leu leu, vêtus de peaux de loups. Il y a plusieurs hordes formées chaque fois d'une quarantaine de personnes reliées spirituellement. Puis je marche moi-même dans une horde composée de mes amis et amies conteurs et conteuses, de mes proches et de leurs proches. Je les identifie très bien mais ne les nommerai pas ici. Il y a des enfants et des petits portés dans les bras. Nous sommes tous extrêmement concentrés parce que si un seul dans nos hordes lâche sa concentration ou tombe dans la peur, le feu nous engloutira tous. Nous savons que nous allons devoir marcher pendant quarante jours. Arrive un moment où nous sommes attaqués par des drones mais alors une sorte de coupole en plexiglas vient nous protéger.

Nous passons du blanc du taureau au rouge de la mer de feu, magnifique conjonction d’opposés qui témoignent de la présence du numen transformateur ; ce sont des images typiquement alchimiques, évoquant l’œuvre au blanc et l’œuvre au rouge. La mer symbolise généralement l’Inconscient collectif. En feu, il est en transformation radicale. Moïse est le Grand Homme, une image de l’Anthropos – celui-là même qui était évoqué dans l’expression qui a caractérisé Ieshua comme étant « le Fils de l’Homme » - un Homme devenu pleinement humain, en regard duquel nous sommes simplement en voie d’humanisation. C’est une image cosmique, désormais gigantesque, dans toute son ampleur archétypale. Le croissant de lune entre ses cornes établit une connexion directe entre le taureau du rêve précédent et Moïse : il est béni par la Déesse. C’est devenu un être androgyne, qui unit en Lui/Elle le masculin et le féminin – on peut reconnaître là celui que les alchimistes appelaient le filius philosophorum, incarnation de l’Œuvre. Par le seul pouvoir spirituel de sa bénédiction, il garde le chemin ouvert. Et voilà donc que le nouveau peuple que guide ce Moïse archétypal vers une Nouvelle Terre avance…

C’est le Passage, ce qui n’est pas peu dire en écrivant cet article le vendredi saint de la Pâques chrétienne, qui évoque aussi la Pessa’h juive, c’est-à-dire l’Exode du peuple hébreux, la libération des esclaves par Moïse. Il est frappant que nous soyons dès lors vêtus de peaux de loups, c’est-à-dire que notre persona est désormais sauvage, liée à la nature. Les loups sont parmi les animaux les plus persévérants et fidèles à la horde. Nous sommes d’ailleurs revenus au mode d’organisation des chasseurs-cueilleurs, en hordes qui se regroupent par affinités spirituelles, formant ainsi un clan. En réalité, sous couvert de civilisation, nous ne faisons pas beaucoup mieux avec nos équipes de foot et nos drapeaux nationaux. Au moins, dans les hordes de loups comme celles d’humains naturels ne laisse-t-on jamais aucun individu en arrière, car la perte de l’un est la perte de tous. L’enjeu est clair : si l’un.e d’entre nous cède à la peur, perd sa relation au centre (con-centration), nous tomberons tou.te.s dans le feu. Le rêve insiste sur le nombre 40, qui renvoie en particulier à l’hexagramme 40 du Yi Jing : la Libération. Ce nombre évoque aussi les 40 jours que Ieshua a passé dans le désert, ou encore les 40 jours que Hafiz a passé dans un cercle avant que l’Ange Gabriel ne lui accorde la vision libératrice. Il résonne aussi bien sûr avec notre quarantaine forcée pour cause de pandémie, et la met en perspective : c’est un chemin de libération. A condition de ne pas céder à la peur et perdre la relation au Centre. Même quand les drones attaquent. Nous sommes protégés…

Je dis « nous » parce qu’évidemment, je me sens partie prenante de l’aventure et je vous y invite aussi. Mais quel est ce peuple qui s’est mis ainsi en marche et traverse la mer de feu ? Et bien il ne fait aucun doute pour moi que c’est ce Peuple Arc-en-Ciel dont parlent les anciennes prophéties amérindiennes, en particulier hopi mais non seulement. Il rassemble des gens de toutes les couleurs de l’humanité, venant de toutes les cultures, toutes les religions, conscients de l’unité sous-jacente à la diversité, en lien avec Gaïa, notre Terre-mère. L’émergence de ce peuple qui peuplera une « nouvelle Terre », c’est-à-dire établira un rapport nouveau à la nature, pourrait être le grand mythe qui sous-tend notre époque, auquel j’ai consacré un article : le Peuple Arc-en-Ciel.

