lundi 28 novembre 2016

Petite lumière


Comme beaucoup de gens, j’ai d’abord été abasourdi par la victoire aux élections américaines de qui-vous-savez. Je préfère ne pas prononcer son nom; c’est une façon de souligner l’insignifiance du personnage. Ses outrances spectaculaires et son art tout opportuniste de flatter les bas instincts démontrent son manque de substance individuelle, proportionnel au battage médiatique qui l’entoure et l’a dans une grande mesure fabriqué. Il est un pur produit de l’époque et de la télé-réalité dont il a été un maître d’œuvre, la création difforme de ce que Guy Debord avait identifié comme « la société du spectacle » quand elle va dans ses extrêmes.

C’est un clown, mais un clown triste et dangereux. Il ne faut pas s’y tromper. De même qu’il est des femmes aux contours psychologiques indéfinis qui recueillent toutes les projections, et engagent les hommes qu’elles fascinent à une certaine forme de folie, nous voilà devant une figure suffisamment protéiforme pour cristalliser un archétype redoutable, avec lequel nous espérions naïvement en avoir fini mais qui ne cesse de resurgir dans l’Histoire récente. Dans l’imaginaire collectif contemporain, il n’y a pas mieux selon moi que la figure du Joker pour exprimer la nature de cet archétype : cynique, cruel, prêt à tout pour obtenir une dose de sa drogue favorite, le pouvoir.


Ceux qui ont encore une culture historique auront reconnu dans plusieurs des éléments saillants de son discours et de ses provocations le vieil hydre du fascisme qui joue avec la colère et le désarroi populaires. On retiendra en particulier son mépris insultant des femmes, son machisme et sa misogynie affichés, son geste ignoble de moquerie envers un journaliste handicapé, sa façon de désigner tous les Mexicains comme des violeurs, son intention d’obliger les musulmans à porter un signe distinctif – autant d’indicateurs propres à réveiller de sinistres mémoires. Wilhem Reich a en son temps démontré comment la fureur fascisante est l’instrument du grand capital qui détourne ainsi la frustration de la classe moyenne avant qu’elle ne puisse devenir révolutionnaire. Mais c’est encore la lecture de Jung et de ses réflexions sur la catastrophe européenne[1] des années 1930 et 1940 qui s’impose pour comprendre la nature du phénomène auquel nous sommes confrontés désormais à l’échelle mondiale.

Il faut le dire sans ambages dans un autre langage, qui remonte à la nuit des temps sans perdre de son actualité, nous voici à nouveau devant ce que les êtres humains appellent depuis toujours une incarnation du Mal.

Il ne s’agit pour autant de donner plus d’importance que nécessaire au bateleur cynique qui vient de s’emparer de la Maison Blanche; il n’est lui-même qu’un élément d’un décor qui se charge tranquillement de nuages noirs à mesure que la lumière vire au glauque. Le sinistre pantin qui se drape dans la bannière étoilée est en bonne compagnie au banquet sanguinaire qui se prépare sans coup férir. Il n’est qu’à songer au nouveau tsar russe qui n’hésite pas à assassiner journalistes et opposants non plus qu’à attaquer ouvertement ses voisins en arborant sa puissance nucléaire, à l’empereur de Chine qui manifeste de plus en plus clairement des appétits féroces en Mer de Chine, au massacreur de Damas qui jette des barils de bombes et des gaz toxiques sur son propre peuple, à l’autocrate égyptien, au sultan turc, au voyou philippin, sans oublier bien sûr dans cette monstrueuse cohorte les fanatiques religieux en kippa et leurs cousins barbus, tous épris d’eschatologie de l’Armageddon… pour comprendre qu’un esprit mauvais est en train de souffler sur le monde et d’éteindre une à une toutes les raison d’espérer. Rappelons-nous simplement que le Diable n’est autre que celui-qui-divise (en grec Diabolein), l’Accusateur qui dresse les uns contre les autres jusqu’à ce que tous baignent dans leur propre sang.

Il est beaucoup question ces jours-ci de possible fraude électorale et des failles du système américain reposant sur le Collège des grands électeurs qui permet à un individu de rafler la mise alors que son adversaire a reçu la majorité écrasante des suffrages populaires. Le clown n’a cependant pas inventé les cinquante millions d’individus qui ont voté pour lui, et c’est là qu’est le vrai problème : comment tant de personnes censées être douées de raison ont-elles pu donner leurs suffrages à un tel Joker ?

On a beaucoup parlé du discrédit de la démocratie particulièrement évident quand le mensonge est érigé en système au point que le plus menteur de tous reçoit le bénéfice d’au moins mentir ouvertement – on peut entendre là ricaner le Prince de ce monde. Mais dans le fond, quand la vérité est à ce point portée disparue, il faut constater le risque d’une véritable psychose collective aux conséquences dramatiques, du même ordre que celle que Jung a constaté en son temps. Et il ne faut pas croire que le développement économique ni même l’éducation et la culture offriraient un quelconque antidote à ce risque psychotique qui tient du séisme collectif. Ernesto Sabato faisait remarquer dans son roman Alejandra que l’Allemagne était le pays le plus cultivé d’Europe avant de basculer dans la noire folie des années hitlériennes. Mais aujourd’hui, l’Allemagne est le seul pays qui ait fait sa thérapie suite à la crise nazie qui a pourtant concerné toute civilisation occidentale : tous les autres, à commencer par la France et l’Amérique, se sont complus dans l’autosatisfaction des vainqueurs et la ritournelle du « ce n’est pas moi, c’est l’autre » qui laisse entendre qu’ils pourraient sans surprise être vaincus de l’intérieur par le même démon.

