dimanche 15 juin 2014

Le secret de Jung

Dans C. G. Jung et la voie des profondeurs, un ouvrage collectif paru à la Fontaine de Pierre sous la direction d’Étienne Perrot et de Francine Saint-René Taillandier, un épisode fascinant est rapporté au travers de l’analyse de « l’itinéraire intérieur d’un disciple de Jung d’après la mythobiographie d’Ernst Bernhard ». Ce dernier rapporte un rêve qu’il a reçu peu après sa première rencontre avec Jung le 14 octobre 1935 :

Je suis seul, chez Jung, dans son cabinet, en vue d’une séance d’analyse. Lui-même n’est pas encore arrivé. Dans un coin se dresse une sorte d’écran de poêle en parchemin clair. Je me sens irrésistiblement poussé à regarder ce qu’il y a derrière. Ce n’est surement pas une indiscrétion envers sa personne. Jung est assis derrière, afin de puiser, comme un primitif, un "medicine-man", du mana dans un "coin de force" sacré. Il manifeste un peu d’amusement enjoué de ce que, conduit par ma soif intuitive de connaître, je l’aie ainsi découvert. Il est compréhensif, libre de préjugé, et refuse d’écouter les explications que je lui donne pour excuser ma conduite.

On pourrait penser que Bernhard, un médecin allemand d’origine juive et très préoccupé de religion, expose simplement là ses projections à propos de Jung, un respectable psychiatre fort éloigné en apparence des chamans primitifs. Mais le plus étonnant suit. Bernhard raconte : « Lorsque je racontais ce rêve à Jung, il me pria de montrer le coin où il était assis dans mon rêve. Il me conduisit à l’emplacement que j’avais indiqué, alluma une lampe derrière un écran et tira un petit rideau. C’est ainsi que, pour la première fois, je vis une diapositive du suaire de Turin. Jung me dit : "vous êtes un véritable intuitif. C’est dans ce coin que je puise ma force, c’est là qu’est ma source." »

Le rêve de Bernhard a donc un caractère objectif. La projection est peut-être plutôt dans l’image que nous avons de ce que doit être un « psychiatre respectable ». Ressort là le préjugé moderne qui voudrait que notre psychologie, parce qu’elle est ancrée dans la rationalité, soit supérieure aux connaissances des cultures chamaniques et aux systèmes symboliques des gnostiques et des alchimistes, pour ne citer que ceux-ci, chers à Jung. Lui-même n’était pas dupe d’une telle illusion, qui a surtout pour fonction d’entretenir notre ego collectif avec l’idée d’un progrès dont nous serions le fruit : il disait que la psychologie pallie pauvrement à l’absence de mythologie vivante. Il soulignait par exemple que le dogme de l’Église Catholique fonctionnait à l’évidence comme un système psychothérapeutique. Dans de nombreux cas, il s’est contenté de reconduire la personne qui venait le consulter à la foi de ses ancêtres. Il en présente un exemple frappant en la personne d’une jeune femme juive et très intellectuelle dont la thérapie a été achevée le jour où elle s’est souvenue de ce que son grand-père avait été un tzaddik, c’est-à-dire un saint dans la tradition hassidique.

Il écrit : « De tous les patients ayant atteint la maturité, c’est-à-dire âgés de plus de trente-cinq ans, il n’en est aucun pour qui le problème ultime ne soit pas celui de l’attitude religieuse. En fait, chacun souffre d’avoir perdu ce que les religions vivantes ont apporté de tous temps à leurs adeptes, et aucun n’est vraiment guéri qui n’a retrouvé sa conception religieuse, sans aucun lien bien sûr avec une confession ou une appartenance à une Église… »

Jung est explicite sur ce point : la seule chose qui guérit, c’est l’expérience du numineux. Le terme « numineux » vient du latin numen, qui signifiait « présence divine ». L’étymologie de numen réfère à un hochement de tête, renvoyant à l’image d’une divinité faisant connaître sa présence en inclinant la tête. Jung a été fortement influencé par l’étude de Rudolf Otto sur le Sacré, parue en 1917, qui souligne le caractère à la fois fascinant et terrifiant du numen. La difficulté à laquelle se heurte notre moderne raison pour aborder ces questions, c’est qu’en présence du mystère, il n’y a plus de mots, plus de concept qui tienne. Devant le mysterium tremendum, tout se tait, tout s’incline. Le silence intérieur est tout à la fois le signe de la présence du sacré et le moyen d’y accéder, l’espace d’une possible rencontre, comme le laisse entendre le terme « mystique » qui renvoie étymologiquement à « muet ». Mais dans ce silence, il y a des images vivantes avec lesquelles il est possible de dialoguer, et c’est ce mystère qui a fasciné Jung : dans la nuit la plus complète de l’inconscient, les images intérieures donnent une lumière, la lumière de la nature (lumen naturae) dont parlait Paracelse, qui permet toujours d’éclairer l’endroit où l’on pose le pied, guère plus loin, et qui conduisent au-delà de tout ce qu’on pouvait penser.