5. 23 mars

Les hordes se sont séparées par cohortes d'environ 40 personnes après un concile autour d'un grand feu et promesse de rester en contact par télépathie par l'intermédiaire de ceux qui entendent.

Notre horde de conteuses et conteurs du clan du loup est arrivée dans un verger. Des arbres nains chargés de petits fruits abondants, violets, entre la prune et la myrtille. Nous en mangeons. Continuant à avancer nous constatons que les arbres sont à présent secs, sans feuilles ni fruits et nous sommes envahis par des milliers de petits papillons ravageurs, comme s'il en neigeait.

Nous avons soif et pas d'eau. Nous demandons à celui parmi nous qui voit par le nez de chercher l'eau. C'est un aveugle, un vieil homme vénérable. Il marche à l'avant entouré par deux gaillards. Il nous guide vers des rochers. Nous sommes pieds nus. Il désigne un endroit sur un rocher. Un des gaillards donne un coup de poing à cet endroit et l'eau jaillit en un flot qui se déverse. Une source. Une jeune femme s'approche, mouille le visage de son bébé et le fait boire.

Les choses ne seront pas simples pour autant, nous dit le rêve. Chaque cohorte va devoir trouver son propre chemin. Nous resterons en contact par l’Invisible. Nous trouverons à manger, des ressources, mais nous traverserons des temps de disette avec les catastrophes qui stérilisent la nature. Les papillons ravageurs m’évoquent l’exemple de la pyrale du buis qui a détruit des forêts entière de buis ; un désastre écologique allant avec la mondialisation puisque la pyrale vient de Chine et n’a aucun prédateur chez nous. Comme certain virus, il faut attendre que la pyrale ait accompli son cycle, mais le buis est difficile à confiner. Les dernières images du rêve sont remarquables de précision : pour trouver les ressources dont nous aurons besoin, il faudra se retourner vers l’instinct de ceux qui voient « par le nez », qui « sentent » les choses. Un aveugle est une personne dont la vision est désormais toute intérieure, et son âge vénérable renvoie à la sagesse des ancêtres. Le Vieil Homme guide vers la source et l’eau jaillit après que le masculin lui ait frayé un chemin. Le mâle coup de poing évoque le « frappez, et on vous ouvrira ». Enfin, le féminin peut prendre soin de la nouvelle vie.

Rouleau magique éthiopien
6. 24 mars

Nous portons des masques sur le haut du visage, comme des loups mais en carton brun léger et de forme rectangulaire sans fioriture de découpe. Ils sont attachés derrière la tête avec des rubans noirs. J'enlève le mien. A l'intérieur il y a un texte dense, écrit à la main, en petit, un texte de protection poétique. Je devine que chacun/chacune porte un texte personnel différent. (en écrivant ceci je ne peux m'empêcher d'évoquer les rouleaux de protection éthiopiens qui m'ont toujours tellement fascinée).

A mesure que nous avançons dans la série de rêves, les images réclament moins de commentaires. Elles parlent d’elles-mêmes. Je suis porté à penser qu’en fait, ce rêve fournit la clé de la série dans sa simplicité qu’évoquent ces loups sans fioriture. C’est le viatique nous nous avons besoin pour traverser les vicissitudes de la transition. Chacun.e de nous, à l’envers du masque social que nous portons, et donc à l’intérieur, a son propre texte dont il ou elle doit se faire l’herméneute, l’interprète. C’est un texte « danse », nous dit la langue des oiseaux, en langage poétique, c’est-à-dire tissé d’images, de poésis (création), qui est aussi le langage de l’âme. Pour moi, ces textes sont les rêves et les images intérieures qui nous offrent protection et guidance, et ils nous renvoient à notre individuation.

rouleau magique éthiopien
7. 25 mars

Notre horde de conteuses et conteurs loups se trouve devant une sorte d'arche formée par de grands arbres à l'entrée d'une forêt. La lumière est très particulière, scintillante et bleutée. De toute évidence c'est une porte énergétique vers un monde enviable. Nous passons. Mais au lieu d'entrer dans cette forêt, nous devons entrer dans un entrer dans un gros tube noir côtelé, semblable à un énorme tuyau d'aspirateur. Nous sommes devenus tout petits. Nous courons en bande vers l'issue que nous apercevons. Elle est ronde et bleutée, en volume, comme une terre - la Terre? Nous n'avons aucun sentiment de peur.

