mercredi 11 août 2021

La voie étroite

 


Temps de lecture : environ 30 mn.

Lorsque j’ai publié mon dernier article "le recours aux forêts", il s’est produit une série de synchronicités qui ont retenu mon attention. J’en ai parlé rapidement en Post-Scriptum de ce texte. Tout d’abord, à peine avais-je posté mes réflexions que j’ai reçu une notification de publication sur un de mes blogues favoris, en dormance depuis quelques temps, d’un texte de Carl Jung tiré de « Présent et Avenir » qui résonnait de façon remarquable avec mon propos. Le vieux sage de Küsnacht nous mettait en garde, dans ce livre publié à la fin des années 1950, contre le danger d’une massification de nos sociétés,conct c’est-à-dire la disparition de l’individu au profit d’une masse manipulée par tous les moyens à la disposition d’une oligarchie. Il craignait surtout l’emprise totalitaire de l’État selon le modèle soviétique et n’envisageait pas clairement comment le marché pourrait servir de paravent à une telle emprise, mais son diagnostic s’avère, plus de 60 ans après sa publication, incroyablement juste et visionnaire. Cela montre à quel point ce que nous vivons actuellement est le fruit de tendances lourdes dans la psyché collective et la société, et non le résultat d’un plan élaboré sur le coin d’une enveloppe par quelques individus mal intentionnés. Si tant est qu’il y ait un tel plan, il s’insère dans une évolution archétypale qui est la trame même de notre civilisation techno-industrielle. Mais surtout Jung proposait aussi dans ce livre un antidote à cette annihilation de l’individu, plus actuel que jamais, sur lequel je reviendrai au cours de cet article pour proposer des avenues de résistance à la psychose collective qui est en train de s’emparer de notre monde...

Je ne saurais donc que vous recommander de lire très attentivement « Présent et avenir », sans doute un des livres de Jung les plus facilement accessibles au non spécialiste, et donc tellement pertinent pour notre époque. A défaut, je vous invite à aller lire le post « l’individu et l’état » sur le blogue « Grands rêves ». En voici un extrait particulièrement en phase avec mon propos dans « le recours aux forêts » :

« L'individu se voit privé de plus en plus des décisions morales, de la conduite et de la responsabilité de sa vie ; en contrepartie il sera, en tant qu'unité sociale, régenté, administré, nourri, vêtu, éduqué, logé dans des unités d'habitation confortables et conformes, amusé selon une organisation des loisirs préfabriqués, l'ensemble culminant dans une satisfaction et un bien-être des masses qui constitue le critère idéal.

Par une représentation suggestive de la puissance de L’État, on cherche à susciter un sentiment collectif de sécurité qui toutefois, à l’opposé des représentations religieuses, ne fournit à l’individu aucune protection contre ses démons intérieurs. C’est pourquoi il s’accrochera encore plus à la puissance de L’État, c’est-à-dire à la masse ; et, alors qu’il est déjà socialement dépossédé, son âme succombera aux influences collectives, et il s’y livrera intérieurement.

La "massification" ne vise nullement à favoriser la compréhension réciproque et les relations entre les hommes. Elle recherche bien plus leur atomisation, je veux dire l'isolement psychique de l'individu. »


Jung nomme ici deux composantes clés de la dynamique totalitaire à l’œuvre dans notre monde. D’une part, il y a la puissance suggestive des autorités qui créent tout à la fois la peur qui ronge la masse et le sentiment de pseudo-sécurité qu’elles offrent à partir du moment où l’on s’abandonne à elles. D’autre part, il y a la destruction des liens sociaux qui conduit à l’atomisation et l’isolement psychique des individus.

Dans les réactions, nombreuses, à mon article, j’ai été frappé par la grande souffrance exprimée par plusieurs personnes qui subissent l’énorme pression sociale dont je parlais là. Certaines risquent de perdre leur emploi ou se font dire par des proches qu’on refusera de les rencontrer si elles ne se font pas vaccinées. Beaucoup se sentent stigmatisées parce qu’elles n’endossent pas le narratif officiel et craignent d’être rejetées en étant désignées comme de « méchant.e.s complotistes ». On jette dans le même sac toutes celles et tous ceux dont le ressenti profond s’insurge devant ce qui se passe, en particulier en France les postures autoritaires de notre Président bien-aimé en quête de réélection, et on les désigne à la vindicte populaire sans égard pour les dommages psychiques pour des personnes qui comptent généralement parmi les plus sensibles d’entre nous. Les chiens sont lâchés, et gare à qui tombera sous leurs crocs…

Mais c’est une autre synchronicité qui m’a beaucoup donné à réfléchir et travailler depuis que j’ai publié mon analyse. Dans l’après-midi qui a suivi, j’ai reçu un rêve étonnant. La rêveuse est une femme en émergence spirituelle avec qui j’avais parlé quelques mois auparavant pour expliciter des rêves perturbant mais tout à fait significatifs de son évolution intérieure. Je n’avais plus de nouvelles d’elle depuis. Elle a reçu ce rêve dans la nuit précédant ma publication et a ressenti une urgence à me l’envoyer le jour même en me disant que c’était sans doute un rêve collectif lié au COVID. Il faut préciser qu’elle ne se sent pas vraiment concernée par la crise sanitaire, en tous cas pas au point d’avoir ce rêve. C’est en effet un rêve à portée collective qui cristallise de façon remarquable les angoisses qui agitent l’Inconscient, et nombre d’entre nous. Jugez-en vous-mêmes :

« Un phare est en feu, de l’intérieur. Un véritable brasier… La fumée qui s’en échappe est si noir et dense qu’on n’aperçoit plus le haut du phare. Se présentent à moi deux personnes costumées :

Le monstre de Frankenstein, ahuri, portant dans ses bras Marilyn Monroe qui s’est évanouie, intoxiquée par la fumée.