J’ai entendu plusieurs de mes ami(e)s progressistes se réjouir du triomphe du clown triste au motif qu’il ne s’agit pas tant là d’une victoire que de la cuisante défaite du néolibéralisme et de l’establishment représentés par Mme Clinton. Je ne peux pas leur donner tort sur ce point. Il est un rejeton aberrant de ce système qui, au-delà des apparences, a sacrifié toutes valeurs aux seules valeurs boursières et financières. On peut voir là le signe de la faillite d’un système dans le fond anti-démocratique qui débouche sur le délire autoritaire révélant sa véritable nature dictatoriale. Et l’on peut voir aussi ici à l’œuvre le grand jeu de balancier qui fait succéder le fantasme de l’homme fort au Président « le plus cool » de l’histoire américaine, malheureusement impuissant sur nombre de dossiers cruciaux dont en particulier celui de la libre circulation des armes, tellement symbolique de la folie qui menace. Mais si je partage l’analyse politique de mes ami(e)s, je ne peux me réjouir avec eux en pensant que l’avènement de l’imbécile en chef va précipiter l’effondrement du système.

Pour moi, leur joie est teintée du même cynisme que celui qui a porté le Joker au pouvoir : on fait fi des vies humaines et de la souffrance au nom de certaines idées, et l’on se révèle finalement aussi inhumain que l’adversaire que l’on dit combattre. Autant prétendre venir en aide aux enfants endormis en mettant le feu à la maison où ils dorment ! C’est le tort de tous les fantasmes révolutionnaires qui s’avèrent finalement plus épris de destruction que capables d’inventer le nouveau monde dont ils se réclament; leur véritable nature se révèle justement dans le peu de cas qu’ils font des vivants au nom des idées. Cette insensibilité au sort de nos congénères humains est un des signes les plus flagrants de l’inconscience qui permet aux Joker de ce monde de prospérer, et finalement s’avère une part majeure du problème que les idéalistes prétendent vouloir régler. Notons comment les assassins se justifient mutuellement en disant, comme des gamins dans la cour d’école : ce n’est pas moi qui ait commencé, c’est lui. Mais qui commencera donc par prendre responsabilité de sa propre inconscience ?

Je dis tout cela en ayant été moi-même dans ma jeunesse un de ces révolutionnaires, mais je suis arrivé à la conclusion qu’aucun idéalisme ne justifie d’ajouter une goutte de sang au fleuve tourmenté de l’Histoire humaine. Je me réclame désormais ouvertement de la grande Etty Hillesum[2] quand elle disait à son ami Klaas (en 1942) :

« Je ne vois pas d'autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu'il n'est déjà ». 

Je souhaite donc à mes ami(e)s révolutionnaires que ni eux-mêmes, ni un de leurs enfants ou de leurs proches, n’aient à souffrir dans leur chair ou leur âme de l’horreur tangible qui est en train de prendre forme. Quant aux électeurs du clown, il nous faut me semble-t-il considérer, si ce n’est avec compassion du moins sans haine, qu’ils sont mus par la peur et la souffrance, dont chacun sait qu’elles sont universelles. Il nous appartient donc de regarder chacun(e) de notre côté comment nous pourrions tou(te)s autant que nous sommes porter un Trump en dedans et, ce cas échéant certainement, en prendre la responsabilité consciente plutôt que d’accuser autrui.

C’est le délicat et douloureux  travail avec l’Ombre. J’ai publié récemment une vidéo à ce sujet : Danser avec l'ombre.

Dans les jours qui ont suivi l’élection, j’ai eu le privilège d’entendre plusieurs rêves faisant allusion de façon plus ou moins directe à la situation. Il semble que beaucoup de gens aient cauchemardé, parfois de façon prémonitoire. Or il faut savoir que l’opposé du diabolein est le symbolein, le symbole qui est ce-qui-réunit. J’élaborerai une autre fois autour de l’idée salvatrice qui veut que notre Joker est l’envers exact de notre désert spirituel. Il en découle cependant que si nous voulons contrer les nouveaux zélateurs du Mal, qu’ils soient nos propres nazillons ou ceux qui détournent l’islam à des fins sanguinaires, il nous faudra sans aucun doute développer une nouvelle vision spirituelle positive, nous réunir autour de symboles vivants. Un premier pas dans ce sens est simplement d’écouter la sagesse des rêves et des contes de fées. Voici un des rêves les plus frappants qui m’ait été communiqué à propos de l’élection. Il a été reçu dans la nuit du 8 au 9 novembre[3] :

J'ai rêvé que les États-Unis étaient plongé dans l'obscurité. Le soleil semblait couvert par des nuages sombres et épais de manière que la lumière n'arrivait pas à traverser. (si je me fie au faible halo dans le ciel, me semble-il que l'obscurité ne provenait pas de la nuit, mais bien du jour obscurci). Une personne m'approchait pour me dire qu'il y a eu une panne dans le système informatique et que Trump aurait eu un avantage grâce à ça. Ensuite, je vois Hillary sur une scène devant un podium en train de prononcer un discours incompréhensible. Progressivement durant son discours, elle devient émotive et elle commence à fondre en larmes et sanglots. Malgré la manifestation des émotions, elle continuait son discours avec une voix sanglotante . On aurait dit qu'elle ne cherchait plus à cacher son émotivité. Devant elle, se trouvait une plaine ou une grande surface de terre étendue où se trouvaient des personnes  regroupées en petits groupes dispersées sur cette surface (3-5 personnes par groupe - environ 20 personnes au total peut-être), ils portaient des masques (j'ai pensé à des masques à gaz) et un plastron sur la poitrine.