Plus tard, une rencontre avec un avatar du dieu Shiva, très coloré comme le sont les statues dans les temples en Inde. Il agite ses quatre bras en souriant pour nous féliciter.

Il y a un seuil à franchir pour aller vers un autre monde, une Nouvelle Terre, mais au-delà de ce seuil, il y aura un tunnel noir, comme un tuyau d’aspirateur. Ce qu’il y a de beau avec un aspirateur, c’est qu’il n’y a rien à faire ; on se laisse aspirer, tirer par le Souffle. Il pourrait y avoir une invitation à se faite tout petits jusqu’à ce que nous parvenions à l’issue. Encore une fois, l’inconscient n’a pas de préférence spirituelle : Shiva, le dieu de la libération, nous souhaite la bienvenue en souriant avec ses quatre bras qui dénotent la totalité des mouvements. C’est de bon augure (rire). Il faut se souvenir cependant que Shiva est le Destructeur, c’est-à-dire qu’il a un côté impitoyable et que l’ancien est sans doute irrémédiablement détruit...

8. 26 mars

Je suis sur la route devant la maison de Rofessart (campagne dans le Brabant wallon où je vivais dans les années '70). Devant moi le pré de la voisine, Marie-Jeanne. J'en vois surgir trois paires de sections d'anneaux immenses qui me semblent être des os, des côtes de baleine. Puis cette prairie devient la mer et un bateau remonte des profondeurs. C'est un bateau à voiles, un trois-mâts. Il y a des gens sur le pont qui jettent vers nous, vers la terre, la route étant comme une digue, des pièces rondes et jaunes, pour nous secourir. C'est de l'or ou de la vitamine C.

Mais alors, où allons-nous ? Où cette transhumance nous conduira-t-elle ?

L’inconscient aime bien entretenir le suspense. Nous retrouvons dans ce rêve la connexion aux années ‘70 que j’évoquais dans le commentaire du premier rêve. Une boucle est bouclée. Les décennies ‘60 et ‘70 ont vu fleurir une pensée qui est d’une certaine façon le triomphe de la liberté spirituelle que revendiquaient les gnostiques des premiers siècles après l’an zéro. Je vous invite à lire Pacôme Thiellement là-dessus, dans « la victoire des sans-Roi », sous-titré « révolution gnostique ». Les côtes de baleine évoquent la présence ancestrale de la mer,qui était là bien avant la terre. La baleine est l’animal des profondeurs par excellence, capable des plongées les plus abyssales et cependant proche de nous. Des auteurs de science-fiction ont non sans raisons imaginé que les extra-terrestres volant au secours de l’espèce intelligente de notre planète s’occuperait des baleines et non des humains.

Et voilà donc que ces os n’étaient que le signe d’une remontée des profondeurs qui transforme le pré de Marie-Jeanne en mer dont jaillit un bateau, un trois-mâts. L’Inconscient collectif se symbolise souvent sous la forme de la mer, ainsi qu’on l’a vu déjà avec la Mer Rouge, tandis que la conscience apparaît alors comme un bateau qui flotte à sa surface. Ici, la prairie devient la mer, la terre l'Inconscient... et cela permet l’apparition d’une forme de conscience secourable. Du bord de ce bateau, pour nous venir en aide, on nous jette de l’or c’est-à-dire la lumière rendue matérielle, le but symbolique de l’Œuvre alchimique. Il est à noter que pour purifier l’or, on le passe au feu car il est inaltérable. On retrouve la couleur jaune qui était évoquée dans la tunique de Moïse au début de la série. Cet or, c’est peut-être aussi, avec cet humour qui caractérisent volontiers les rêves, de la vitamine C, c’est-à-dire un ingrédient essentiel pour notre vitalité qu’on retrouve dans des fruits solaires comme l’orange, le citron. C’est une autre forme d’or, qui excite moins les convoitises. Et pourtant, la légende veut que quand Saint-Georges et le dragon se sont battus jusqu’à être l'un et l'autre à l'article de la mort, le chevalier s’est affaissé sous un oranger et ce sont quelques gouttes du jus d’une orange piquée par un oiseau qui l’ont ramené à la vie. Dans la version que je préfère pour ma part, le chevalier a donné quelques gouttes de jus d’orange au dragon qui en avait bien besoin lui aussi et ils ont cessé de se battre. Notre série de rêve se termine donc sur une note qui évoque l’accomplissement de l’Œuvre, la production de la lumière incarnée et la revitalisation, la régénérescence et même, en ces temps pascals pendant lesquels j’écris, la Résurrection.