Je vois au loin des silhouettes humaines sur la plage, entre deux collines. Ces gens hurlent, prennent feu alors même que certains sont dans l’eau. L’un d’entre eux pointe son doigt vers le ciel pour désigner le coupable de ce nouveau brasier meurtrier : un avion noir, volant dans les nuages noirs provoqués par le feu ardent. Je comprends alors que c’est cet avion qui a déversé le feu sur ces gens et que ce feu n’est pas naturel puisqu’il prend même dans l’eau et ne vise que les humains. Il s’agit donc d’une arme, d’une attaque… La sirène d’alerte de la ville retentit pour avertir du danger. J’hurle : « mettez-vous à couvert ! »

J’entre à la hâte par une porte dans un immeuble. Je me retrouve dans un placard avec un petit garçon terrifié. Sous la porte, je vois des pierres incandescentes tomber dans la rue, lâchées par l’avion. L’enfant et moi-même commençons à tousser, à manquer d’oxygène. Je dois ouvrir la porte alors que l’enfant me supplie de la laisser fermée. Je sors et constate un paysage de désolation. Tout est carbonisé par les pierres incandescentes qui recouvrent le paysage. Je vois un homme accroupi pour observer ces pierres, pour tenter de comprendre ce qu’il vient de se passer. Je regarde moi aussi ces pierres et distingues, entre les grosses pierres de feu, des cailloux plus petits, verts luisants. Je comprends que ces pierres sont hautement radioactives. J’hurle à cet homme de s’en éloigner. Je comprends que tout ceci est volontaire, il s’agit d’une arme de destruction massive et chimique destinée à détruire et à tuer l’Homme dans sa grande majorité.

Nous entrons, l’homme et moi, dans une maison pour préparer notre départ vers la forêt et s’y cacher pour un temps indéterminé. J’entends un drone noir volant s’approcher de la ville où nous sommes. A ce moment là, je sais qu’il vient pour vérifier s’il y a des survivants. Je crie à l’homme de se cacher. Je n’ai pas le temps de bien me cacher. J’entre dans une pièce sans porte et me recroqueville dans un coin. Le drone approche et entre dans la pièce. Je dois le détruire avant qu’il ne me voit. Je lui donne un coup de poing pour le mettre au sol. Sa lumière m’éblouit, je comprends que j’ai été filmée. Il est trop tard pour moi… Alors que le drone tombe au sol, je découvre la femme derrière, qui tient la manette pour le commander. Elle tient également une orchidée sous son nez pour filtrer l’air et lui éviter d’inhaler le poison ambiant qui est partout dans l’air. Elle me regarde surprise et parle dans son talkie, sur son épaule pour signaler ma présence (« il reste une survivante à détruire »). Si j’ai peur au démarrage de devoir mourir bientôt, je me rends vite compte que cela est inévitable. De colère, je la frappe. Elle me répond en hurlant :

« Mais tu ne comprends pas !? C’est un virus et il ne peut y avoir de vaccin pour tout le monde ! »

Elle est à genoux, elle est honteuse. Je sais qu’elle est vaccinée mais semble regretter ce qui se passe. Je lui dis alors :

« Je préfère mourir et rejoindre mon Ange avec qui je communique depuis toujours que vivre dans les ténèbres de l’ignorance comme toi. »

Des hommes en noirs arrivent à bord de voitures et d’hélicoptères noirs pour me tuer. Ma fin approche. La fin de tous ceux que j’aime approche. Impuissance, résilience… Il va falloir mourir quoi qu’il en soit… »

Dessin du rêve par la rêveuse

Ce rêve m’accompagne depuis que je l’ai lu. Je l’ai emmené marcher dans la montagne. J’ai discuté avec la rêveuse des possibles interprétations qu’on pouvait lui donner. Je l’ai publié dans le groupe Facebook « à l’écoute des rêves » en exposant la synchronicité et en invitant à résonner à ces images. J’ai été frappé par le peu de résonances qu’il a suscité dans un premier temps, comme si la plupart étaient tétanisés par ce qu’il évoque. J’ai reçu en privé des messages m’exprimant l’horreur ressentie à la lecture de ce rêve, la certitude partagée par de nombreuses personnes de ce qu’il décrit le fond de notre situation collective, et un grand désarroi dont je me faisais l’écho en parlant plus haut de la souffrance psychique ressentie par nombre d’entre nous. Je n’ai pas d’interprétation définitive à en proposer mais j’ai au prime abord compris ce rêve, et le fait qu’il me soit parvenu à ce moment précis, comme une interpellation de l’Inconscient, en forme de :

- Tiens, puisque tu oses parler de cette psychose collective, voilà de quoi aller sur le fond du problème…

En effet, même si nous sommes tou.te.s plus ou moins tétanisé.e.s, moi y compris, devant la violence de ces images intérieures, c’est notre tâche – du moins la mienne et celle des pompiers sur le front de l’incendie des rêves – que de les regarder en face et de chercher à les expliciter, c’est-à-dire à entendre ce que l’Inconscient cherche à nous dire. Il y a là quelque chose qui pourrait être psychiquement et spirituellement salvateur. En marchant avec lui, il m’est apparu que ce rêve contenait tout à la fois l’énoncé du problème et sa solution, qui ressort explicitement. Bref, je remercie de tout cœur la Source des rêves car il y a là un cadeau précieux qui m’a aidé pour ma part à déterminer quelle réponse donner à ce que nous vivons collectivement. En effet, il ne suffit pas de se réfugier dans la forêt intérieure, « lieu où quelque chose de neuf peut grandir », me disait un commentaire à mon article. Il faut aussi sortir du bois, et pour détourner en souriant un mot d’actualité, il faut « manifester » la lumière essentielle qui peut éclairer le chemin, la voie étroite…

