vendredi 7 juillet 2017

Du bon usage du désespoir


Si vous avez de la chance, à un certain moment dans votre vie, vous arriverez à un cul-de-sac complet.
Peter Kingsley [1]


Il arrive que nous désespérions, c’est inévitable. Il n’y a que les imbéciles qui ne désespèrent jamais car ils sont tellement pétris de certitudes que la réalité ne les touche pas. Dans ces moments, nous croyons volontiers que nous sommes plus éloignés que jamais de ce que qui peut donner sens et valeur à l’existence, c’est-à-dire cette denrée rare que l’on appelle sagesse. Pourtant, nous sommes rarement plus proches de la vérité que dans l’absence de tout espoir, qui est aussi l’absence de toute illusion. Mais le désespoir recèle des pièges, parmi lesquels la tentation de le fuir en s’ôtant la vie, et, non le moindre, celle de le nier en repeignant la réalité en rose avec de la pensée positive. Or cette peinture là s’écaille rapidement et s’avère sévèrement toxique : le désespoir est refoulé dans l’inconscient et se vengera tôt ou tard, cruellement. Il vaut mieux considérer avec Camus dans le mythe de Sisyphe que le suicide est la question fondamentale de la philosophie et regarder celle-ci en face, car au moins permet-elle la décision libre de l’âme de vivre, de s’engager dans la vie quoi qu’il en coûte, sans attente ni espoir.

Quand un de nos amis désespère, on a tôt fait d’essayer de colmater la brèche à coups de pensées positives : tout est parfait derrière les apparences, cela ira mieux demain, etc. Ce n’est pas faux d’ailleurs, mais ce n’est pas vrai non plus. Comme le soulignait Osho, une demi-vérité est bien plus dangereuse qu’un mensonge car l’inanité de ce dernier finit toujours pas sauter aux yeux. Mais la demi-vérité a les apparences de la vérité, et cependant elle évacue quelque chose du réel, par exemple la souffrance immédiate de notre ami qui n’est pas accueillie, respectée. Qu’offrir à un ami qui désespère sinon une écoute entière sans aucune interférence ni désir de se protéger de la nature corrosive de son désespoir ? Comme le suggérait Bruno Bettelheim à propos des enfants autistes, qu’il figurait comme étant au fond d’un puits : si nous voulons aider l’enfant à sortir du puits, il convient d’aller s’assoir avec lui dans le noir tout au fond, et de commencer par lui apporter le réconfort d’une simple présence silencieuse. Quand il sera prêt à remonter, il en trouvera la force, l’énergie.

C’est un mouvement naturel. J’ai déjà parlé, dans un article qui curieusement est le plus lu de ce blogue, de la nature terriblement douloureuse de la transformation[2] que l’on compare souvent à l’éclosion du papillon en oubliant l’agonie de la chenille. La psychologie des profondeurs souligne l’importance de l’œuvre au noir (nigredo) dans l’alchimie transformatrice de la psyché. Ce n’est que parce qu’il y a mort et putréfaction qu’il y a possibilité d’une nouvelle naissance. Nous touchons là à un point délicat : il ne s’agit pas d’esquiver la réalité du désespoir présent en cultivant l’espérance dans un futur meilleur. C’est la mesure dans laquelle le passage au noir est vécu maintenant pleinement et en conscience qui permet à autre chose d’émerger avec le temps. La loi psychique qui est à l’œuvre là est simplement celle du changement (impermanence) qui veut que quand quelque chose est vue, elle commence à se transformer. La meilleure façon de « fixer » quelque chose est simplement de refuser de la vivre, de la voir : tout ce à quoi je résiste persiste. Encore une fois, le refus de la réalité est bien plus dangereux que la réalité elle-même, quelle qu’elle soit. Le travail de conscience, c’est de regarder la réalité.

Nous confondons généralement le désespoir, c’est-à-dire l’absence pure et simple d’espoir, avec la tristesse et les émotions qui l’accompagnent bien souvent. Cela va avec le fait que, quand le désespoir est là et à moins que nous ne soyons libres de toute illusion, il nous faut faire le deuil de l’espoir, et comme tout deuil, celui-ci n’a rien de facile. Mieux, l’espoir est ce à quoi nous sommes en règle générale le plus attachés, la seule chose qu’on ne puisse nous ôter sans nous tuer. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, n’est-ce pas ? Nous sommes prêts à tout traverser, en autant qu’il y ait de l’espoir au bout, que ce soit l’espoir en un paradis après la mort, ou l’espoir en une vie meilleure, si ce n’est pour nous, au moins pour nos enfants. C’est comme cela qu’on nous mène par le bout du nez, avec un anneau dans les narines comme les vaches qu’on emmène à l’abattoir. On peut, bien sûr, cultiver l’espoir réaliste de gagner une grosse somme ou de finir un travail qu’on a entrepris, de recevoir un prix ou de gagner un combat. Mais si nous espérons que cela nous rendra heureux, nous nous fourrons le doigt dans l’œil et nous travaillons ou nous menons notre combat pour une mauvaise raison. Nous serons déçus et nous demanderons tôt ou tard : tout ça pour ça ? En matière spirituelle – et le bonheur, la joie, sont des réalités spirituelles – ce que nous ne réalisons pas maintenant, nous ne le réaliserons jamais.