La Renaissance.

Vendredi de Pâques 2020

dimanche 22 mars 2020

Aux confins de soi


Nous y voilà. Nous y sommes. Où cela ? Peut-être à l’orée d’un grand changement.

Vous êtes sans doute, en particulier si vous vivez en France ou en Belgique, confinés chez vous, comme moi et comme 900 millions de personnes dans le monde à ce jour. Et même si vous ne l’êtes pas, je me joins à toutes les voix raisonnables pour vous enjoindre de limiter vos déplacements, de veiller à une distance sociale permettant d’éviter la propagation du virus COVID-19. Ce n’est pas seulement pour votre sécurité, c’est pour celle de ceux qui vous entourent, que vous croisez, et celle de ceux qui croiseront ces derniers, etc. Plus que jamais, nous sommes à l’heure de la responsabilité sociale : chacun.e de nous fait sa part, ne serait-ce qu’en restant chez soi, pour limiter le désastre…

Si c’était un rêve… ce serait peut-être bien un cauchemar dont nous aurions hâte de nous réveiller, pour nous retrouver, nous embrasser… et puis, que nous dit-il, ce rêve ?

Je ne me joindrai pas aux doctes savants qui nous expliquent, en décortiquant la Bible ou en lisant dans le marc de café, que tout cela fait partie d’un plan divin pour sauver l’humanité d’elle-même. Pour certains, c’est Kali, la grande déesse de la destruction, qui nous frappe. Pour d’autres, en étirant un peu les choses pour les faire coller à leurs théories, tout cela était annoncé dans l’Apocalypse de Jean. Je ne mettrai pas ces recherches de sens tout à fait sur le même plan que les dénonciations d’un effroyable complot destiné à enrichir l’Institut Pasteur ou l’électrification de la terre et l’arrivée en Asie de la 5G – élucubrations qui ne résistent pas à un examen minutieux, et où, si on a envie d’être indulgent, on peut voir un étalement de projections. Des rêves les yeux ouverts...

Moi-même, je suis assez fasciné par le fait que ce virus est modélisé (rappelons-nous que personne ne l’a vu) sous la forme d’une couronne, d’où son nom de corona-virus. Or la couronne nous renvoie symboliquement au 7ème chakra, dit coronal, ou encore à Kether, la séphira qui symbolise le plus haut degré de contact avec le divin dans l’Arbre de Vie hébraïque. Dans un cas comme l’autre, la couronne ceint le front de celui / celle qui est appelé(e) à régner sur le Royaume et représente le point de contact avec la Totalité cosmique. En sa présence, nous sommes ramenés au fait que nous sommes peu de chose en regard de l’immensité du Mystère qui nous entoure. Je ne crois pas utile d’élaborer, mais peut-être est-ce l’occasion de contempler cette image du chakra coronal, de méditer avec elle, de la laisser nous parler…


Encore une fois, je ne dénie pas la valeur que peuvent avoir certaines analyses symboliques de la situation. Et il est même possible que nos amis complotistes, s’ils n’ont pas raison, n’aient peut-être pas tout à fait tort et qu’on puisse voir ce qui arrive comme résultant de l’hyper-technologisation de notre monde et de la dictature financière qui a conduit, par exemple, à fermer 17500 lits d’hôpitaux en France depuis 2003. Pour ma part, j’aime penser que le pangolin, petit animal en voie de disparition, nous adresse un cadeau d’adieu en remerciement de la façon dont nous, les humains, l’avons traité. La nature commence à se rebiffer, à nous adresser un sérieux avertissement…

Mais ne passerions-nous pas, en discutant de causes extérieures et en cherchant le sens de ce qui arrive ailleurs qu’en nous-mêmes, à côté de quelque chose ?