Mais avant de proposer des éléments d’interprétation à ce rêve et exposer ce que je perçois à ce point de cette voie étroite – je fais allusion encore par ces mots à un des commentaires reçus en réponse à mon article –, je dois expliciter plus clairement peut-être le cadre dans lequel je travaille ces images. Plusieurs personnes ont répondu en effet à mon analyse du rêve présenté en introduction du « recours aux forêts » qu’elles n’étaient pas convaincues qu’il faille entendre ces images de façon purement symbolique. On m’a prêté là un certain « optimisme » qui m’a fait sourire : c’est en effet extrêmement optimiste de ma part de pointer une psychose collective en train de déferler sur notre monde et de prévenir de la mise en place d’une dynamique totalitaire ! Le comble, c’est en effet qu’un tel énoncé soit finalement optimiste en regard des images qui agitent l’Inconscient puisqu’il est question, en particulier dans ce rêve, de destruction plus ou moins totale de l’humanité. Et je reconnais volontiers que je me suis un peu avancé en disant :

« Je ne crois pas que l’inconscient cherche à nous prévenir de ce que les vaccins contre le COVID vont tuer tous ceux qui se les font injecter. Ici, il s’agit à l’évidence d’un symbole. »

Je maintiens que je ne crois pas… car je me tiens pour ma part dans le non-savoir. Je n’achète ni le narratif officiel, ni les fantasmes de peur de celles et ceux qui jouent aux sauveurs de l’humanité en alimentant la psychose. Ce n’est pas la mort, pour ma part, qui m’inquiète et je n’ai pas besoin d’imaginer un terrible complot pour voir se profiler une destruction de ce qui fait notre humanité, et c’est celle-ci qui m’inquiète. Tout est possible... et peut-être allons-nous tous mourir bientôt, mais dans ce cas, je mourrai en humain conscient de mon humanité. Et celle-ci me semble nous commander d’éviter d’alimenter le brasier collectif en y déversant nos peurs, notre défiance envers les autorités et tout ce qui peut susciter encore plus de division et de haine. Il est de notre responsabilité – response ability : capacité de répondre – d’apposer autre chose à l’évolution apparemment catastrophique, avec ou sans complot1, de notre humanité. Apposer, et non « opposer », c’est-à-dire poser en face plutôt que d’entrer dans une lutte, un combat « contre ». Quant à ce que nous affirmons sur la situation, je crois que plus que jamais doit s’appliquer le filtre de Socrate2, qui consiste en quelques questions absolument nécessaires à se poser avant de jouer les Cassandre :

- Est-ce vrai ? Comment puis-je m’assurer que c’est vrai ?

- Si je ne suis pas certain que ce soit vrai, est-ce que cela fait du bien ? Est-ce que c’est bon à dire et à entendre ?

- Si ce n’est ni certainement vrai, ni vraiment bon, est-ce au moins utile ?

Socrate

Si cela ne répond à aucun de ces critères, à quoi bon en parler ? Qu’est-ce que cela apporte ? C’est là, sans doute qu’un certain travail sur soi, et en particulier un examen de l’ombre personnelle, s’impose avant de prendre la parole, surtout quand celle-ci est empreinte d’émotionnalité et alimente l’angoisse, le désarroi. Pour ma part, je n’ai pas de certitudes et je n’éprouve pas le besoin d’en chercher ni d’en vendre. J’invite plutôt à penser et à méditer, et non à croire ou à gober des demi-vérités douteuses. Je propose une réflexion qui se veut approfondie, quitte à ce que mes articles soient (très) longs (comme celui-ci), car il me semble important d’aller toucher à la profondeur de ce qui nous arrive. C’est de là, seulement, que pourra jaillir une lumière.

Je ne crois pas… et sans doute me suis-je trop avancé en disant « à l’évidence, il s’agit ici d’un symbole ». Pour beaucoup, ce n’est pas une évidence, et ils ne comprennent pas la nature du symbole. Ils ont l’impression que si c’est un symbole, cela invalide la possibilité que ce soit une réalité. Alors qu’en fait, si vous en référez comme je le fais à Jung, un symbole est une réalité vivante dans la psyché, une réalité psychique et dès lors porteuse de signification, et cela indépendamment de la réalité physique. Par exemple, Jung a écrit un livre sur les soucoupes volantes dans lequel il ne discute pas de la réalité physique, ou non, des OVNIS, mais de ce que leur observation signifie pour notre époque…

Il ne s’agit pas donc de « psychologiser » ou de réduire à une dimension symbolique ce qui pour certains est une réalité qui saute aux yeux. Il s’agit plutôt d’ouvrir à la profondeur symbolique et archétypale des choses, et pour commencer, de s’en tenir à une rigueur méthodologique avec les rêves. Et puis dans tout ce qui est affirmé de tous les côtés, il y a des choses complètement délirantes parfois, il faut le dire aussi. Je pense par exemple à la cabale des QAnon, que je n’achète pour ma part pas du tout, d’autant qu’elle nous vend le Trumpinet comme un sauveur de l’humanité – non merci ! Mais là aussi, il faut se garder d’entrer dans une polémique pour accueillir le fond de ce qui se dit. Si même, parmi mes ami.e.s, il peut y avoir des personnes borderline qui ont du mal à distinguer la frontière entre leurs fantasmes et la réalité, ce n’est pas en les rejetant qu’on les aidera à revenir sur terre mais bien en les entendant. Jung souligne que dès qu’une personne se sait entendue, on évite le pire qui est l’isolement psychique, l’enfermement de quelqu’un qui ne veut même plus parler; on est en relation, et la relation sauve. Et puis il faut savoir que, bien souvent, les personnes qui vivent en Borderland3 amènent dans ce qui semble être pur délire des images créatrices, et finalement salvatrices si on sait les entendre, dont nous avons besoin pour élargir notre vision et notre compréhension de la réalité.