Osho, que les ignorants prennent pour un vendeur d’espoir frelaté, disait :

« Je vous enseigne le désespoir. Car quand vous désespérerez vraiment, vous commencerez à célébrer la vie. »

Nous tenons là en effet un des meilleurs critères pour déterminer la valeur d’un enseignement spirituel : vous fourgue-t-on de l’espoir bon marché ? Avec la technique trucmachin, tout ira pour le mieux et vous serez guéri de toutes vos afflictions ! Marchez sur l’eau en 10 leçons… et autres : de l’art de vous enrichir sans rien faire. Il en faut, comme il faut des dessins animés pour les enfants. Mais personne n’est obligé de croire que les dessins animés sont la réalité. Leur fonction est d’aider les enfants à grandir et les adultes à faire preuve de discernement. Si un idiot vient se plaindre de s’être fait escroquer par un marchand d’espoir, il convient de lui enfoncer la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’il remercie l’escroc pour la bonne leçon qu’il lui a servi…

Luis Ansa, je l’ai déjà mentionné ailleurs, le disait magnifiquement :

« On vous manipule dès qu’on vous promet d’être autre chose que vous-même. »

Pour être plus précis, on pourrait dire qu’on nous manipule dès qu’on essaye de nous refiler un idéal. Et il ne s'agit pas là d'accuser qui que ce soit : nous sommes souvent notre meilleur manipulateur. Le bon usage d’un idéal, en autant qu’il soit nôtre, c’est qu’il peut nous permettre de déceler quelles sont les valeurs qui nous animent et d’élaborer une éthique, c’est-à-dire des règles de comportement qui expriment ces valeurs, qui incarnent dès maintenant cet idéal. Mais si nous achetons un idéal en croyant qu'il nous rendra enfin heureux, c’est toujours au prix de nous-mêmes, de notre réalité que nous sacrifions à l’idéal, et nous commençons à nous diviser entre ce que nous sommes, et ce que nous aimerions être pour satisfaire aux critères de l’idéal. L’idéal nous sert alors à entretenir une relation négative à nous-mêmes et nous nous jugeons durement parce que bien sûr, nous ne sommes pas idéaux. Et si l’idéal est renvoyé dans le futur, c’est comme si nous nous attachions une grosse pierre autour du cou avant de nous mettre à l’eau pour traverser un fleuve à la nage. Jung dénonçait les dangers de l’idéalisme, comme étant une drogue plus dangereuse que la morphine. Mais en plus, c’est une drogue contagieuse car les personnes intoxiquées à l’idéalisme n’ont bien souvent de cesse que de contaminer les autres avec leur idéal.

Il y a dans tout idéal une puissance tenant de l’inconscient collectif qui cherche à s’incarner. Beaucoup de groupes humains se constituent autour d’idéaux communs. Ce n’est pas nécessairement mauvais. Par exemple, les adolescents ont besoin du support de l’identité collective de la bande ou du groupe pour s’extraire de la matrice familiale. Mais chez les adultes, cela peut entraîner une dégénérescence certaine du néocortex qui se traduit par la nécessité d’attaquer les autres groupes pour assurer la primauté de l’idéal auquel on adhère. Cette barbarie est l’expression sociale de la violence que nous nous faisons à nous-mêmes à coup d’idéal. Mais nous ne nous torturerions pas ainsi si, sous couvert d’idéal, nous ne cultivions pas un grand espoir, que ce soit celui de parvenir à la félicité éternelle, la libération de nos mécaniques émotionnelles, la conscience absolue. Or, si notre idéal est justement de voir un jour la paix, l’amour et la conscience régner sur terre, il n’y a aucune autre voie permettant de l’envisager que celle qui commence dès maintenant par le fait immédiat d’incarner cette paix, cet amour et cette conscience dans notre relation à nous-mêmes. Et pour cela, il convient donc de balancer tout espoir par-dessus bord, et de s’individuer, c’est-à-dire d’être simplement soi-même, l’unique que nous sommes hors de toute normalisation par un idéal collectif, de toute identité grégaire.

Sur le plan spirituel, cette libération de l’idéal et cet abandon de tout espoir sont sans doute les plus grands pas que nous puissions faire vers la réalisation immédiate de la conscience éveillée, c’est-à-dire qui arrête de rêver, de se complaire dans des illusions. C’est la voie dite abrupte, qui ne prend pas de détour, ne réclame aucune austérité. Il s’agit d’arrêter de vouloir que le monde soit différent de comment il est, et avec le monde, la vie, les autres et nous-mêmes. Surtout nous-mêmes. Au fond, il s’agit de rendre à Dieu ce qui lui appartient, c’est-à-dire tout ce qui ne relève pas de notre décision consciente. Plus fondamentalement, et sans avoir besoin du subterfuge de Dieu pour cela, il s’agit d’entretenir enfin un rapport sain à la réalité, qu’il s’agisse de la réalité du monde, de la vie, des autres ou de nous-mêmes. Ce rapport sain tient dans un oui sans ambages ni réserves. Oui, car il ne peut en être autrement. Oui, car il ne sert à rien d’entretenir l’illusion que les choses pourraient être différentes, sauf à vouloir argumenter avec Dieu et, en ce qui concerne notre réalité, vouloir être un(e) autre, bref vivre dans l’irréalité.