Ce rêve me semble ne pas appeler grand commentaire tant il est clair. Il est question de l’obscurité dans laquelle sont plongés les États-Unis. La panne dans le système informatique signale la suspension de la rationalité collective et le risque de psychose collective – les ordinateurs symbolisent volontiers le mental en tant que le principe ordonnateur de notre monde. La réaction émotionnelle que manifeste Hillary me semble déplacée : le Mal se nourrit volontiers d’émotionnalité impuissante. Or ses sanglots sont l’envers de sa malhonnêteté qui nous aura conduit à cette catastrophe. Les dernières images du rêve pourraient indiquer avec les masques à gaz que l’atmosphère va devenir irrespirable, ou évoquer une sorte de bal masqué où nul ne montre son vrai visage. Je suis bien sûr curieux de vos commentaires sur ce rêve.

Un autre rêve significatif m’a été rapporté, datant de quelques jours avant l’élection. La rêveuse rencontrait une enfant aux cheveux blonds en cherchant refuge au troisième étage d’une maison alors qu’elle fuyait une menace ressentie dans la rue. L’enfant lumineuse lui ouvrait alors la porte d’un appartement où se trouvaient des juifs et un jeune prêtre catholique qui priaient ensemble. La rêveuse fondait en larmes en leur disant que cela allait très mal en bas, et les encourageait à continuer à prier. Ce rêve m’a semblé souligner que finalement le seul antidote au mal qui coure dans nos rues est dans la connexion avec le sacré, que ce soit au travers de la prière ou de la vie des symboles.

Il y a sans doute là une allusion à la nécessité de dépasser les clivages confessionnels et de prier ensemble quelle que soit notre foi. Les juifs pourraient ici symboliser en particulier la mémoire des victimes du dernier Holocauste, tandis que le jeune – et beau, a précisé la rêveuse – prêtre catholique pourrait représenter le nécessaire renouveau du mythe chrétien que réclame la situation. Car encore une fois, la meilleure réponse à ce qui arrive pourrait être spirituelle.

La rêveuse avait eu dans les jours précédents des intuitions la renvoyant aux paroles d’Isaïe prévenant de la destruction de Sion dans l’Ancien Testament, et la présence des juifs en prière dans son rêve n’en est que plus significative. Son rêve m’a fait penser à un article que j’ai publié en octobre 2014, Paix dans le cœur, où se posait déjà la question :

L’avenir du monde semble inquiétant, particulièrement quand on a des enfants. Il semble que nous soyons dans une impasse. Que pouvons-nous faire ?

J’y rapportais deux rêves qui pourraient selon moi être à nouveau médités avec profit pour appréhender la dimension spirituelle de ce qui arrive maintenant, et je racontais l’histoire du faiseur de pluie de Richard Wilhem qui suggère de trouver l’harmonie en dedans pour contribuer à rétablir l’harmonie au dehors. On trouvera aussi d’importants éléments de réponse dans la lecture du maître livre de Marie-Louise Von Franz, l’Ombre et le Mal dans les contes de fées, où l’on pourra s’abreuver à ce que la sagesse ancestrale recommande devant le Mal. Je recommande en particulier la lumineuse analyse du conte Vassilissa la Belle, dont il ressort qu’il ne sert à rien d’opposer le mal au mal.

Selon l’enseignement de ce conte, ce qu’il convient de faire quand la nuit tombe et menace de nous engloutir, c’est simplement d’allumer une petite lumière, la lumière de la conscience et de l’amour, en ayant foi dans le fait que celle-ci, quand elle est enracinée dans le cœur, triomphe toujours finalement des Ténèbres. Ce serait la fonction de l’Ombre, finalement, que de nous rappeler à notre véritable nature lumineuse[4]. Et comme Jung qui a rêvé qu’il devait envers et contre tout protéger la petite flamme de sa conscience tandis que la nuit l’environnait de partout, nous avons tou(te)s cette tâche vitale qui consiste en préserver, chacun(e) de notre côté et ensemble, la petite lumière qui perce l’obscurité et prépare la renaissance. Celle-ci surviendra inévitablement quand l’œuvre de destruction sera achevée et que le balancier de l’Histoire repartira dans l’autre sens.

Alors enfin le jour se lèvera de nouveau. Comme toujours. Je vous souhaite de garder d’ici là une inébranlable foi au cœur, confiance dans la bonté de la vie et des humains de bonne volonté, paix et amour en dedans…. C’est le mieux que nous puissions faire.