Il nous faut aussi regarder le danger de céder à la psychose collective qui est en train de s’emparer de notre monde, et examiner en quoi nous sommes susceptibles nous-mêmes de tomber dans une psychose paranoïaque. Dans un rêve que j’ai entendu aujourd’hui, la rêveuse accueillait chez elle une femme atteinte de psychose paranoïaque, et lui proposait de rester. Ce rêve témoignait de la conscience de la rêveuse de ses propres tendances paranoïaques et de sa capacité à composer consciemment avec celles-ci. J’aimerais ouvertement rencontrer plus souvent des rêves comme celui-ci, car le simple fait de voir notre propre folie permet d’éviter qu’elle ne nous submerge. On peut alors entrer en relation consciente avec elle. La paranoïa est en effet un phénomène naturel, qui est susceptible de tou.te.s nous affecter quand nos peurs entraînent un décollement du réel. Mais ce qui est beaucoup plus grave encore, c’est que le monde entier peut devenir fou et il est alors difficile de résister à la contagion délirante. C’est déjà arrivé en de nombreuses occasions. Je vous invite à regarder cette vidéo pour comprendre de quoi il s’agit quand on parle de psychose collective :



Je ne crois donc pas… mais cela ne m’empêche pas d’être complètement ouvert à toutes les opinions sincères, et en particulier aux angoisses de mes ami.e.s dit.e.s « complotistes » que j’écoute attentivement. Il se trouve que l’on peut montrer une corrélation4 entre le degré de spiritualité et la tendance à endosser des théories conspirationnistes, au point que l’on peut craindre que la spiritualité elle-même soit désignée un jour par les autorités comme l’ennemie à abattre. Je me passionne moi-même pour la spiritualité, j’accompagne souvent des personnes en émergence spirituelle, et j’ai donc beaucoup d’ami.e.s qui marchent sur ces frontières incertaines. Je me situe hors de la discussion du pour et du contre ces théories, même si nombre cherchent à me convaincre de rejoindre leur camp en me bombardant de références, car je m’en tiens à la position du non-savoir ouvert, et surtout je récuse la logique qui voudrait qu’il y ait des camps, et donc en filigrane une guerre.

J’ai assez dit que je ne croyais pas… alors je vais dire ce que je crois, qui fonde ma réflexion devant ce rêve. Je crois que nous sommes, archétypalement parlant, en face du Mal – le rêve le dit clairement – et que ce Mal va grandissant. Ce n’est pas nouveau, mais l’Ombre s’étend. Ce Mal, nous l’avons déjà contemplé dans les yeux au moment de l’élection du Joker (le président américain en 2016) et il coure dans notre monde depuis longtemps. Les gnostiques parlaient déjà de la prééminence du Prince de ce monde il y a 2000 ans. Une des vertus, et non des moindres, de la situation est d’ouvrir les yeux d’un certain nombre de gens qui dormaient devant leurs écrans de télé quand ce Mal a massacré une grande partie de la population rwandaise, mis le feu aux Balkans, jeté de l’agent orange dans les rizières vietnamiennes, pour ne prendre que quelques exemples récents. Ce Mal, on peut le caractériser comme l’archétype du diabolos, celui qui divise, qui sème la discorde, la haine et à terme, la guerre. Il a parti lié avec un autre aspect du diable, le Satan, c’est-à-dire l’Accusateur. Et quand je parle du niveau archétypal, je ne dis rien de la façon dont ces archétypes s’incarnent nécessairement pour pouvoir agir dans le monde. Il faut qu’ils trouvent des relais humains pour pouvoir se manifester. Il y a peut-être en effet des gens dont l’objectif est de nous diviser et nous jeter les uns contre les autres pour faire marcher leurs affaires. Mais je n’ai pas à lancer d’accusation car ce serait tomber à mon tour sous la coupe du diabolos et du Satan, et finalement servir le Mal. Je crois pour ma part que si nous voulons contrer le Mal, il n’y a qu’une possibilité et c’est de croître dans le Bien. C’est ce que nous enseigne par exemple le Yi-King, dont le commentaire de Richard Wilhem de l’hexagramme 43 « la percée » dit explicitement :

« La meilleure manière de combattre le mal, c’est un progrès énergique dans le bien. »

Hexagramme 43 - la percée (Yi King)

Il me faut enfin souligner que l’opposé du diabolos, son antidote pourrait-on dire, c’est le symbole, du grec sumbolon (σύμβολον) : ce qui réunit. Car entendre les symboles réunifie la psyché. Nommer ce Mal, mais surtout proposer un travail avec les symboles pour le contrer, voilà ce à quoi je travaille ici et ailleurs.