Le poète Christian Bobin le dit merveilleusement :

« Il n'y a rien à trouver dans cette vie que le "oui" qui définitivement l'enflamme. »
 
Alors, comme le disait Osho, nous commençons à célébrer la vie, si belle dans ses ombres et lumières.

Chögyam Trungpa soulignait que, tant que nous marchons sur la voie spirituelle pour obtenir quelque chose, qu’il s’agisse du bonheur ou de quoi que ce soit d’autre, nous sommes pris dans les rets du matérialisme spirituel. Dès lors que nous essayons de nous servir de la spiritualité pour échapper à la réalité de la mort, de la souffrance, de nos insuffisances, de nos émotions négatives, nous nous mentons à nous-mêmes et nous travestissons la spiritualité, qui devient un emplâtre sur une jambe gangrenée. Le point de départ de la spiritualité, au moins dans sa perspective bouddhiste, est radicalement inverse : la première noble vérité du Bouddha dit l’universalité et l’inévitabilité de la souffrance. Une approche erronée car dualiste de ces enseignements a pu laisser croire que la voie spirituelle offrait une échappatoire à cette réalité, que le nirvana recherché était hors du monde. Pourtant, l’identité du samsara (monde transitoire) et du nirvana est maintes et maintes fois affirmée. Mais il est bien une voie hors de la souffrance, comme le laissent entendre les autres nobles vérités du Bouddha ?

Certainement. Elle est bien connue.

- Comment échapper à la brûlure ?, demanda-t-on à un sage chinois.

- Va droit au milieu du feu, répondit le sage.

- Mais alors, comment échapperai-je à la flamme ardente ?

- Aucune douleur supplémentaire ne te tourmentera.

Alan Watts, qui cite ce mondo (dialogue zen) dans son Éloge de l’insécurité, fait remarquer qu’il n’est pas besoin d’aller en Chine pour entendre de telles paroles de sagesse. Dante et Virgile font la même découverte dans la Divine comédie quand ils s’aperçoivent que la sortie de l’Enfer est en son centre même. Jung aimait raconter un rêve qui dit exactement la même chose :

Une femme reçoit l'ordre de plonger dans une fosse remplie d'un magma brûlant. Elle y va mais laisse une épaule dehors. Jung arrive et elle a un geste vers lui pour l'appeler au secours. Il lui crie en enfonçant son épaule dans le liquide en fusion: non pas en sortir, traverser !

Trungpa dit clairement que le non-espoir est le point d’entrée sur la voie, « l’essence de la folle sagesse ». Et la méditation, dès lors, ne consiste pas en fuir "par le haut" le magma de nos émotions brûlantes mais bien au contraire, à y plonger :

« La méditation ne consiste pas à essayer d'atteindre l'extase, la félicité spirituelle  ou la tranquillité, ni à tenter de s'améliorer. Elle consiste simplement à créer un espace où il est possible de déployer et défaire nos jeux névrotiques, nos auto-illusions, nos peurs et nos espoirs cachés. Nous produisons cet espace par le simple recours à la discipline consistant à ne rien faire. À vrai dire, il est très difficile de ne rien faire. Il nous faut commencer par ne faire à peu près rien, et notre pratique se développera graduellement. Ainsi la méditation est-elle un moyen de brasser les névroses de l'esprit et de les utiliser comme partie intégrante de la pratique. Pas plus que le fumier, nous ne jetons ces névroses au loin; au contraire, nous les répandons sur notre jardin, et elles deviennent partie de notre richesse. »[3]

Voilà la véritable non-dualité, qui ne consiste pas en nier l’existence de l’obscurité mais en voir comment les excréments de notre psyché peuvent servir à faire pousser de belles fleurs. Et nous avons là une indication du meilleur usage que nous puissions faire de notre désespoir tant qu’il s’orne encore de tristesse, de mélancolie, de peurs et de regrets. Il s’agit simplement de n’en rien faire, de nous assoir avec lui et d’écouter ce qu’il a à nous dire sur la vie, sur nous-même et sur la réalité du monde. Quand il aura fini son travail, nous pourrons célébrer l’existence en allant librement dans celle-ci sans éprouver le besoin de nous raconter des histoires et de recréer sans cesse une dualité conflictuelle avec ce qui est, c’est-à-dire avec la vérité. Et cela ne relève pas de l’idéal mais simplement du choix conscient, libre.