[1] C.G Jung, Aspect du drame contemporain, 1948.
[2] Je vous invite à lire mon article : Sainte Etty
[3] Avez-vous remarqué qu’après que le XXIème siècle soit né un certain 11 septembre (9/11), il est entré dans une nouvelle époque un 9 novembre (11/9) ? Si l’on considère qu’il s’agit d’une synchronicité, elle pourrait indiquer que les deux événements sont intrinsèquement liés, l’un constituant l’aboutissement de l’autre…
[4] Voyez le texte de Luis Ansa : l’ombre et le chaman

30 commentaires:

  1. Pour l'Inconscient le discours d'Hillary est incompréhensible, irrationnel et l'inconscient nous montre également sa personnalité fragile. Par contre Trump ne semble pas responsable de la situation dans le rêve...
    les gens portent des masques ce qui laisse supposer que le discours d'Hillary est toxique.

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    1. Merci pour ce commentaire. C'est un point de vue intéressant, compensatoire de la vision générale (dont la mienne) qui met tout le tort sur Trump, alors qu'en effet, le discours d'Hillary (et plus largement le néolibéralisme) pourrait bien être la source de l'intoxication dont le clown est le symptôme...

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    2. Oui, je pense que l'Inconscient nous montre que Trump n'a fait que surfer sur la vague. Pour pouvoir dire qu'il est vraiment le diable et qu'il annonce une période de chaos, il nous faudrait trouver un rêve plus explicite et qui parle de lui et pas d'Hillary.

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    3. Attention, je ne dis pas que Trump soit le diable (ce serait lui donner une importance qu'il n'a pas), ni que ce soit ce que le rêve dit. Mais je dis qu'il surfe sur une vague noire, non seulement lui mais les autres (Poutine, Assad, ...) avec lui. Le diable est un archétype, une énergie qui inspire les hommes qui jouent son jeu. Et ce n'est pas en effet le propos du rêve qui m'a semblé intéressant pour d'autres raisons, dont la panne informatique et l'attitude d'Hillary...

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  2. Dans le second rêve l'étage est intéressant, le 3 ème étage signifie le 3ème degré spirituel soit le degré des prêtres et des juifs croyants.
    Effectivement l'enfant aux cheveux blong symbolise le Soi, le lien Divin qui oriente les gens de foi et semble être la seule solution crédible.

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    1. Merci pour cet éclairage. En effet, nous avons besoin de l'innocence de l'Enfant Divin pour traverser cette situation.

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    2. Oui, l'enfant solaire comme j'aime l'appeler nous invite a nous élever, il se situe a une certain étage et attend pour nous ouvrir la porte mais pour ca il faut quitter le rez de chaussée, le monde d'en bas ou ca va très mal. En clair, il ne faut plus s'occuper du monde superficiel. Il y a un choix a faire...

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    3. http://olgafg.canalblog.com/archives/2007/05/11/4912634.html

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    4. Enfin je dirais qu'en ces temps d'incertitudes et l'enfant solaire nous le suggère par ses cheveux, il est bon de nous regénérer avec tout ce qui est solaire au sens propre comme au figuré afin d'élever notre niveau de lumière qui est parfois très bas.

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    5. Merci pour ces interprétations du rêve et du symbole de l'enfant solaire, qui me semblent très pertinentes, et aussi pour ce lien très intéressant sur la symbolique du Petit Prince de Saint-Exupéry.

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  3. À propos des rêves cités, je me demande ce qui suit :

    Premier rêve :
    Est-ce le rêve d’un homme ou celui d’une femme ? Quel était son contexte vital, intérieur, moral, psychologique, et extérieur (évènements particuliers, inhabituels ou surprenants) , dans la période ou ce rêve lui est échu. Et entre autres choses, comment était son état de santé physique ?

    Deuxième rêve :
    La rêveuse est-elle de confession catholique, est-elle juive, ou a-t-elle des liens particuliers avec des personnes de l’une ou /et l’autre confession ? Quel est son point de vue sur les religions d’une façon générale ? Et bien sûr, il ne serait pas inutile de savoir ce qu’était son contexte vital, intérieur et extérieur dans la période ou ce rêve lui est échu.

    Mais ces questions sont peut-être indiscrètes...

    Amezeg

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  4. Le premier rêve a été reçu par un homme. Je n'ai pas d'information sur le contexte vital du rêveur.

    Le second rêve a été reçu par une femme qui n'est pas elle-même de religion juive ou catholique. Un de ses grand-péres se promenait cependant partout avec la Bible et comme dans beaucoup de familles québécoises, il y a sans doute un arrière-plan catholique. Elle a un point de vue plutôt spirituel, distant des religions sans leur être fermée. Rien à signaler dans son contexte vital dans les jours entourant le rêve sinon peut-être le fait que la rêveuse est dans une phase de transition professionnelle, d'ouverture à de nouveaux défis...