Le sens de ce qui arrive, pour chacun.e de nous, est précisément dans ce qui arrive. Juste là, sous notre nez, dans l’instant présent. Comme dans un rêve, qui est toujours la meilleure expression de ce que la source du rêve cherche à nous faire entendre. Mais nous n’écoutons pas. Nous cherchons à côté, dans des dictionnaires de symboles ou des vidéos Youtube. Nous sommes tellement loin de nous-mêmes que nous ne sommes pas capables d’entendre ce qui crie dans ce que nous vivons, ce que nous rêvons…

Il y a sans doute un sens collectif pour toute l’humanité, et plus largement pour la planète qui respire un peu mieux depuis que nous sommes confinés, et puis il y a un sens pour chacun.e de nous. Et notre première responsabilité est de nous occuper de celui-ci. Alors, le sens collectif apparaîtra de lui-même de plus en plus clairement. C’est à chacun.e de nous de retourner le regard pour examiner en quoi nous sommes part de cette situation, ce qu’elle nous dit, à quoi elle nous appelle. Car si nous n’entendons pas l’appel, nous prenons le risque qu’il soit plus violent encore une prochaine fois. 

Responsabilité, c’est-à-dire « response ability », capacité à répondre, est sans doute le mot clé de cette situation. Ce n’est pas le temps de désigner des coupables, des responsables autres que nous-mêmes. Si nous voulons vraiment que les choses changent, que cette crise soit l’occasion d’un tournant, alors nous devons tou(te)s examiner quelle responsabilité nous pouvons prendre dans cette situation, comment nous pouvons y répondre au mieux…

Notre première responsabilité à ce point est de contribuer à la prophylaxie, c’est-à-dire aux mesures prises pour éviter la propagation du virus. Ne serait-ce que par égard pour les personnels soignants qui sont sur le front, les forces de l’ordre qui s’emploient à faire respecter les consignes, les personnes qui s’exposent en continuer à travailler pour garder ouverts les commerces essentiels. Et puis il y a une prophylaxie mentale à laquelle nous devons veiller en prenant garde aux messages que nous véhiculons. Qu’apportent-ils ? Contribuent-ils à une responsabilisation collective ou répandent-ils la peur, ou pire, la haine ? Alimentent-ils la paix et l’amour dont nous devons tou(te)s nous armer à ce point pour traverser le désert qui s’ouvre devant nous ?

Car voilà que, si nous ne sommes pas appelés en première ligne face au virus, et si nous avons la chance de ne pas être malades, nous sommes à l’orée du désert, d’un grand vide. Un vide qui est empli encore de beaucoup de choses, et peut-être d’êtres chers si nous sommes confinés avec notre famille, mais un vide tout de même dès lors qu’il nous faut nous arrêter. D’une façon ou d’une autre, beaucoup d’entre nous sommes invités, pour une durée indéfinie qui pourrait s’étaler sur de nombreuses semaines, à vivre nos « quarante jours dans le désert », une sorte de quarantaine spirituelle. Et si, quand encore une fois nous avons la chance de pouvoir rester chez nous en bonne santé – ce qui n’est pas donné à tout le monde –, il y avait là une fantastique opportunité ?

L’idéogramme chinois pour « crise » fait se rencontrer « danger » et « opportunité ».


Le danger est évident. L’opportunité l’est peut-être moins pour beaucoup d’entre nous.