Certain.e.s me disent qu’ils détiennent des éléments probants pour instruire le procès d’un crime contre l’humanité, contre la Vie. Cela me fait hausser les épaules. Je ne suis pas juge et je n’instruirai pas de procès. Ces « preuves » sont souvent une façon d’enfermer la discussion dans une certitude, de ne laisser aucune place au doute fécond. Et puis je crois qu’en matière de destruction de l’humanité, il ne sert à rien de chercher un coupable à moins de se regarder aussi dans la glace : la plupart des théoriciens du complot n’ont pas pris conscience de notre responsabilité collective dans la catastrophe écologique en cours qui détruira sans doute la plus grande partie de l’humanité d’ici quelques décennies. Mais ce n’est pas tant ce qu’on croit être la réalité qui importe que la réponse éthique que nous donnons à celle-ci, par laquelle nous manifestons l’essence qui est au cœur de notre croyance. J’interroge toujours ces ami.e.s convaincus de détenir une terrible vérité : à quoi cela te sert-il d’affirmer cela ? Et surtout, admettant que ce soit vrai, qu’en fais-tu ? Nous savons bien que l’horreur existe dans ce monde : Dachau et Auschwitz ont bien existé... et depuis, il y a eu bien d’autres génocides monstrueux et des catastrophes d’origine humaine comme Bhopal, Seveso, Tchernobyl... des empoisonnements de masse et des dissimulations criminelles (Enron, l’industrie du tabac...), etc. Quoi de neuf ? Découvres-tu donc l’existence du mal ? Mais alors, que proposes-tu de répondre à l’évolution de notre monde ? C’est en interrogeant sincèrement la motivation fondamentale de ces affirmations, et où elles nous amènent, que nous pouvons arriver à leur vérité profonde, ce qu’elles disent de nous et de notre vision de la Vie. Et même si je ne crois donc pas à ces théories, j’en distingue bien souvent, tout comme Charles Eisenstein5, la valeur mythique : ce sont des images intérieures qui s’expriment là et décrivent en fait le fond archétypal de ce que nous vivons collectivement. Et même si ces accusations s’avéraient donc vérifiables, il faudrait aussi prêter attention à ce fond archétypal…

C’est le point clé pour saisir la démarche d’interprétation d’un rêve comme celui que je vous ai présenté plus haut. Je l’ai explicité dans ma réponse au commentaire de la Licorne, qui interrogeait mon « optimisme » quant à l’interprétation symbolique que je donnais « à l’évidence » de certaines images :

« Ce n'est pas vraiment "optimiste" de ma part d'envisager la portée symbolique de certaines images, mais cela tient de l'attention scrupuleuse à laquelle nous sommes contraints dans l'approche des rêves. Je n'exclue pas que certains éléments soient à comprendre littéralement mais cela n'ôte rien de les considérer d'abord dans leur profondeur symbolique. Pour ma part, je m'en tiens fondamentalement au "je ne sais pas" en faisant attention à ce que je pourrais projeter, car si je commence à alimenter l'idée d'une intention diabolique derrière ce qui arrive, j'alimente aussi la peur, la division, l'angoisse et la violence. Nous avons donc une responsabilité, en tant qu'oreilles tendues aux rêves, à ne pas répercuter sans prévention les fantasmes qui courent le monde et nourrissent la psychose. En outre, il faut considérer que le rêve vient toujours nous révéler quelque chose qui est inconnu à notre conscience. Si l'on envisage seulement le rêve sur un plan littéral, comme confirmant nos pires craintes, alors nous risquons fort de passer à côté du véritable enseignement du rêve, de l'inconnu qu'il cherche à amener à notre conscience. La plus grande prudence est de rigueur. »

La Licorne, quand j’ai écrit ces mots, n’avait pas connaissance du rêve que je rapporte ici et à l’abord duquel la nécessité de cette prudence redouble. Que pouvons-nous donc en dire ? Quelle interprétation proposer à ce rêve ?

Avant d’entrer enfin dans l’analyse des éléments symboliques, je vous dirai la première résonance qui m’est venue à l’esprit en écrivant à la rêveuse. C’est une phrase bien connue de Pierre Teilhard de Chardin, qui dit pour moi l’enjeu spirituel de notre temps :

« Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées, la pesanteur, nous exploiterons l'énergie de l'amour. Alors, pour la seconde fois dans l'histoire du monde, l'homme aura découvert le feu. »

Teilhard de Chardin

Je vous livre aussi quelques résonances recueillies à ce rêve dans le groupe Facebook « à l’écoute des rêves » :

« Si c’était mon rêve je l’associerais avec la situation actuelle. Je ferais le constat que la conscience qui guide les hommes (le phare supposé guider, orienter les marins en mer) est annihilée par le feu (pensées, émotions destructrices) lié à cette situation actuelle.

Le monde est sous l’emprise d’une crise collective. Je suis frappée par cette phrase :

« L’un d’entre eux pointe son doigt vers le ciel pour désigner le coupable de ce nouveau brasier meurtrier : un avion noir, volant dans les nuages noirs provoqués par le feu ardent. »

Les avions volent et ne sont pas en prise avec la terre. Pourraient-ils représenter des pensées qui deviennent destructrices parce que déconnectées du réel, ou, parce que déconnectés de notre intériorité, notre ombre se projette à l’extérieur, désigne des coupables ce qui ne peut mener qu’à la guerre, qu’à cette vision très duelle du « bien » se défendant d’un mal extérieur.