Il avait une connaissance intime de ces choses, qui transparaît dans ses écrits. Il enfonce ainsi le clou : « Ce qui m’intéresse avant tout dans mon travail n’est pas de traiter les névroses mais de me rapprocher du numineux. Il n’en est pas moins vrai que l’accès au numineux est la seule véritable thérapie et que, pour autant qu’on atteigne les expériences numineuses, on est délivré de la malédiction que représente la maladie. La maladie elle-même revêt un caractère numineux. » Quand la maladie elle-même revêt un « caractère numineux », c’est que la vie toute entière a retrouvé son caractère d’aventure sacrée ; elle est alors rachetée, justifiée au sens qu’elle a restaurée sa propre justesse, sa droiture intrinsèque. On peut dire alors, dans un vocabulaire tombé en désuétude, qu’une âme est sauvée ; elle a cessé de maudire sa propre existence, c’est-à-dire d’en médire en l’assimilant à un non-sens, à une absurdité vouée seulement aux jeux du hasard et de la nécessité.

Les biographes de Jung soulignent comment il n’a eu de cesse, finalement, de répondre au drame intérieur que vivait son père, Paul Jung. Ce dernier était un pasteur qui avait perdu la foi, et qui avouait en privé ne plus croire à ce qu’il prêchait. Avec les progrès de la science, c’est tout un édifice fondé sur des croyances littérales qui s’est ainsi effondré à la fin du XIXème siècle, et nombreux sont ceux qui se sont retrouvés pris sous les décombres. Il y a ainsi des prêtres qui ont commencé à expliquer que Jonas n’avait pu être avalé par une baleine car celle-ci a des fanions empêchant d’ingérer un si gros morceau, mais qu’il devait bien sûr s’agir d’un grand requin. D’autres ont jeté le bébé avec l’eau du bain et sombré dans une crise de foi qui traduit leur indigestion de certitudes mal placées. Dans l’un et l’autre cas, on peut simplement relever l’absence d’intelligence symbolique.

Les symboles relient les différents plans d’existence avec une trame de sens, et en particulier une image consciente avec différents ordres de signification inconsciente. Ainsi n’est-il nullement nécessaire de croire en la virginité littérale de Marie pour appréhender le mystère de l’Incarnation du Divin ; au contraire, une telle croyance aveugle peut voiler les profondeurs symboliques de l’image, qui ressortent quand on sait que dans l’Antiquité, on disait d’une femme qu’elle était vierge même si elle avait eu des amants, mais qu’elle affirmait sa liberté et le fait de n’appartenir à personne. Plus avant, Maître Eckhart a souligné comment le Divin n’a de cesse de renaître dans l’espace vierge de l’âme, à jamais inviolable, intouchée par le monde. Le Christ est dans cette perspective symbole de la lumière de la conscience renaissant dans l’âme, le Nouveau dans la fraîcheur éternelle de l’instant présent. Il est donc frappant de constater comment Jung, en réponse à la crise spirituelle dans laquelle s’est forgée notre modernité, s’est fait le héraut de l’intelligence symbolique. Mais le danger demeure d’une approche intellectuelle des symboles alors que ce sont des réalités vivantes, et c’est là que Jung a ouvert une voie inédite où l’esprit des anciens chamans s’allie à la modernité de la psychologie.

En réponse à la question « croyez-vous en Dieu ? », le vieux Jung a laissé échapper « Je ne crois pas, je sais ». Le vœu du jeune Jung, qui refusait de croire mais voulait expérimenter, a été exaucé : il a eu une expérience brûlante du numineux, qui ressort en particulier dans le Livre Rouge, le journal intime de ses imaginations actives. C’est ce qui ressort du rêve de Bernhard et de son récit : Jung ne se payait pas de mots, il entretenait une relation vivante avec le mystère – l’image du medecine man est appropriée car il est devenu la « médecine » qu’il a cherchée. Il le dit à Robert Johnson : « Rappelez-vous, ce qui guérit, ce n’est pas ce que vous dites ou faites, c’est ce que vous êtes. » Il affirme aussi en de nombreux endroits que le Christ est une image du Soi incontournable en Occident, mais il ne fait pas dans la métaphysique ou la théologie, il utilise cette image comme le ferait un chaman, en en faisant une source de mana, de numen.