C’est pour cela que je m’élève gentiment contre les explications kabbalistiques ou astrologiques de ce qui arrive. Elles satisfont peut-être le mental. Elles donnent l’impression que nous comprenons quelque chose à la situation, et si nous la comprenons, nous avons alors le sentiment subtil de commencer à la maîtriser. Nous au moins, n’est-ce pas ? on a compris. Mieux que le voisin, mieux que nos gouvernants. D’ailleurs, on devrait nous confier les responsabilités suprêmes car nous saurions comment faire beaucoup mieux que tous ces … qui sont aux prises avec une situation dramatique dans laquelle leur incompétence, parfois, ressort. Mais voilà bien ce qui est caractéristique de l’inflation, que l’on dénonce toujours facilement chez les autres alors que nous devrions commencer par nous occuper de la nôtre. 

Et donc, nous remplissons le vide d’explications.

Nous évitons de nous abandonner à la situation, et au fait de ne pas savoir.

Nous nous protégeons du vide, de notre propre vide. Des fois qu’on tomberait dedans…

C’est cependant bien ce qui risque de nous arriver au bout de quelques semaines de confinement, s’il se prolonge. Quand nous aurons usé toutes les explications, regardé toutes les vidéos, lu tous les livres, le vide sera encore là. Il nous attend. Il nous invite, les bras ouverts, à le visiter.

C’est une invitation à aller aux confins de soi, à vivre la déconfiture intégrale de tous nos plans et de toutes nos explications, à nous laisser confire par la situation, en évitant surtout, tout confinés que nous soyons, de jouer au con fini en perdant le sens de l’humour et de l’amour...

Si nous avons de la chance, une vraie chance, nous ne lui échapperons pas, à notre vide. 

Il nous tendra un miroir. Et peut-être nous rencontrerons-nous dans celui-ci.

Sinon, ce n’est pas grave, le vide attendra. 

Au pire,  nous y ferons face sur notre lit de mort, quand il sera trop tard pour le laisser nous transformer de fond en comble. Car le vide fait partie intégrante du passage. En psychologie de la transition, on sait que le moment déterminant d’un processus de transformation est le « passage par le vide », ou ce qu’on appelle la zone neutre. Mieux, la psychologie nous explique que la réalité et la profondeur du changement sont fonction de la mesure dans laquelle la personne qui vit le passage saura s’abandonner au vide sans chercher à le combler le plus vite possible. Car si elle le comble, ce sera avec du connu, du passé, et cela ne laissera aucune chance à quelque chose de nouveau d’émerger…

Le Tao Të King dit fort bien l'attitude requise par la situation :

Aurez-vous la patience d’attendre
Que la boue se dépose
Et que l’eau de l’étang
Redevienne claire ?

Aurez-vous le courage
De rester immobile
Jusqu’à ce que l’action juste
Surgisse d’elle-même ?


Ce qui est intéressant, c’est que nous ne sommes pas seuls à ce point à descendre dans le vide. 

J’ai le privilège d’accompagner bien souvent des individus qui, pour une raison ou une autre – par  exemple parce qu’ils ont perdu leur travail ou sont en burn-out, ou encore à l’occasion d’un deuil ou d’une séparation – descendent dans le vide. Mais voilà que c’est toute la planète qui semble conviée à un tel passage. Souvent, la maladie est l’opportunité d’un temps d’arrêt, une façon que notre corps a de dire « stop! ». Là, c’est toute la planète qui est malade…

Ne plaisantons pas avec cela. Rappelons-nous que l’épidémie de grippe espagnole en 1918 a fait entre 20 et 50 millions de morts à une époque où nous étions bien moins nombreux. Aujourd’hui, si la moitié de l’humanité est infectée par le COVID-19, avec un taux de létalité moyen de 3%, nous déplorerons plus de 100 millions de morts. Et il suffit d’un(e) seul(e) décédé(e) dans notre entourage pour nous dévaster. A Bergame, en ce moment, chaque personne connaît une personne dans un état grave ou dores et déjà morte. 

Mais il se pourrait qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire au travers de tout cela.

Il se pourrait que nous soyons à un moment de vérité, personnelle et collective.

Un moment de vérité par exemple pour ces couples qui ne se supportaient plus qu’en étant chacun le plus loin possible de l’autre, et qui vont devoir vivre ensemble dans un espace confiné...

Un moment de vérité pour ces gens qui étaient si éloignés d’eux-mêmes qu’ils ne vivaient plus qu’à travers l’extérieur, leurs relations ou leur travail. C'est toute leur vie, ou ce qu'ils prenaient pour leur vie, qui leur échappe soudainement...