Pour approfondir cette réflexion sur le désespoir, je ne connais pas meilleur compagnon qu’un petit livre du philosophe André Comte-Sponville sur lequel je me dois d’attirer votre attention. Il fait partie, avec l’Éloge de l’insécurité d’Alan Watts, des trois livres que j’emmènerai sur une île déserte ou en prison si j’étais forcé de me restreindre à une telle indigence. Pourtant, c’est un tout petit livre, mais il est énorme dans ses conséquences. Il s’agit de :

De l’autre côté du désespoir.

Et il est sous-titré : Introduction à la pensée de Swâmi Prajnânpad.

André Comte-Sponville est un philosophe français ouvertement athée, à la façon un peu obtuse qu’ont les Français (je peux le dire, j’en viens… :-) de traiter souvent les question religieuses avec un intégrisme rationnel. Il est l’auteur d’un excellent Traité du désespoir et de la béatitude, et d’un non moins remarquable, mais beaucoup plus accessible Le bonheur désespérément, parmi de nombreux autres ouvrages. Mais son De l’autre côté du désespoir est selon moi son chef d’œuvre. Il y présente la vision de Swâmi Prajnânpad, qui a été le maitre d’Arnaud Desjardins, un maître spirituel qui a la vertu de ne s’embarrasser d’aucune religiosité. Prajnânpad, aussi appelé Swâmiji par ceux qui l’aiment, outre d’être un enseignant spirituel de tout premier ordre, est aussi l’inventeur  d’une technique thérapeutique faisant se rencontrer Védânta et psychanalyse. Il compte parmi les premiers en Inde à avoir lu Freud et intégré la notion occidentale d’inconscient. Il est impropre de parler à son sujet d’une « pensée », comme s’il avait un système philosophique à nous offrir; Swâmiji voit, et sa vision est ce que nous pouvons tous voir quand nous avons les yeux ouverts. La rencontre entre Comte-Sponville et Swâmiji tient de l’assemblage de matières fissiles qui produisent ensemble un mélange détonnant pour l’esprit : pour peu qu’on lise attentivement ce petit livre, il n’y a pas grande illusion qui puisse survivre…

La méthode de Swâmiji est fort bien résumée par un petit paragraphe que cite Comte-Sponville :

« La souffrance ou le désespoir est suivi par une réaction simplement quand ils ne sont pas ressentis pleinement et complètement, quand ils ne sont pas expérimentés totalement et sans aucune réticence. Quand, cependant, vous ressentez et expérimentez complètement et totalement le désespoir, aucune réaction ne suit. Rien d’autre n’est créé. Vous obtenez la réalisation complète, jnâna, l’illumination… »

En conclusion, il est bon de se rappeler quand nous souffrons de désespoir de ce qu’avançait Jung quand il disait que « toute rencontre avec le Soi est une défaite pour le moi ». Il explique aussi que bien souvent, quand nous souffrons, c’est le Soi qui souffre en nous car il est à l’étroit dans notre petite peau, notre monde étriqué. Dans cette idée, cela fait partie du service que nous pouvons rendre au Soi que de souffrir pour lui, avec lui, et de lui offrir notre souffrance en acceptant que, même si nous ne le voyons pas, cela a un sens. Et ce sens, que nous pouvons tout au plus tenter de discerner dans les rêves, tient souvent dans le saut évolutif que la vie exige de nous à un moment donné : serons-nous capable de création, c’est-à-dire de permettre à quelque chose de nouveau d’apparaitre dans nos vies, ou sommes-nous condamnés à répéter l’ancien ? Le Soi, dans ce qu’il a de divin, est précisément ce facteur toujours créateur de nouveau, de non-conditionné, qui fait paraître tout ce qui a été vieux, obsolète et voué à la mort, au renouvellement.
 

Parfois, ce sont les circonstances extérieures qui nous écrasent, notre monde qui s’effondre sur nous, et il importe que nous ne restions pas pris(e) sous les décombres. Parfois, c’est de l’intérieur que monte une impérieuse envie de mourir, de partir n’importe où plutôt que de rester dans cette peau, cette vie, ce monde, qui nous semblent étrangers à qui nous sommes vraiment. On peut entendre dans l’énoncé même de cette étrangeté, de cet exil intérieur qui est bien souvent au cœur du désespoir meurtrier, le fait que la vérité de notre être est en train de ressortir, de se dire. Il est recommandé dans ce cas d’aller avec le mouvement de transformation en veillant à ne pas faire mal à notre corps. Le mieux est souvent justement de permettre à ce corps d’exprimer le mouvement de vie qui le travaille, et de réduire le mental au silence, d’éviter de trop parler. Dans tout désir suicidaire, il y a une exigence d’une autre vie à laquelle il faudra, tôt ou tard et de préférence sans perdre l’être qui en accouche, donner voie. Cela vaut aussi pour toutes nos addictions, qui tiennent du suicide à petit feu. Mais alors, comme avec toutes les dépendances, il est nécessaire d’aller au fond du baril, jusqu’au bout du désespoir. Ce n’est qu’à cette extrémité, quand il n’y a plus d’espoir ni d’échappatoire, que le choix libre de vivre peut se poser.