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  5. Le premier rêve fait apparaître des images évoquant à l’évidence les récents événements politiques survenus aux États Unis d’Amérique... Mais ce rêve veut-il "gloser" sur ces événements extérieurs ou veut-il surtout s’en servir pour illustrer la situation psychologique dans laquelle se trouve le rêveur ?
    Je choisis de prendre principalement en compte la seconde possibilité et d’essayer de voir le sens que pourrait alors avoir ce rêve. C’est un choix que l’on peut discuter, un choix personnel que certains indices et que certaines impressions que me laisse le rêve m’incitent à faire pour le moment. C’est une hypothèse que je soumets à votre attention :

    Un ensemble de parties unies (les "États Unis") se trouvent en plein jour privé de lumière par une masse nuageuse épaisse et sombre, c’est à dire qu’il se produit un obscurcissement de la conscience, un abaissement du niveau mental ou abaissement de la barrière de contrôle ordinairement associée à la conscience. La panne "informatique" qui est évoquée ensuite serait une autre forme de la même chose, " l’information" mentale consciente tombe en panne, un gros bug de la conscience permet l’entrée en scène par dessus la barrière consciente d’un facteur psychique qui "ressemble" à D.Trump et qui comme lui, va prendre le pouvoir sur les États jusque là Unis de la personnalité du rêveur. On voit ensuite "Hillary Clinton", la femme qui prétendait également présider aux destinées des États Unis (de la personnalité), tenir un discours incohérent et tout plein d’émotions (ce que l’on peut observer parfois dans la réalité extérieure, non onirique. Même dans les commentaires postés sur un blog, par exemple...). Cette femme un peu "hystérique" pourrait être un aspect féminin (aspect de l’anima) un peu ou beaucoup délirant de la personnalité du rêveur, aspect qui ne parvient pas à prendre pouvoir sur l’ensemble de la personnalité (les"États Unis") en la convaincant de la réalité de ses élucubrations parce que la conscience non obscurcie, sans panne d’information/d’informatique, verrait dépasser le bout de sa queue ou de son pied fourchu.
    La prise de pouvoir par un facteur inconscient " semblable" à D.Trump pourrait apparemment créer une désunion des parties précédemment unies, c’est à dire un éclatement passager ou plus durable de la personnalité qui serait représenté dans le rêve par les petits groupes dispersés sur une grande surface de terre qui se tient en face de la femme débordée par ses émotions. Débordement d’émotions peut-être lié à sa capacité de percevoir malgré tout ou de pressentir le rôle que son discours incohérent, que son état "hystérique", surexcité, a joué dans la prise de pouvoir d’un aspect inconscient destructeur de l’union, de la cohésion des différentes parts de la personnalité du rêveur, à l’instar de l’aspect dangereux et destructeur sur les États Unis d’Amérique que bon nombre de gens prêtent à la future prise de pouvoir de Donald Trump comme président de ce grand pays.

    Si cette hypothèse d’interprétation a quelque vraisemblance, il serait bon que le rêveur s’oriente vers un retour de la lumière et vers un rétablissement de "son système informatique interne" s’il veut éviter une possible dissociation psychique plus ou moins dangereuse ou coûteuse. En faisant appel si nécessaire à une personne capable de l’aider à effectuer ce rétablissement.

    Amezeg

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    1. Amezeg, tu m'as devancé... :-)
      J'allais poster une interprétation très proche de la tienne (quoique moins détaillée).
      Je vois dans ce rêve à peu près la même chose que toi...
      Le masque à gaz (qui cache le visage) et le plastron (qui cache la poitrine et le coeur) seraient aussi à examiner...

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    2. Hum..."devancée", voulais-je écrire...

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    3. J’en suis désolé ! (ravi... ;-))
      Il serait intéressant de voir ici ton interprétation, telle que tu l’avais conçue avant de voir que j’avais déjà proposé quelque chose à ce sujet, parce que je ne pense pas avoir tout vu et tout dit... Ton point de vue ou ta façon de le présenter pourrait enrichir la réflexion. :-)

      Amezeg

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    4. Pas trop le temps...désolée...et puis l'interprétation était "dans ma tête", je ne l'ai pas écrite...

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    5. Merci d'amener cet angle d'interprétation. Avant de considérer la dimension éventuellement collective du rêve, il faut en regarder la possible dimension personnelle, c'est certain. Les deux interprétations ne sont pas contradictoires d'ailleurs, la psyché du rêveur peut s'être emparée de la situation collective pour la faire résonner avec sa vie intérieure. Je crois me souvenir qu'il m'a été dit qu'il avait reçu ce rêve en dormant sur son canapé en attendant les résultats, alors que la victoire du clown n'était pas encore annoncée : le rêve anticipait donc cette débacle.

      Je n'ai pas de contact direct avec ce rêveur mais je lui ai fait transmettre la proposition d'interprétation, et nous verrons donc s'il a envie de répondre à cela. Lui seul peut nous dire si ce niveau d'interprétation personnelle fait sens pour lui. Et cela n'empêche donc pas de discuter ce que l'on peut voir au niveau collectif dans ce rêve, en se rappelant que toute interprétation est une forme de projection. D'ailleurs, j'assume tout à fait que l'article tout entier, et ma compréhension du rêve, exprime mes projections...