L’atmosphère est devenue en tout cas irrespirable, toxique voire mortelle. Je me sens menacée, impuissante à me dégager de cette psychose collective. Je cherche une porte de sortie, laquelle semble être un retour vers l’intériorité (se dégager de l’identification au mouvements de la masse), une prise de recul (se retirer en forêt) pour laisser émerger une conscience plus claire de notre situation individuelle et collective: « Je préfère mourir et rejoindre mon Ange avec qui je communique depuis toujours que vivre dans les ténèbres de l’ignorance comme toi. » »

Et :

« Frankenstein, la Bête. Marilyn, la Belle. La terre en feu, radioactive, en cendres, en violence. Nous vivons un moment de transition, de mutation, qui exige d’aller puiser dans ses ressources personnelles et ses propres stratégies pour trouver la capacité de se réinventer. Se cacher en est une. Se battre en est une autre. Il n’y a pas de jugement. Chacun fait ce qu’il peut pour survivre ou se retrouver intérieurement. La beauté est en nous. Grâce à elle, nous pouvons abandonner les restrictions que nous nous sommes imposées et établir un lien avec la partie la plus profonde de notre être. La puissance peut venir des souvenirs d’une vie passée. Accepter la mort de ce que nous connaissons et accueillir la possibilité de nous transformer est également une option. Ce (grand) rêve en montre partiellement le chemin. »

Et :

« D’abord ces trois couleurs : Rouge, Noir, Vert. Elles me racontent quelque chose de violent, de magique, de mystérieux, de rayonnant. Ensuite, la Direction commune brule, on perd le Nord. Des monstres fragiles (Frankenstein, Marilyn). Ne pas montrer que je suis vivant ? Impossible ! Derrière les machines, des hommes et des femmes qui peuvent prendre conscience… avoir honte…changer ? Je vais mourir et tous ceux que j’aime aussi mais j’ai trouvé un autre phare, intérieur celui-là, et immortel : mon Ange. »


Un grand merci aux personnes qui ont résonné à ce rêve. J’ai été bien sensible à la douleur et l’effroi qu’ont aussi exprimé certaines personnes devant ce rêve, et c’est à elles que je dédie cet article. Pour ma part, je veux souligner les éléments suivants :

- Un phare, symboliquement, est une lumière qui guide les bateaux à bon port. Le rêve dit clairement que ce qui est censé nous guider collectivement à bon port est en feu. On peut penser à une faillite des autorités, en particulier des autorités spirituelles, qui sont censées nous guider. Deux observations s’imposent : d’abord, le phare est un élément sémantiquement lié à la mer, c’est-à-dire symboliquement à l’Inconscient collectif. Les bateaux symbolisent volontiers la conscience naviguant sur les flots de l’inconscient. Il est donc question en filigrane de la psychose collective qui met en danger le lien entre les consciences individuelles et l’Inconscient collectif. Celle-ci s’est symbolisée ces derniers temps dans de nombreux rêves que j’ai entendus parlant de vagues monstrueuses submergeant tout, ce qui n’est pas sans rappeler un de mes grands rêves6. Mais il faut aussi observer que le feu, par contraste avec cette submersion, n’est pas seulement un des plus puissants agents de destruction. C’est aussi un agent de transformation radicale.

- Le couple « monstre de Frankenstein / Marilyn Monroe évanouie » est absolument typique. Il s'agit de deux "monstres sacrés" de notre mythologie moderne (voir mon commentaire à ce sujet). La rêveuse me disait son sentiment que le monstre a échappé à son créateur, ce qui pourrait évoquer l’hypothèse que le COVID est issu d’un laboratoire mais plus profondément, on peut y voir le monstre technologique qui prétend reconstruire l’humanité – par exemple avec le projet transhumaniste – qui aurait échappé à ses créateurs. Et nous avons là une représentation du couple archétypal de la Bête et la Belle. Cette dernière pourrait représenter le féminin asphyxié par notre rationalité technologique, et donc endormi – ce qui laisse espérer un réveil. Mais il faut aussi se souvenir que Marilyn est l’icône de la beauté suicidée par la superficialité du spectacle permanent de notre monde, détruite par l’identification à sa seule beauté extérieure sans égard pour son intériorité. Il y a peut-être là donc une image terrible de l’état de notre monde...

- C’est un avion qui déverse le feu, la mort. Nous avons là peut-être une évocation encore de la technologie, et comme il a été dit dans une résonance, d’une pensée qui ne touche plus terre, déconnectée du réel et désormais destructrice. Mais il est frappant aussi que la mort vienne du ciel, d’en-haut. Il y a là une profonde ambiguïté car on peut se demander si la destruction de notre monde ne serait pas voulue par le Soi, faisant partie d’un « plan divin ». Mais ce ne sont pas des Anges qui portent là le feu de l’Apocalypse, mais bien un avion. Alors, le symbole pourrait signifier que c’est notre hubris à nous prendre collectivement pour des dieux – et je renvoie encore là en particulier au projet transhumaniste avec sa visée d’immortalité – qui pourrait faire tomber le feu du ciel sur nos têtes. Et quel feu ? Un « feu ardent » qui prend même dans l’eau, ce qui est la propriété du phosphore, mot grec φώσφορος (phosphoros), qui signifie « porteur de lumière ». Bien sûr, il n’échappera pas aux esprits vifs que c’est aussi la signification de Lucifer, le porteur de lumière au nom terriblement ambigu qui n’est pas sans évoquer encore une fois le Mercurius alchimique, l’agent de transformation par excellence.

Ayant dit tout cela, je suppose qu’il sera clair à mes lecteurs que ce rêve recèle des profondeurs symboliques qui interdisent de le prendre seulement littéralement comme nous avertissant d’un terrible complot visant à détruire l’humanité. Il doit vraiment être pris au sérieux, c’est-à-dire écouté dans sa profondeur archétypal. La rêveuse et moi-même nous sommes interrogés sur le symbole de la radio-activité. J’ai commencé par faire un lien avec notre hubris à libérer le feu emprisonné dans la matière avec la technologie nucléaire, dont la dimension destructrice est évidente, particulièrement en ce jour où j‘écris anniversaire de l’holocauste de Nagasaki. Il se pourrait bien que la folie qui nous emporte en tant que civilisation ait pris forme en croyant percer les secrets de la matière, nous livrant par là à une fausse alchimie. Mais il me frappe aussi que la radio-activité soit une émission par la matière de lumière, une lumière mortelle mais suscitant aussi des mutations. Il est encore là question du feu transformateur...