Camus, au fond, ne tenait qu’un bout de la question quand il disait que le suicide est la principale interrogation de la philosophie. Car il y a encore un espoir là, qui tient dans la fin de la souffrance par la mort. C’est une autre fuite.  Mais comment vivre avec la réalité de la souffrance sans nourrir de peur ni d’espoir ? Là est la véritable interrogation, la seule qui vaille d’être répondue. C’est ce dont il est question quand nous nous engageons sur la voie spirituelle. Pas d’autre chose. Et si la question est bien posée, pleinement ressentie et complètement expérimentée, alors il devient évident que la voie n’a pas de but. Tout énoncé d’un but ne fait que projeter et différer la réalisation de la vérité dans le futur. Comme le dit Trungpa, « le but, c’est la voie. » Dôgen renchérit : « l’éveil, c’est la pratique. » Il s’agit simplement de trouver l’attitude juste avec ce qui est. Elle est juste en ce qu’elle n’écarte rien, ne s’accroche à rien et qu’elle n’est pas encombrée par l’espoir ou la peur. Au fond, il s’agit simplement d’être conscient de la vérité, de ce qui est. C’est la nature de la conscience. C’est une voie qui part d’ici et maintenant pour arriver à ici et maintenant en passant par ici et maintenant. C’est tout.

Le mot de la fin reviendra à Osho qui, justement, disait :

« Je ne vous promets aucun royaume des cieux. Rien ne vous est promis dans l’avenir. Votre héritage est déjà là, c’est votre vie. Aimez-la, respectez-la. »

24 commentaires:


  1. Le Pendu du tarot, carte 12, invite a entrer en soi même, arrêter de choisir, méditer et à ne pas juger. Ses jambes forment un 4 et signifie qu'une certaine stabilité matérielle est acquise mais le Pendu veut aller plus loin.
    Volontairement pendu tel un ascète ou un fakir pour se familiariser avec le monde à l'envers, l'inconscient, il cherche maintenant a dominer les forces chtoniennes qui commencent avec la carte 13, la carte sans nom, la carte la plus sombre, carte symbolisant que l'oeuvre au noir commence.
    A partir de la, le Fou, héros de notre aventure, carte sans chiffre parce que le fou n'est pas un numéro, esprit libre avant tout, énergie primordiale de l'univers, avatar sans définition, a suffisamment de force pour entreprendre le grand voyage vers le Mal, carte 15 du Diable...

    Douglas

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    1. Merci Douglas pour ce commentaire. C'est en effet ce Pendu du Tarot que j'ai voulu évoquer en illustrant cet article avec une représentation du grand dieu Odin suspendu à l'Arbre du monde. Il y est resté pendu 9 jours, nous dit le mythe, pour apprendre le secret des runes. C'est de cette histoire sans doute que vient notre Pendu. Et c'est encore Odin que j'ai voulu honorer en rappelant implicitement qu'il avait pour compagnons deux corbeaux, Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire), qui lui racontent à l'oreille ce qu'ils ont vu des neuf mondes. Or le corbeau, oiseau que j'affectionne particulièrement, est associé dans notre culture au désespoir, et dans l'alchimie à l'oeuvre au noir (nigredo) dont tu parles...

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    2. Oui, le monde de l'obscurité, le coté sombre de l'inconscient, fascine car son pouvoir est grand et nous en ressentons souvent sa puissance.
      Le voyage vers le Mal est sans doute le dernier grand défi du chercheur spirituel et représente selon moi un grand espoir car celui qui fait face a l'Obscurité grandit en force.
      Certes le chemin est semé d'embuches, de frustrations et de souffrances, les forces du Diable veulent d'abord pouvoir agir sans être reconnue et se cachent tapis dans l'obscurité et doit donc être traqué jusque dans son refuge, sur son propre terrain. Je peux dire par exemple que mes rêves ont parfois été bloqués pour m'empêcher de voir car voir est le premier pas vers la libération.
      Ce qui est clair c'est qu'il faut aller au charbon, aller au milieu du feu comme dit le sage, car plus on affronte le Mal et plus on apprend a le connaître et moins on en a peur, c'est la seule solution.

      Douglas

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  2. Veux tu connaitre la Réalité Ultime, véritablement Suprême ?
    Tel que tu es,
    ne prend rien,
    ne laisse rien,
    et jouis heureusement de tout.