Un moment de vérité aussi pour les personnes qui détestaient leur travail et se retrouvent soudain avec le bonheur de rester chez elles, de pouvoir s’occuper à ce qu’elles aiment…

A chacun(e) sa vérité, le sens de ce temps d'arrêt, l'opportunité cachée dans cette crise.

Il se pourrait que, pour beaucoup d’entre nous, le confinement et l’arrêt de toute activité soit l’occasion d’une crise existentielle majeure, comme un tsunami qui vous submerge ou un tremblement de terre qui amène le sol à se dérober sous vos pas. Si tel est le cas, ne restez pas seul(e) avec ça (voyez entre autres ci-dessous ma proposition). 

C’est une autre des lignes de front de la crise : nous devons prendre soin les uns des autres...

Il se pourrait aussi que nous soyons à un moment de vérité pour la planète, puisque cette crise montre les limites de nos politiques néo-libérales qui, à force de détruire les services publics, nous rendent infiniment vulnérables à la crise sanitaire. Il se pourrait que ce qui arrive soit juste la première secousse, une étape préliminaire de l’effondrement de nos systèmes techno-industriels. 

Mais là aussi, même si nous pouvons l’espérer, un peu de décence est requise : avant de nous en réjouir, ne serait-ce qu’en pensée, songeons à celles et ceux qui risquent de rester enterré(e)s sous les décombres. Car bien sûr, c’est encore dans les pays les plus démunis, en particulier en Afrique, que le virus risque de tuer le plus de gens. Et pourtant, ce ne sont pas ces populations qui auront le plus contribué au désastre écologique et social qui fait le lit de cette crise.

Il se pourrait donc qu’il émerge quelque chose de nouveau de ce passage.

Une vraie mondialisation, de l’amour et de la paix ? Une solidarité planétaire ?

Un changement de cap ?

La Troisième Révolution ?



La bonne nouvelle que nous porte ce virus, c’est que nous sommes capables de prendre les mesures drastiques qui s’imposent, par exemple, pour remédier à la crise bien plus grave encore qui nous pend au nez avec les changements climatiques, la destruction de la biodiversité, la pollution. Nous sommes capables de nous réveiller, de faire ce qu’il faut. Individuellement et ensemble.


On demandait à l’anthropologue Margaret Mead quel était le premier signe de l’émergence d’une civilisation chez les hominidés. Sa réponse a surpris les étudiants. Il s’agit d’un fémur, sur lequel on pouvait lire le signe de la réparation d’une fracture. C’est-à-dire de l’émergence d’une solidarité. Car si un animal se brise une patte, il meurt. Il ne peut plus courir,  échapper à ses prédateurs. Mais pour qu’une fracture du fémur soit réduite, il a fallu un geste de solidarité, et que quelqu’un reste auprès du blessé pour le protéger et pourvoir à ses besoins. Il a fallu de l’amour. C’est le signe distinctif de la civilisation, de l’humanisation, même si les animaux sont cependant capables de solidarité (peut-être est-il temps que nous arrêtions de nous supérioriser sur eux aussi). C’est le signe de la conscience de l’autre qui grandit. Peut-être sommes-nous prêt.e.s à un nouveau pas en avant dans cette humanisation, le développement de cette conscience avec amour ?

Plutôt que de vous servir une explication de ce qui arrive, je vous propose donc une direction dans laquelle cheminer. C’est la direction de la gentillesse et de la compassion. 


C’est pourquoi j’invoque ici la présence bienveillante de Kwan Yin, la déesse de la gentillesse connue aussi sous le nom de Kwannon, ou Kannon. Kwan Yin nourrit tous les êtres vivants, même les démons, même les capitalistes, mêmes les virus. On dit que pour nourrir les démons, elle descend en Enfer. Mais elle risquerait de les effrayer avec sa gentillesse, alors elle se déguise en démon pour leur amener à manger…

Une autre image salvatrice est celle de Tara la Blanche, la grande Mère universelle qui soulage les peurs et les souffrances des êtres humains. Pour l'invoquer, on peut chanter ou écouter le mantra: OM TARE TUTTARE TURE SOHA.