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    6. Je suis bien d’accord pour dire que les deux interprétations, sur le plan subjectif (par rapport à la situation du rêveur) et sur le plan objectif (par rapport à la situation politique extérieure évoquée) ne sont pas incompatibles. Comme la situation extérieure a déjà fait l’objet de nombreux commentaires dans l’espace public, comme elle est en quelque sorte "connue", il me semblait intéressant de voir quelle situation subjective pouvait éventuellement expliquer pourquoi, comme tu le dis Jean, « la psyché du rêveur peut s'être emparée de la situation collective pour la faire résonner avec sa vie intérieure. », mettant même à profit une capacité d’anticipation sur les événements (de l’ordre du savoir absolu *) de la psyché inconsciente pour annoncer la victoire de Donald Trump sur sa concurrente. Le "Faiseur de rêves" se soucierait-il d’annoncer cette victoire au rêveur quelques heures avant la proclamation officielle des résultats de l’élection, en mettant cela en scène comme un vrai dramaturge qu’il sait être, uniquement pour "gloser" sur l’évènement extérieur ? C’est sans doute la question qui s’est posée en moi, plus ou moins consciemment ou inconsciemment, à la lecture du récit de ce rêve.
      « ...en se rappelant que toute interprétation est une forme de projection. » dis-tu, Jean.
      Je dirais que le risque de projections existe toujours, mais je crois que des éléments très objectifs, indépendants de toute projection, peuvent être mis en lumière par une interprétation. Il faut sans doute pour cela que les contenus correspondants du rêve ne touchent pas un point trop sensible ou une tache aveugle de la psyché de l’interprète. Le plus ou moins grand travail de connaissance de soi réalisé par l’interprète est sans doute ce qui détermine le plus ou moins grand nombre de projections possibles lors d’une interprétation. Étienne Perrot a plus d’une fois parlé de personnes que les rêves invitaient, avec insistance, de façon récurrente, à devenir interprètes de rêves. Peut-être parce qu’elles se connaissent désormais suffisamment pour ne plus "trop" tomber, pour tomber bien moins souvent, dans le piège des projections (sans parler de perfection à cet égard, bien sûr...) ou/et parce qu’elles recevaient cette capacité d’interprétation comme un "don" particulier, de même que d’autres reçoivent le don des langues ou de la musique, etc... ?

      Amezeg

      * Savoir non soumis à l’espace et au temps, contrairement au savoir ordinaire relatif à l’espace et au temps.

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    7. Merci Amezeg. Je crois que c'est une excellente question que tu t'es posé là. On doit me semble-t-il toujours se demander ce que le rêve a voulu amener à la conscience. Le "Faiseur de rêves" ne glose pas, il crée de la conscience...

      Quant à la projection et ses rapports avec l'interprétation, je suis bien d'accord avec toi sur le fait que cette dernière, si elle est valable et conduite par quelqu'un qui a travaillé sur soi, met en lumière des éléments très objectifs. Pour moi, le terme "projection" n'est pas là péjoratif et n'entache pas l'interprétation, non plus qu'elle découle nécessairement d'une tâche aveugle chez l'interprète. La projection signale simplement que l'inconscient prend part à l'interprétation. Heureusement, dit Von Franz, que l'inconscient veut que le rêve soit interprété, car sinon nous ne saurions y arriver... :-)

      Au fond, le sens du rêve touche toujours me semble-t-il à l'inconnu, et notre psyché a tendance à se projeter sur l'inconnu. C'est pourquoi je prends toujours avec des pincettes les prétentions à l'objectivité, et je préfère pour ma part admettre qu'il y a toujours un jeu de projections, l'important étant dès lors que comment cela fait sens (fabrique du sens) pour la personne qui reçoit l'interprétation comme pour celle qui l'émet. L'objectivité est ressentie par le rêveur quand l'interprétation fait "déclic" et lui révèle une vérité dont il était inconscient. Mais tant que ce déclic n'a pas eu lieu, j'assume pour ma part que l'interprétation que je propose est de nature subjective, et donc éventuellement projective. D'ailleurs, ce qui me semble merveilleux avec l'interprétation des rêves, c'est que l'interprète n'arrête pas d'en apprendre sur lui-même par le reflet que lui renvoient ses propres interprétations...

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    8. Merci, Jean, pour ces précisions apportées à point de vue sur ces questions.

      « L'objectivité est ressentie par le rêveur quand l'interprétation fait "déclic" et lui révèle une vérité dont il était inconscient. Mais tant que ce déclic n'a pas eu lieu, j'assume pour ma part que l'interprétation que je propose est de nature subjective, et donc éventuellement projective. »

      Il arrive souvent que le déclic ne se produise pas chez le rêveur bien que l’interprétation soit objective. Pourquoi ? Parce que le rêveur manifeste une résistance à changer le point de vue qu’il avait sur ceci ou sur cela, sur lui-même ou sur les autres, par exemple. L’interprétation ne fait pas suffisamment sens pour lui parce qu’il refuse de voir ce qui est. Si l’interprétation proposée n’est pas objective elle peut éventuellement obtenir l’assentiment du rêveur (il dira que ça fait sens pour lui, que ça fait clic) parce qu’il pressent que cette interprétation lui permet ne pas se confronter avec ce qu’il lui déplairait d’avoir à reconnaître. Les résistances à prendre conscience de ceci ou de cela sont choses courantes, naturelles, je ne te l’apprends pas. Et lorsqu’il ne s’agit pas de résistance le rêveur peut ne pas être encore "mûr" pour prendre conscience de ce qui est objectivement montré par le rêve, et il n’y aura pas de déclic sur le moment, mais on peut cependant dire au rêveur ce qu’on voit dans son rêve, en sachant que si le rêve le montre maintenant c’est peut-être pour préparer le terrain d’une future prise de conscience. Ainsi, à mon avis et selon l’expérience que j’en ai, le déclic annoncé par le rêveur n’est pas toujours une preuve que le rêveur a pris conscience de ce dont le rêve l’invitait à prendre conscience. C’est pourquoi je crois nécessaire que la personne qui propose une interprétation (dans un travail en direct entre deux personnes, je ne parle pas d’échanges sur un blogue...) dispose d’une part d’objectivité suffisante pour le faire, sachant toutefois que l’échange entre les deux interlocuteurs n’est neutre ni pour l’un ni pour l’autre et que des éléments de la subjectivité de chacun entrent en jeu dans l’échange.