    Abhivanagupta

    Ce sont les mots qui m'ont percutée en plein cœur, il y a qq années, et que j'avais envie de partager.
    Merci pour cet article !
    Véronique

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    1. Abolument , premièrement soyons nous mêmes mais pour jouir de tout, il faut d'abord vaincre Mara selon moi. Même le Bouddha est passé par la, il serait prétentieux et malhonnête, je pense, de vouloir sauter les étapes. Le Bouddha a d'abord vaincu Mara ne l'oublions pas et c'est seulement après qu'il s'est éveillé. On ne peut pas jouir de tout avant d'avoir mis en lumière dans toutes les zones d'ombres de notre psyché, de notre inconscient. Etre un vrai Bouddha ou un sage comme Lao Tseu tranquillement assis sous un arbre a profiter du beau temps est le résultat naturelle d'une quête qui est arrivé a sa fin. Il est vain de vouloir sauter les étapes car tôt ou tard nous serons rattrapé par ce que nous avons voulu ne pas voir. Il faut donc franchir toutes les étapes les unes après les autres avec patience. C'est a mon avis une erreur de vouloir aller trop vite et de faire semblant de jouir de tout alors qu'on en est pas encore capable...

      Douglas

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    2. Merci Véronique ! Je connaissais cette injonction d'Abhivanagupta, mais dans une traduction moins directe : http://jubilarium.blogspot.ca/2014/08/realite-absolue.html et je préfère celle que vous proposez ici. Mots percutants, en effet, qui ouvrent le coeur à la vérité vivante.

      @Douglas : ces mots d'Abhivanagupta (maître tantrique vers l'an 1000) sont un énoncé de la voie abrupte qui ne réclame aucune étape. Mara est le diviseur (dia-bolein), celui qui nous fait croire qu'il faudrait encore que nous soyons différents de ce que nous sommes, qu'il faudrait (com)prendre ou laisser quelque chose, pour enfin devenir ce que nous sommes. Celle ou celui qui comprend entièrement cette injonction d'Abhivanagupta n'a pas besoin de s'éveiller car elle/il est sorti(e) de l'illusion que représente Mara justement. Elle/il est éveillé(e).

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    3. Oui Jean je connais bien la voie abrute puisque c'est celle que j'ai longtemps défendu mais je me suis rendu compte que personne ne pouvait comprendre entièrement cette injonction, le problème est la.

      Même le Bouddha ou une personne comme Nisargadatta ont eu des gourous pendant plusieurs années justement parce que ce genre d'injonction est techniquement impossible a comprendre.

      Cette injonction peut avoir un effet bénéfique pour avancer dans la vie mais je doute qu'elle puisse véritablement libérer comme le Bouddha pouvait être libéré.
      On peut croire qu'on est libéré, on peut même savoir avec certitude que l'on ai la Source sans que le psychisme soit vraiment purifié de la souffrance, on est juste assis seul au sommet d'une haute montagne a contemplé les hommes, je connais bien ça...

      Mais finalement , selon moi, et c'est la vision que le Bouddha avait, tant que l'on souffre alors on est pas éveillé. Même si l'on souffre 1 heure tous les mois on est pas parfaitement éveillé.

      Et quand bien même cette injonction pourrait être comprise, elle donnerai la sagesse, la tranquilité mais pas la connaissance car de nombreuses choses dans l'univers sont cachés a la vue des hommes. Comment pourrait on être un Bouddha sans connaitre tous les mystères de l'univers ?

      Mara est bien le maitre de la souffrance mais nous portons tous de la souffrance en nous , à différents degrés et cela signifie que Mara n'a pas encore été vaincu. Si ce genre d'injonction marchait vraiment , cela ferait longtemps que nous serions tous des Bouddhas.

      Douglas

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    4. Si le chemin est sans fin, alors l'éternité est maintenant.

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    5. Idem, je veux pas être rabat-joie mais dire que l'éternité est maintenant est impossible a comprendre pour 99,99 % des gens ne nous faisons pas d'illusion. Ce genre de phrase sonne bien mais il ne peut être que le propos d'un sage accompli...

      Douglas

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  3. Pour moi la grande majorité des problèmes peuvent être lu dans les rêves, ce sont en général des mauvais esprits ou démons qui sont responsables de nos souffrances, on les voit en rêves sous la forme de personne ou d'animaux méchants.
    Il y a toujours une cause de la souffrance dans l'au dela car l'au dela influence le monde de veille. Le combat doit donc se faire dans les deux mondes.

    Douglas

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  4. On me reprochera surement ma vision très chamanique des choses mais j'espère être sincère quand je parle :
    Il est difficile de tomber dans le désespoir total, en général cela mène au suicide, heureusement pour nous la pulsion de vie en nous est très forte en générale.

    Le désespoir comme la souffrance en générale à pour origine une perte de l'énergie vitale, énergie sucer par les forces de l'Obscurité parfaitement visibles quand on étudie les rêves et qu'on interprète trop souvent selon Freud ou Jung. Ces esprits malins se nourrissent de notre sang, comprendre de notre énergie vitale. Nous mêmes consommons allègrement et régulièrement du sang et de la chair en mangeant de la viande, il serait candide de penser - mais tellement égotique, tellement humain en fait - que nous sommes les derniers maillons de la chaine évolutive, l'Univers est immense, ceux qui cherchent encore des extraterrestres avec les ondes radios prennent bien l'Univers pour un parfait imbécile...