Je vous propose ces images comme supports de méditation, puisque nous avons le temps, enfin, de nous arrêter devant une image et de la laisser nous parler. Dans cette situation, dans laquelle nous pourrions redécouvrir les bienfaits de la contemplation, on peut invoquer aussi Marie, la Mère de Dieu, ou n’importe quelle déesse qui déverse son amour sur terre – nous sommes vraiment au moment où les barrières doivent tomber, et les « mon Dieu est meilleur que le tien » se taire. Nous sommes au moment du silence, de la méditation et de la prière..

Je sais, ces propositions paraîtront bien naïves à certains de mes lecteurs. Si tel est votre cas, c’est l’occasion d’interroger ce que nous avez fait de votre innocence d’enfant et de la clé qui vous rendait simplement ouvert(e) à la beauté de la vie. Ne vous inquiétez pas, nous prierons pour vous aussi, en songeant à ce que dit Marianne Williamson, comme quoi la vie sait fort bien s’employer à amener chacun(e) d’entre nous, à sa façon, à se mettre à genoux. Espérons que cela vous fasse le moins mal possible, surtout.

Je n’ai pas de prétention, en vous exposant à ces images, aux remèdes miracles ni aux talismans de protection, comme voudrait nous y faire croire par exemple le psaume 91 qui dit que si nous sommes dans la main de Dieu, nous serons épargnés – mais bien sûr, les méchants seront contaminés et mourront. Quelle indécence ! Voilà qui témoigne précisément des formes spirituelles dont nous devons sortir, qui flirtent toujours avec la culpabilité, la punition, le jugement et in fine, la supériorisation, l’inflation...

Admettons donc que si nous mourrons, ce sera ensemble, et que si nous vivons, ce sera ensemble, car le soleil de la Vie éclaire tout le monde, les justes comme les méchants, ceux-qui-savent et tous les autres. Alors nous pouvons considérer que celles et ceux qui partent en ce moment donnent tout simplement leur vie pour nous tou(te)s, parce qu’il faut que l’humanité paie un tribut au pangolin pour l’avoir décimé, ou pour quelque autre raison, et peut-être pour un meilleur futur pour l’humanité que celui que nous dessinait la trajectoire du néo-libéralisme. Nous pouvons donc les remercier et nous joindre à celles et ceux qui les pleurent...

Hier, c’était le premier jour du printemps.


Je vous souhaite que la paix, la joie et l’amour fleurissent dans vos cœurs en ces temps difficiles.

Peut-être est-il temps d’éclore ?



Pendant tout le temps du confinement, j’offre une écoute et un accompagnement à qui veut, par moyens électroniques (Skype, Zoom, WhatsApp, Messenger, téléphone...), sur le mode de la contribution libre et consciente.

Il se peut que vous ayez des rêves… ou simplement besoin de parler, d’être écouté.

Contribution libre et consciente, cela veut dire que vous donnez ce que vous voulez en retour, en fonction de vos moyens. Ce n’est pas gratuité, mais plutôt une façon de sortir de l’économie marchande pour entrer dans celle du don réciproque. Si vous ne pouvez rien donner, je vous inviterai simplement à « donner au suivant », c’est-à-dire à rendre à votre tour service à quelqu’un sans attendre de retour.

Bien sûr, si vous faites partie des personnels médicaux, des forces de l’ordre ou de ces personnes qui sont exposées en première ligne pour conserver des services et des commerces essentiels, je vous prie de considérer que vous avez déjà donné tout le nécessaire. Pour vous, c’est gratuit, avec mes remerciements...

Je vous invite aussi à rejoindre le groupe Facebook « à l’écoute des rêves », où nous sommes un bon nombre à discuter de rêves. Une initiative récente nous amène à explorer les rêves qui pourraient émerger maintenant pour dessiner l’avenir...

Enfin, la situation m’amène à innover et expérimenter de nouveaux medium. J’ai le plaisir de vous annoncer que j’offrirai prochainement des cercles (loges) de rêves en ligne et sans doute des ateliers de formation. Vous recevrez des propositions à vous y joindre par courriel ou encore en visitant la page Facebook de « la voie du rêve ».