      « Heureusement, dit Von Franz, que l'inconscient veut que le rêve soit interprété, car sinon nous ne saurions y arriver... »

      Je crois que l’inconscient aide à l’interprétation des rêves en inspirant le bon point de vue à la personne qui est suffisamment "transparente" pour que cette inspiration lui parvienne, une personne qui s’est suffisamment "éclaircie" (désencombrée) par un travail de connaissance de soi, qui a mis de l’ordre en elle-même* et est ainsi réceptive aux chuchotements "didactiques" de l’inconscient sans lesquels elle peinerait à trouver le bon fil ou n’y arriverait pas du tout. L’objectivité la plus nette, la plus sûre, du regard porté par cette personne sur un rêve lui viendrait ainsi du point de vue objectif de l’inconscient qui peut passer et s’exprimer à travers elle.
      Mais nul n’est à l’abri d’une erreur d’interprétation d’un rêve et la "session de rattrapage " existe, l’inconscient, consciencieux (!) dans son désir de voir le rêve justement interprété peut adresser au rêveur (et à l’interprète) d’autres rêves qui viennent ajuster ou préciser les choses.

      Amezeg

      * À ce propos, notre amie La Licorne vient de citer cite sur son blogue Grands rêves "L’histoire du faiseur de pluie" que Jung aimait dire ou faire dire aussi souvent que possible lors de ses séminaires ou conférences.

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    9. Un petit mot oublié...:
      "Merci, Jean, pour ces précisions apportées à TON point de vue sur ces questions."

      Amezeg

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    10. Merci Amezeg. C'est très intéressant. Je crois bien comprendre ton point de vue et j'y adhère encore avec une réserve : j'évite le terme "résistance" qui implique un rapport de force, ou d'autorité. Je suis donc bien d'accord avec toi mais je considère toujours que là où il y a "résistance", il y a besoin de protection, quelque chose qui réclame d'être protégé. Je cherche toujours à coopérer à avec la psyché du rêveur jusque dans son refus de m'entendre, qui dénote que je n'ai pas su encore toucher au cœur la problématique - sitôt que la vulnérabilité est rendue consciente, le besoin inconscient de protection tombe et il n'y a plus de résistance. Si bien que pour moi, l'art de l'interprète ne consiste pas simplement à être "transparent" à l'inconscient mais à savoir accompagner la personne qui lui demande de l'aider à comprendre un rêve jusqu'au point de ce fameux déclic. Dans ma perspective, c'est une question cruciale car en parlant d'objectivité et en arguant de cette transparence, on peut en venir à user d'une autorité qui fausse le travail. Car si l'inconscient est objectif, je reste convaincu que les échanges autour du rêve sont teintés de subjectivité, ne serait-ce que dans le langage employé. Et je crois que notre discussion reflète assez précisément le débat entre jungiens dit orthodoxes et James Hillman, qui réfute cette objectivité pour voir dans l'interprétation un acte de co-création auquel participent le rêveur, l'interprète et l'inconscient.

      Oui, cette histoire que cite la Licorne (ici : http://grandsreves1234.blogspot.ca/2016/12/pollution-psychique-et-catastrophes.html) mérite d'être racontée encore et encore. Je la cite aussi dans l'article "paix au coeur" auquel je fais référence dans le présent billet.

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    11. "...un acte de co-création auquel participent le rêveur, l'interprète et l'inconscient" : oui, c'est ça...

      Pierre Trigano, qui a fondé la psychanalyse symbolique, dit la même chose d'une façon un peu différente : il dit qu'il ne faut jamais oublier que le vrai psychanalyste est intérieur et que "la fonction du praticien consiste à ancrer son client dans l'information symbolique d'un "troisième" intérieur (par rapport à eux deux), le Soi, qui est le coeur vivant de la relation analytique.

      Donc il y a le rêveur, l'interprète et...le Soi...

      "Ainsi, cette relation n'est-elle pas une relation duelle, mais le praticien et son client se réunissent autour d'un troisième, le Soi...
      Le centre du travail n'est pas la relation formelle qu'il entretient avec lui, mais la relation que tous deux vivent avec le Soi au cours de l'analyse des rêves."

      Je partage entièrement la vision de Pierre Trigano sur ce point : c'est la reconnaissance de la présence de ce "troisième" qui est importante et qui permet à la discussion autour d'un rêve d'être fructueuse ...