Jung mentionne dans une entrevue qu’il a livré le secret de l’Œuvre dans son livre Aïon. Cela m’a intrigué et bien sûr, je suis parti à sa recherche. Combien de fois suis-je passé à côté sans le voir ? Et puis c’est devenu une évidence. Ce secret n’a jamais été caché ; on peut le dire, mais qui saura en faire usage ? C’est une attitude intérieure, qui ressort dans les paroles qui ouvrent la Méditation sur le Fondement dans les Exercices Spirituels de Ignace de Loyola :

« L’homme a été créé à cette fin qu’il loue Dieu, notre Seigneur, qu’il lui témoigne sa vénération, qu’il le serve et sauve ainsi son âme ».

Jung donne ensuite l’interprétation psychologique, ou plus précisément sa reformulation en termes rationalistes, de ce texte car, justifie-t-il, « l’esprit moderne, malgré de sérieux efforts, ne comprend plus le langage théologique vieux de bientôt deux mille ans. Nous sommes non seulement menacés, mais depuis longtemps envahi par le danger que le manque de compréhension ne soit remplacé ou bien par l’insensibilité, l’affectation et la rigidité dans la croyance, ou bien par la résignation et l’indifférence. » La mission que s’est donné Jung, en particulier à partir du moment où il a commencé à comprendre la symbolique de l’Alchimie, ressort ici : il a tenté de jeter un pont entre les Anciens et les modernes, de façon que le trésor spirituel qui a nourri notre civilisation ne soit pas perdu, et que ne l’emportent ni le fanatisme ni l’atonie spirituelle. On peut penser qu’il préparait ainsi une nouvelle Renaissance, puisque celle du XVIème siècle s’est appuyée sur une relecture des textes de l’Antiquité…

Voici donc cette reformulation en termes modernes : « La conscience est engendrée dans le but qu’elle reconnaisse (loue) son origine comme venant d’une unité supérieure (Dieu), qu’elle considère attentivement cette source (lui témoigne sa vénération), qu’elle en exécute les arrêts et de façon responsable (le serve), et qu’elle procure ainsi à l’ensemble de la psyché un optimum de possibilités de vie et de développement (sauve son âme). »

On voit que Jung esquive toute métaphysique et théologie pour suggérer donc une attitude intérieure. De ce point de vue, il est impossible de distinguer l’expérience du divin et celle de l’inconscient, source d’images archétypiques ; en disant « inconscient », nous disons juste que nous ne savons pas ce que c’est, que nous ne pouvons y accéder directement en conscience. Cependant, cela « parle » en images de rêve, en émotions et sensations, etc. Pour Jung, la religion consistait à prêter une attention scrupuleuse aux mouvements de l’âme et non à s’accrocher à des croyances aveugles. Il était bien un mystique, au sens où il se fondait sur l’expérience directe dans le silence, mais non dans celui, péjoratif, d’un oubli de la terre pour aller dans des hauteurs spirituelles. À un jeune homme idéaliste, il donne en 1929 cet avis qui laisse enfin entendre combien il prend le parti de l’humain et de la vie terrestre, et quel est selon lui le rôle de la conscience dans le mystère de l’Incarnation :

« Plus Dieu est proche, plus le danger est grand. Dieu veut naître dans la flamme toujours plus haute de la conscience humaine. Et si celle-ci ne plonge pas ses racines dans la terre ? Si ce n’est pas une maison de pierre capable d’abriter le feu divin, mais une misérable hutte de paille qui prend feu, se consume dans les flammes et disparaît ? Dans ces conditions, Dieu a-t-il pu naître ? Il faut pouvoir supporter Dieu. C’est le devoir suprême du porteur de l’idée. Il doit être l’avocat de la Terre. Dieu s’occupera de ce qui le concerne. Mon principe intérieur est Deus et Homo. Dieu a besoin de l’homme pour une prise de conscience, de même qu’il a besoin de la limitation dans le temps et dans l’espace. Soyons donc pour lui limitation dans le temps et l’espace, un tabernacle terrestre. »

32 commentaires:

  1. J'ignorais que Jung s'intéressait au Saint Suaire,
    mais je crois qu'on en parle ici :
    http://marielouisevonfranz.free.fr/Articles/demeuresdejung.pdf

    Extrait :
    « Nous ressentons plus d’émotion encore, si possible, en
    pénétrant dans son cabinet de travail : minuscule pièce où Jung
    psychanalyste recevait ses patients.
    Il y fait sombre. Tournés vers le Nord, les vitraux filtrent la
    lumière qui effleure une petite table, quelques objets, un
    bouddha, une gravure du Saint Suaire qu’Andreas Jung a
    retrouvé il y a peu, au grenier.
    D’intuition, il a fixé la gravure
    face à la table, avant de savoir que c’est l’endroit précis où son
    grand-père l’avait lui-même placé. »

    Diapositive ou gravure...ça n'a pas d'importance...mais c'est vrai qu'il n'y a pas plus "mystérieux" que cette image du saint Suaire...et à la fois, il n'y a pas plus "concret" puisque c'est la seule "image" de Jésus qui puisse - peut-être - être authentique...

    Oui, Jung a défendu "l'intelligence symbolique" permettant ainsi de sortir du conflit entre "foi aveugle" et "rejet systématique de tout ce qui n'est pas accessible à la raison".

    Le symbole est justement ce qui fait le pont entre "visible" et "invisible"...cet invisible dont les chamans ont une expérience "directe"...et que Jung avait lui aussi exploré personnellement.

    La place qu'il réservait à la théorie est bien résumée dans ce conseil qu'il donnait :
    "Apprenez vos théories aussi bien que vous le pouvez, puis mettez-les de côté quand vous entrez en contact avec le vivant miracle de l'âme humaine."

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    1. Merci pour ce commentaire. Tout tient en effet au "vivant miracle de l'âme humaine"...

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  2. ...et au vivant miracle de TOUT ce qui existe...

    je crois que, quand on réalise (et ressent) qu'il n'y a pas un seul endroit d'où le "mana" soit absent...(mana qui n'est pas très différent du Chi des chinois ou du "prana" des Indiens)...et que la "force" est partout...on n'a plus même plus besoin d'un "coin sacré"...

    J'ai trouvé une définition du chaman qui me plaît bien...la voilà :

    "Le chaman sait et voit que tout a une âme, un esprit, que tout est vivant et participe à un unique réseau d’énergie vitale.
    L’homme est uni au monde qui l’entoure : minéral, végétal et animal, ces éléments ne vont pas les uns sans les autres."

    A-t-on vraiment besoin de "se rapprocher du numineux", de la "présence divine"...sachant qu'elle est "partout" ?

    Dans l'Evangile de Thomas, on trouve le passage suivant :
    " Je suis la Lumière, celle qui est sur eux tous. Je suis le Tout, et le Tout est sorti de moi et Tout est revenu à moi.
    Fends le bois, je suis là, soulève la pierre et tu m'y trouveras ! "

    Le Christ-Soi apparaît là où chacun a le plus de facilité à le voir...
    Parfois dans l'image du Saint-Suaire...parfois au coeur du bois...au coeur de l'homme... et même parfois "sous la pierre" ! :-)

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    1. Quelle bonne question, chère Licorne ! A-t-on vraiment besoin de se "rapprocher du numineux"... sachant qu'il est partout ? Tout dépend à partir de quel point de vue on répond. Si c'est à partir de la conscience de l'omniprésence du numineux, non, bien sur, on n'a pas besoin de s'en rapprocher. Tout au plus s'agit-il de s'ouvrir à cette présence si on l'a "perdu de vue", d'en prendre conscience si on en est inconscient...

      En fait, le véritable mystère est là. Non pas dans l'omniprésence du numineux mais dans le fait qu'on puisse passer à côté sans le voir, qu'on puisse se fermer à cette Présence. La tradition juive a une explication très intéressante: le tsimtsoum - quand Dieu a créé le monde, Il a pour ce faire retiré Sa lumière; Il S'est retiré Lui-même pour que le monde puisse être. En termes psychologiques, cela se traduit ainsi: quand le Soi a créé la conscience relative, il s'est retiré de cette conscience - il l'a créée inconsciente de sa présence. S'il n'en était pas ainsi, il n'y aurait pas d'aventure de la conscience à la recherche du Soi, ni rien de ce qui fait de nous des humains et qui réclame une bonne dose d'inconscience...