    Douglas

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    1. Je ne te reprocherai rien du tout pour ma part. Cette vision chamanique mérite d'être considérée et je suis d'accord qu'on a trop tendance à psychologiser les choses. Mais cela ne change rien au fait que le désespoir doit être traversé les yeux ouverts, comme la forêt des dix mille peurs que j'évoque à la fin de mon article sur "la voie du rêve" (http://voiedureve.blogspot.ca/2017/04/la-voie-du-reve_15.html). La question est toujours de savoir à quoi on s'identifie. Dans la perspective chamanique et en laissant les extraterrestres là où ils sont, je recommande la pratique du chöd : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chöd

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  5. Absolument les yeux ouverts, les 2 yeux et le 3 ème oeil aussi, l'oeil qui voit les rêves.

    En ce qui concerne le Chöd, je suis curieux mais assez sceptique.
    Souffler dans un fémur humain, offrir des nourritures sacrificielles dans un crane humain et essayer de se faire dévorer par un démon est certes passionnant mais n'est ce pas un peu morbide ?

    Douglas

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    1. Il ne faut pas s'en tenir aux formes traditionnelles, le chöd est un outil pour trancher au travers de la dualité. Par exemple, une excellente présentation dépourvue du folklore avec fémur et crane humain : Tsultrim Allione, Nourrir ses démons...

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    2. Il s'agirait d'un Chod allégé.
      D'après ce qu'elle dit dès les premieres minutes il s'agit de nourrir ses démons parce que les combattre les renforce...

      C'est une vision des choses intéressantes mais que je ne partage pas pour 3 raisons :

      1. Je crois que nos propres démons sont peu nombreux mais qu'il existe une quantité impressionnante de démons qui se baladent tranquillement dans la nature. Ce ne sont pas "nos" démons comme le laisse croire la psychologie qui veut absolument nous rendre responsable de tout mais "des" démons. Quand une personne nous agresse dans la rue pour nous voler, il ne s'agit pas de notre voleur à nous on est bien d'accord mais d'un voleur qui n'a absolument rien a voir avec nous. Ce voleur est influencé par les forces de l'Obscurité sans aucun doute. Un ami a moi vient justement de me raconter ce matin que sa boutique - une pizzeria - avait été braqué hier, la vendeuse fut frappée gratuitement par l'un des assaillants qui portait un tatouage de dragon...

      2. Je suis contre le fait de rétrocéder devant les démons sauf retraite stratégique pour reprendre des forces ou parce que la bataille semble perdu, il ne s'agit pas de chasser le démon en mode kamikaze. On doit aussi se battre pour gagner, chaque victoire étant une grande victoire pour soi même qui va augmenter notre puissance au sens large du terme. Avec le Chod il s'agirait plutôt d'une forme de soumission devant les forces obscures...

      3. Le fait que plus on se bat contre les démons et plus ils deviennent forts démontre selon moi que le Mal maitrise différents niveaux de magie noire et qu'ils les utilisent en fonction du niveau de son adversaire. On peut penser que le Bouddha a du véritablement connaître l'enfer car il était un adversaire redoutable et n'a pas rétrocédé.
      Evidemment on ne plonge pas dans la gueule du Dragon comme ça. Ça demande des années d'entrainement, une grande confiance en soi, une grande compréhension des forces naturelles qui dirigent le monde ainsi qu'une grand maitrise mentale et émotionnelle devant les forces qui peuvent être rencontrés.

      https://www.youtube.com/watch?v=bTQcFfniDvY

      Douglas

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  6. Merci Jean de faire contre poids à tout ces vendeurs d'"Eveil rose bonbon".
    Ceux qui prônent le "tout est parfait" avec un sourire de béatitude font de leur "station de réalisation" un absolu, ils n'ont fait que la moitié du chemin pourtant...
    Il y a un point dans ton article qui m'a fait réagir, aussi je témoigne ici d'une nuance qui me semble importante: lorsque tu dis qu'à un moment il convient de ne pas trop parler. S'il s'agit de déverser de la bouillie psychologique je suis d'accord, mais celui qui touche réellement son désespoir et est capable de le nommer, qui est capable de se dire sans artifices, alors qu'il parle pour craquer complètement, car tout ce qui n'est pas dit est retenu et toute rétention est un bloc d'insensibilité encore...

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    1. Je suis complètement d'accord, de la bouillie psychologique et bien plus qu'on ne le pense...il y a même des gens qui disent avec perdu leur âme et j'ai même lu que le chamanisme consisterait a retrouver son âme ou a bien l'encrer. Ils ont déja un père et une mère mais ça leur suffit pas , jamais content, toujours a se regarder le nombril...