      Et ton article "La paix dans le coeur", Jean, mérite largement d'être relu...il met le doigt sur des choses importantes...que j'aborde aussi , en ce moment, sur "Grands rêves".
      La "paix dans le coeur", loin d'être un joli mot ou une aspiration mièvre, est peut-être la seule chose qui puisse être efficace et nous tirer du marasme où nous nous enfonçons doucement...et mondialement.

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    12. «.... Je crois bien comprendre ton point de vue et j'y adhère encore avec une réserve : j'évite le terme "résistance" qui implique un rapport de force, ou d'autorité. Je suis donc bien d'accord avec toi mais je considère toujours que là où il y a "résistance", il y a besoin de protection, quelque chose qui réclame d'être protégé. Je cherche toujours à coopérer à avec la psyché du rêveur jusque dans son refus de m'entendre, qui dénote que je n'ai pas su encore toucher au cœur la problématique - sitôt que la vulnérabilité est rendue consciente, le besoin inconscient de protection tombe et il n'y a plus de résistance. »
      Je n’entends pas ce mot dans ce sens et pour moi il n’implique pas cela. Il ne s’agit pas de résistance à "l’autorité de l’interprétation" ou à "l’autorité de l’interprète". Nous sommes porteurs d’une certaine résitance au changement, d’importance variable selon les individus. Cette résitance est d’une part à respecter parce qu’elle est une mesure de protection contre les changements inopportuns qui pourraient nuire à l’équilibre psychologique acquis de la personne, surtout s’il est fragile, et est d’autre part est à questionner pour encourager une personne dont l’équilibre psychologique est suffisant, afin de l’encourager à réaliser le changement que la vie profonde en elle semble indiquer (à travers les rêves) comme souhaitable pour elle, pour son individuation. Questionner la résistance c’est aider la personne à découvrir la vulnérabilité que tu évoques, sans imposer quoi que ce soit à ce sujet.

      « Si bien que pour moi, l'art de l'interprète ne consiste pas simplement à être "transparent" à l'inconscient mais à savoir accompagner la personne qui lui demande de l'aider à comprendre un rêve jusqu'au point de ce fameux déclic.»
      Cela va de soi... :-)

      « Dans ma perspective, c'est une question cruciale car en parlant d'objectivité et en arguant de cette transparence, on peut en venir à user d'une autorité qui fausse le travail. »
      C’’est vrai, "on peut", éventuellement, en faire mauvais usage. Mais ce n’est pas inévitable. Il faut être très vigilant quant au risque du pouvoir que l’on voudrait prendre sur le déroulement des opérations (alchimiques)...

      Amezeg

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    13. « Car si l'inconscient est objectif, je reste convaincu que les échanges autour du rêve sont teintés de subjectivité, ne serait-ce que dans le langage employé. Et je crois que notre discussion reflète assez précisément le débat entre jungiens dit orthodoxes et James Hillman, qui réfute cette objectivité pour voir dans l'interprétation un acte de co-création auquel participent le rêveur, l'interprète et l'inconscient. »
      Oui les échanges dans le travail avec les rêves sont toujours, pour une part, teintés de subjectivité. Qui oserait croire échapper à sa subjectivité ? Peut-être quelqu’un qui n’a jamais travaillé à se connaître, les rues sont pleines de gens de cette sorte qui s’imaginent tout à fait objectifs en proférant à longueur des assertions on ne peut plus subjectives. :-)
      Mais entre une part de subjectivité inévitable, naturelle, et une totale subjectivité il y a une différence.
      Je me demande pourquoi James Hillman réfute la part d’objectivité possible dans le regard que l’analyste ou interprète de rêve porte sur le rêve.
      Les patients de Jung disaient de lui qu’il avait une intuition remarquable ou redoutable ("he has a terrific intuition", est me semble-t-il l’expression employée par l’un ou l’autre de ses patients). Jung à écrit que bien souvent il savait d’emblée, dès que la personne qu’il n’avait jamais rencontrée auparavant entrait dans la pièce, ce qu’était son "problème". D’où lui venaient ces informations irrationnelles à propos de la personne inconnue de lui ? Il y a aussi l’anecdote bien connue du petit scarabée qui arrive à la fenêtre au moment opportun lors d’une séance d’analyse, comme envoyé par Cela qui sait ce que nous ne savons pas mais devons savoir à un certain moment. Cette irruption du petit scarabée n’avit-elle pas le caractère d’une information objective adressée à Jung par l’inconscient, sous une forme cette fois là tangible, que ce soit pour lui ou pour son ou sa patiente.
      Jung se reconnaissait du type pensée-intuition dominantes. James Hillman était-il d’un autre type psychologique dans lequel l’intuition ne tenait pas une place aussi importante ? Ou quelle autre raison ou situation le poussaient-il à réfuter la part d’objectivité possible chez un analyste ou interprète de rêve qui suffisamment ouvert et attentif aux murmures de l’inconscient en lui ?

      Amezeg

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    14. et subjectivité de l'Incs ?

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    15. Merci pour ces réponses, j'y reviendrai quand je trouverai un moment. En ce qui concerne la "subjectivité de l'inconscient", il faut lire Jung. Mais je crois que notre ami X/Nexus/Abraxas cherche à nouveau à polluer le blogue et je rétablis donc la modération.

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  6. Juste pour info...
    Un article sur Trump ici :
    https://www.cgjung.net/publications/danger-du-narcissisme.htm

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