Parmi mes ami.e.s convaincu.e.s de l’existence d’un projet destructeur de la plus grande partie de l’humanité, plusieurs ont réagi en me disant que ce rêve venait confirmer leur conviction de ce qu’un génocide par empoisonnement est en cours par le truchement de pseudo-vaccins, en réalité selon eux des agents d’une manipulation génétique de masse. Je suis obligé de leur faire remarquer que ce n’est pas du tout ce que dit le rêve, qui parle bien d’un poison, le virus… mais dit cette fois que le vaccin sert à protéger ceux qui répandent la mort. Cette fois, à la différence notable du rêve que je présentais dans « le recours aux forêts », ce n’est pas, selon le rêve, le vaccin qui est le poison. Sacré inconscient, il nous embrouille et surtout, il nous montre que nous ne pourrons pas lui faire dire ce qu’il ne dit pas, nous servir de lui pour justifier nos certitudes !

On retrouve là au niveau symbolique selon moi le poison de la peur associé au virus. J’en veux pour « preuve symbolique » que la femme qui pilote le drone assassin se protège du poison en tenant une orchidée sous son nez. Or l’orchidée est un symbole de pureté et de perfection spirituelles. Cela pourrait désigner clairement les gens qui jouent aux « chevaliers blancs » de la pureté spirituelle comme des agents de l’entreprise de mort qui nous accable. Ce sont souvent des personnes bien intentionnées qui sont obsédées par le Mal qu’elles voient dans le monde, chez les autres, et qu’elles éprouvent le besoin de « combattre ». Elles s’en font une « mission », et l’Histoire montre régulièrement à quelle extrémité de folie destructrice cela peut mener au nom du Bien auquel elles s’identifient. En d’autres termes, celles et ceux qui ne sont pas capables d’examiner leur ombre et qui répandent des miasmes de peur en se drapant dans leur supposée vertu seraient les complices objectifs de la psychose collective qui nous empoisonne. Ce thème du poison est bien sûr une des résonances étonnantes de ce rêve avec celui que j’ai présenté en introduction du « recours aux forêts », qui m’a fait pour le moins sursauter. Et je maintiens que le pire poison aujourd’hui répandu est donc celui qui nous divise et nous dresse les un.e.s contre les autres, faisant ainsi l’œuvre du diabolos, celui-qui-divise.

On peut interroger encore la dimension personnelle de ce rêve, en particulier dans la présence de cet enfant que la rêveuse protège. Je n’entrerai pas dans l’analyse de ce point. Mais je dois dire qu’elle m’a fournit des éléments attestant encore plus profondément de la nature collective des images de ce rêve. En effet, au cours de notre échange, elle m’a révélé qu’en fait, ce rêve était précédé dans son souvenir par une autre séquence onirique qu’elle n’avait pas jugé bon de me communiquer, la pensant toute personnelle. Dans celle-ci, elle était approchée par un homme « physiquement déplaisant » qui lui témoignait cependant un profond et sincère amour. Elle finissait par céder à cet « amour véritable » et il l’entraînait alors dans une piscine où elle avait peur de se noyer. Je passe sur un certain nombre de détails et je n’analyserai pas ici cette portion du rêve, qui a en effet une dimension personnelle. Mais j’ai souri quand elle m’a parlé de « piscine » car il s’agit précisément d’un symbole de l’inconscient collectif, qui a confirmé la nature archétypale des images qu’elle m’a envoyées. Et surtout, le "hasard" avec ses lunettes noires a voulu que je tombe, en ouvrant un livre que l’on venait juste de m’offrir, sur le passage suivant, dans lequel Jung explique :

« [ Jung parle du fait que le "joyau" est généralement méprisé ]. Personne ne voit la valeur du joyau. Si vous revenez aux symboles chrétiens concernant le Christ, dans la prophétie d'Isaïe, il est dit qu'il n'a aucune beauté et que son apparence est laide. Le serviteur de Dieu passe inaperçu et sa valeur n'est pas évidente, alors qu'il contient la valeur la plus élevée et qu'il est lui-même, en réalité, la valeur la plus élevée. »

Vous imaginez ma stupéfaction de tomber sur ces mots. Encore une synchronicité, décidément ! L’Inconscient (ou what ever se dissimule sous ce voile d’inconscience) semble vouloir à toute force que ce qui apparaît dans ce rêve soit clair comme de l’eau de roche. Et voilà tout à coup que la nature de ce qui approche la rêveuse au travers d’un tel rêve, et qui lui donne à voir de telles images, devient limpide. C’est le Soi, ou plus directement dit, c’est le Christ, l’incarnation de « l’amour véritable », l’Homme (Άνθρωπος, anthropos) pleinement réalisé dans sa double dimension de Ciel et de Terre, de divin et d’humain. Ainsi nous est-il donc montré tout à la fois le mal dans toute son ampleur et ce qui sauve car, comme le disait Hölderlin, que citait bien souvent Jung :

« Plus grand est le péril, plus grand est aussi ce qui sauve ».