      Du point de vue de l'humain inconscient donc de ce que le Soi est partout, il est donc bien nécessaire de se rapprocher du numineux, de faire le chemin. C'est un chemin paradoxal puisqu'il reconduit à ce qui a toujours été présent. C'est une boucle, un cercle dont le centre est partout ! C'est pourquoi un éclat de rire salue l'accomplissement: tant d'efforts pour réaliser "cela" ? Ah, ah, ah !

      J'endosse complètement la définition que tu donnes du chaman, merci elle est lumineuse. Quant à ce que tu dis: "le Christ-Soi apparaît là où chacun a le plus de facilité à le voir", c'est selon moi l'énoncé même de la Liberté (avec une majuscule s'il-vous-plaît car elle est la signature de la conscience de Soi): le Soi est libre de toute forme, de toute image. C'est le secret, j'en suis convaincu, que les gnostiques et les alchimistes dissimulaient sous un langage abscons, car on passait au bûcher pour moins que cela à leur époque. Ils dissimulaient donc leur liberté aux yeux des inconscients qui croyaient "détenir la vérité" (la conserver en prison), et cependant se reconnaissaient entre eux aisément. Car la conscience reconnaît toujours la conscience, et la Liberté salue donc la Liberté...

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  3. je viens de lire ! Et il faudra que je relise ! très dense très nourricier ... cela me conforte effectivement dans ce que je perçois ressens et vis comme chemin spirituel... Merci de m'avoir indiqué ce texte !
    Il y a tellement à lire à méditer dans vos textes !

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    1. Qui parle de "culte" à part vous ? Vous ne comprenez sans doute pas ce dont il est question et vous êtes bien péremptoire s'agissant de Jésus et de son supposé masochisme. Ne seriez-vous pas en train de répéter une litote Nietzschéenne sur la culpabilité inhérente au judéo-christianisme ? C'est justement ce dont une lecture attentive de Jung peut nous guérir...

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    3. Je ne crois pas qu'on puisse parler de culte car la relation que Jung avait avec cette image est plus celle du vieux sorcier qui puise dans la source de mana, d'énergie. Il n'éprouvait pas le besoin que ce soit vu précisément parce qu'il y a des choses dans la vie qui préfèrent rester dans l'ombre discrète plutôt que de subir des jugements à l'emporte-pièce. D'autant plus chez un Suisse ! :-)

      Quant à ce rêve, merci de le partager ici, c'est une très belle image que je comprends mieux maintenant et vous avez certainement raison de le comprendre ainsi pour vous-même. Mais il ne me parait guère utile de projeter votre Jésus sur la relation que Jung entretenait avec cette image, dont j'ai de bonnes raisons de penser qu'elle était un peu plus complexe que ce que vous en dites ici. Mais cela nous entrainerait dans une discussion de toute l'Alchimie...

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    1. Oh si c'est ça, touchez tant que vous voulez... :-)

      Je suis bien d'accord que Jésus et Bouddha étaient bien humains, et ne sont finalement que l'idée que nous nous en faisons. Je ne sacralise pas ces images mentales mais je respecte le numen qu'ils symbolisent chacun à leur façon.

      Ce terme de "faiblesse" qui revient encore sous votre plume, après celle supposée à Jung, me donne à sourire, me laissant entendre qu'il est important pour vous d'être fort. Pour ma part, peut m'importe.

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    2. etre fort au sens large c'est a dire sage, savant libre, gai etc...n'est ce pas ce que nous recherchons tous, n'est ce pas la santé ? n'est ce pas ce que nous cherchons tous consciemment ou pas ?

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    3. la vol9onte de puissance , d'etre plus dont parle Nietzsche est ce que nous recherchons tous, cela nous importe , c'est cela qui vous a fait vous interesser aux reves, ecrire ce blog etc...

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    1. Je ne suppose rien. Supposez-vous que je suppose quelque chose ?

      Une litote Nietzschénne n'est pas une tare, pardonnez-moi si je vous ai blessé. C'est juste que ce que vous en disiez, ces histoire de faiblesse et de masochisme autour du judéo-christianisme, si vous y regardez bien, vous verrez que c'est une pensée très commune aujourd'hui, un jugement facile et de surface. On en guérit, au sens du Gai Savoir de Nietzsche précisément, alors on "gai rit" au lieu d'attaquer les autres...

      Vous savez, Jung s'est beaucoup intéressé à Nietzsche, il lui a même consacré un séminaire complet : Jung's seminar on Nietzsche's Zarathustra. Pour lui, Nietzsche s'est cassé la figure écrasé par son idée du Surhomme, et il en a tiré la sagesse de rester aussi humain et sur terre que possible, de ne regarder personne de haut...