      Douglas

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    2. https://www.youtube.com/watch?v=1DdshemKBFU

      Douglas

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    3. Merci Marie pour ce commentaire. Tu as raison : il est bon de parler si l'on est capable de nommer les choses directement, sans artifices ni psychologisation. Cela peut aider à faire face à la réalité. En fait, je ne crois pas avoir dit qu'il faut éviter de parler. J'ai dit qu'il faut éviter de servir à notre ami désespéré des platitudes du genre "tout est parfait" ou "tout ira mieux demain", qui témoignent surtout du fait que son désespoir n,est pas bienvenu, que nous le balayerions volontiers sous le tapis. Je suggère d'offrir notre écoute entière à l'ami désespéré, et donc d'être présent à son désespoir, d'écouter tout ce qu'il peut avoir à dire, de l'accueillir sans discuter. Finalement, je crois que le plus grand service que nous pouvions lui rendre est cette présence et cette écoute entières, et par-là de l'aider à revenir au silence. En effet, le piège qui va avec le fait de parler est que le désespéré continue de se raconter son histoire désespérante et tourne en rond dans celle-ci. La confluence qui consiste en abonder dans son sens, surtout s'il y a victimisation, ne vaut pas mieux que les platitudes mentionnées plus haut. Il risque fort alors de se complaire dans son malheur et de se convaincre qu'il est légitimement le plus malheureux des humains ayant vécu sur cette terre. Dans ce cas, il peut être bon de répondre à son histoire par un simple : so what ? (et alors ?) qui vient remettre les choses en perspectives...

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  7. Excellent article. Quel courage d'écrire ainsi dans la langueur de l'été ... Merci.

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    1. Merci Ariaga pour ce commentaire. J'ai écrit cet article il y a déjà quelques temps, à Montréal où la température est nettement moins langoureuse qu'en France cette année... :-)

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  8. Bonjour,

    Merci infiniment pour cet article qui m'a beaucoup touché. Je l'ai lu plusieurs fois cette semaine.
    Gravement malade depuis plusieurs années je suis passée par toutes les phases, notamment celle d'essayer de maintenir de l'espoir coûte que coûte quand mon corps me disait "je n'en peu plus". Cette course à l'espoir m'a épuisée, mais il fallait que je cours pour réaliser à quel point cela était vain.
    Depuis quelques mois la phrase du Christ "ne résistes pas au mal" fait son chemin dans mon esprit et se déploie avec toute la puissance de cette vérité simple. J'ai vécu plusieurs expériences d'angoisses intenses où j'ai arrêté de lutter, à ce moment là le désespoir est apparu pour ce qu'il était....c'est à dire rien du tout....une ombre qui s'agite mais qui n'existe pas par elle même...s'ensuit immanquablement une joie simple voir un rire qui dit : "oh je me suis encore fait avoir par cette illusion"....
    Je comprends de plus en plus que "résister au mal" ou lutter contre le désespoir, c'est reconnaître un pouvoir à quelque choses qui n'en a pas, c'est le chien qui a peur de sa propre ombre.
    Pourtant le désespoir revient malgré tout et souvent je me fait avoir de nouveau. J'ai l'impression que c'est comme un sport, il faut un certain entraînement avant que le regard soit assez aiguisé pour ne pas retomber subtilement dans la lutte contre le désespoir....

    Belle journée à vous

    Alexandra

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    1. Merci Alexandra pour ce commentaire qui pourrait aider d'autres lecteurs. En effet, il semble que la lucidité face au désespoir s'entraîne comme un muscle, et qu'on ne soit cependant jamais à l'abri d'un retour de l'illusion. Votre témoignage est précieux, en particulier quand vous évoquez ce rire, car dans votre situation vous démontrez qu'il ne s'agit pas de faire de la philosophie avec ces questions. Et en effet, cette parole du Christ est en l'occurrence plus directe et efficace que toutes les méditations.

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    2. Bonjour à tous,

      Et quelle maladie avez vous Alexandra si vous me permettez ma curiosité ?

      Il y a tellement de gens qui trainent des maladies, voir même des maladies " incurables " qui nécessitent simplement de changer certaines mauvaises habitudes...

      Le problème de la maladie est d'abord un problème d'information, le remède existe déja, quelque part, mais vous ne l'avez pas encore trouvé. Et si on ne l'a pas trouvé c'est un peu comme ses clefs de voiture, c'est qu'en général on a pas cherché au bon endroit, dans les endroits les plus improbables.

      J'ai mis plusieurs années pour trouver le bon remède d'un soit disant symptôme du colon irritable : c'est juste la graine de plantago avec un peu de bière tous les jours qui en quelques semaines seulement à guérit le problème définitivement...j'ai aussi réglé un problème de polyarthrite rhumatoïde que je trainais depuis 1 an en prenant simplement du bicarbonate de sodium et beaucoup de malades du cancer ont été sauvé grâce à ça aussi.
      Un français qui avait un cancer très avancé a entendu un jour dans son rêve une voix qui lui disait : "il y a tout dans la nature pour guérir" le Soi Jungien avait parlé, l'homme au bord de la mort mais fortement marqué par cette voix a donc fait une diète sévère de fruits et légumes durant 40 jours et il va très bien aujourd'hui.
      Je connais certaines personnes qui avaient des maladies déclarés incurables par la science et qui sont maintenant en pleine forme grâce à une alimentation naturelle.

      Douglas

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