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    3. Vous êtes entièrement pardonné... :-)

      Soyez rassuré, il m'arrive des pensées tout à fait communes moi aussi.

      Ah ! Merci pour cette honnêteté dont vous faites preuve en parlant de votre sentiment de supériorité, dont je dois dire qu'il transparaissait dans la façon dont vos commentaires précédents portaient des jugements péremptoires. Il est inévitable dans ce travail intérieur d'aller dans une profonde solitude mais le sentiment de supériorité est un piège qui isole du reste de l'humanité. C'est souvent le revers, je suppose que vous le savez très bien, d'une profonde souffrance, d'une peur de l'infériorité (ou de la "faiblesse", de la vulnérabilité). Bien sûr, on se sent différent... mais quand on regarde d'assez près les êtres humains, on voit qu'ils sont justement tous différents, uniques...

      Quant à cette "superficialité" dont vous parlez, il est vrai que la plupart semblent s'accrocher aux seules apparences, mais en réalité, sous la surface, il y a toujours un être sensible qui vit au profond. En bref, il faut faire attention à ce que cette "superficialité" prêtée aux autres ne soit pas le reflet du fait qu'on resterait nous-mêmes à la surface dans notre relation avec les autres humains...

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    4. Nexus, je me permets d'attirer votre attention sur ce texte : http://jubilarium.blogspot.ca/2015/04/conscience-du-coeur.html qui met fort bien en lumière selon moi le problème de la spiritualité qui supériorise, et montre un autre chemin...

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    1. J'ai pour règle de ne pas effacer les commentaires tant qu'ils ne sont insultants pour personne, et je n'ai aucune raison d'effacer les vôtres qui expriment votre point de vue. Je vous en remercie et je ne mets pas en doute que vous ayez approfondi ces sujets. Je suis bien d'accord que tout est double, marqué au sceau de la dualité, et j'apprécie que vous fassiez ressortir la relativité de tout cela.

      Je ne réponds pas aux autres messages que vous avez posté aujourd'hui car j'espère avoir rendu assez clair qu'autant je respecte votre vision comme étant la votre, autant il me parait difficile de statuer définitivement sur Jésus, Bouddha ou même Jung, leurs motivations et qui ils étaient. Encore une fois nous ne pouvons parler que de l'idée que nous nous en faisons. Au fond, quoique nous en disions, moi y compris bien sûr, ce sont des projections, c'est-à-dire des occasions d'examiner comment nous "rêvons" le réel, tout ce que nous ne voyons pas directement.

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    1. Bon finalement, je dois dire que je m'accorde entièrement avec votre dernier mot aujourd'hui : "jesus le bouddha ou jung sont des gens comme nous", ce qui a pour implication que nous pouvons nous aussi devenir comme eux, connaître ce qu'ils ont connu. Et oui, il convient de se débarrasser de l'idée qu'on s'en fait pour aller notre propre chemin, c'est d'ailleurs précisément ce que recommandait Jung mais peu importe n'est-ce pas ? Même s'il ne l'avait pas recommandé. Je crois que nous sommes bien d'accord là-dessus ;-)

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    3. Une anecdote interessante concernant Jung est son refus de rencontrer Maharashi. Il savait sans doute que M allait lui parler de la conscience absolue et impersonnelle dans laquel ou grace a laquelle apparaissent l'etat de veille et l'etat de reve. M etait assez demotivant en verité, il expliquait aux gens qu'ils n'etaient pas leur corps ni leur esprit et que donc les reves etaient futiles et qu'il fallait surtout retourner a soi meme, au Soi impersonnel.
      Nisargadatta avait une opinion moins tranchée a certaijns moment, il reconnaissait la superiorité et la seule existence de la Conscience Absolue mais avouait parfois aussi que le monde de la realité et des reves etaient aussi un part de nous memes comme les rayons du soleil avec le soleil.
      Personnellement je me suis dabord interessé a la conscience absolue mais j'ai ensuite decidé d'aller vers les reves et c'est parce que je voyais la conscience absolue comme une impasse un peu comme le fit le Bouddha en redescandant de l'etat de felicité que lui avait enseigné les sannyasins de la foret a travers la meditation. Il y vit une impasse pour celui qui cherchait comme lui des reponses biens humaines. Ceci explique pourquoi il decida d'abandonner ses maitres sannyasins pour continuer seul...et c'est la principale difference entre l'indouisme et le bouddhisme.

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