Friedrich Hölderlin

En effet, le rêve nous propose très directement l’antidote à cette entreprise infernale :

Il ne s’agit pas comme Don Quichotte avant nous d’attaquer les moulins à vent de la désinformation, que ce soit le narratif officiel ou les alertes plus ou moins crédibles qui sont déversées sur Youtube. Il ne s’agit pas non plus d’une tisane aux aiguilles de pin ou d’une omelette aux champignons hallucinogènes. C’est l’attitude de la rêveuse qui nous montre très clairement le chemin quand arrivent les hommes en noir, représentants de l’Ombre. Elle n’a pas peur de la mort. Elle préfère rejoindre l’Ange avec lequel elle communique plutôt que de vivre dans les ténèbres de l’ignorance, de l’inconscience. Par là-même, elle avoue une relation permanente avec la dimension spirituelle, l’Ange de lumière qui l’accompagne. Au lieu de nourrir une quelconque animosité, elle dit « oui » à ce qui est. Ses derniers mots font singulièrement écho à un grand rêve qui m’est advenu lors de ma propre quête de vision : « il va falloir mourir quoi qu’il en soit. » Toute résistance est inutile. Il ne sert à rien d’engager une lutte sans issue contre la grande transformation qu’est la mort...

Ce lâcher-prise souligne à mon avis la plus grande ligne de distinction entre les personnes engagées dans une vie spirituelle et celles qui ne le sont pas. Quand on vit en contact avec la dimension spirituelle de l’existence, on « sait » que la mort n’est jamais un « accident » dû à un virus ou à une arête de poisson. On « sait » que c’est une décision d’âme, dont on est prévenu à l’avance – même en cas d’accident – par un rêve7. Ce n’est pas que ce soit un choix conscient, ni un suicide de l’âme, mais simplement quelque chose en nous décide que c’est assez : Game is over. Et le virus ou l’arête de poisson sont alors les agents bien utiles de la réalisation de cette décision. C’est pourquoi toute l’agitation entourant le COVID semble souvent pure folie aux personnes qui vivent avec une dimension spirituelle de l’existence : le sens essentiel de la vie et de la mort sont perdus. Cette agitation traduit simplement une peur de la mort. Et comment soigner une maladie de la Terre en renforçant encore plus ce qui rend malade notre terre ?

Et puis l’on « sait » donc aussi que la mort n’est pas une fin, qu’elle est une naissance dans une autre dimension. Comme le dit Gandalf dans le Seigneur des Anneaux, quand Pippin l’interroge sur leurs chances de sortir vivants de Minas Tirith encerclée :

- Je n’aurais pas cru que cela finirait ainsi.

- Finir ? Non, le voyage ne s’achève pas ainsi. La mort n’est qu’un autre chemin qu’il nous faut tous prendre...

C’est ce qui m’interroge souvent chez mes ami.e.s spirituel.le.s qui crient au complot comme des cochons qu’on s’apprête à égorger : et si cela était, serait-ce vraiment un mal pour la Terre, qui a peut-être besoin de se débarrasser de la plus grande partie de cette humanité (nous compris) qui ne la respecte pas ? Et toi, n’es-tu pas en train d’avouer ta peur de la mort, ton manque de foi spirituelle ? N’as-tu pas confiance en quelque chose de plus grand qui protège la Vie ?

Ce qui m’amène enfin à l’essentiel de ce que je voulais communiquer ici. Je vous prie d’excuser la longueur (un record dans ce blogue) de ce texte mais de telles idées ne s’énoncent pas en 500 mots. Encore une fois, c’est à une réflexion en profondeur et une méditation au long cours à laquelle je vous invite. Quel est donc l’antidote à la massification dont parlait Carl Jung, à l’entreprise totalitaire que nous pouvons discerner, à la psychose collective qui menace de nous engloutir – et à la psychose individuelle qui menace certain.e.s d’entre nous ? Car la division voulue par le diabolos est aussi intérieure…

Jung le dit clairement, et ce rêve lui donne un écho extraordinaire : c’est la connexion au sacré, à la dimension spirituelle de l’existence. On pourrait dire, en pensant à l’enseignement des Dialogues avec l’Ange – les "quatre messagers" vivaient un enfer autrement plus explicite que celui que nous envisageons –, c’est notre connexion à l’Ange, au Maître intérieur qui seul peut nous guider dans les ténèbres que nous traversons. Si nous avons besoin d’un autre exemple inspirant, je renverrai volontiers à Etty Hillesum se penchant sur son propre puits intérieur dans Amsterdam occupée par les nazis, puis emmenant sa paix intérieure dans le camp de Westerbork, et enfin à Auschwitz. Ces références aux heures les plus sombres de notre histoire peuvent nous aider, en allumant dans notre cœur la lumière qui éclairaient leur nuit, à trouver l’attitude juste.

Madame Von Franz, dans un texte qui m’est tombé sous les yeux encore de façon synchronistique alors que je m’interrogeais sur les suites à donner à mon article, donne une clé quant à la façon de rechercher en permanence cette justesse. Cela devient, comme elle le dit merveilleusement, une aventure éthique permanente :

« Dans chaque situation individuelle, il n'y a qu'un seul choix, une décision unique qui se renouvelle d'instant en instant. Si l'on adopte cette attitude , la vie devient une constante aventure éthique. C'est pourquoi nous pouvons être si déroutants pour ceux qui essayent de comprendre et d'appliquer nos vues : nous n'avons ni règles de conduite, ni méthodes thérapeutiques établies. Il nous faut garder sans cesses ouvertes les oreilles intérieures pour écouter les indications profondes du Soi qui nous dira de faire ceci à cette minute, et peut être le contraire la minute d'après. C'est pourquoi je me contredirai toujours, en toutes sincérité...»

Cela implique qu’il n’y a aucune règle, aucun principe, sur lesquels nous pourrions nous appuyer en permanence, comme par automatisme. C’est un effort de conscience permanent pour assumer la singularité de notre être, la singularité de chaque situation, la singularité de l’instant. Ce qui est juste pour l’un, comme de se faire vacciner par exemple, ne l’est pas nécessairement pour l’autre, et réciproquement. Ce qui était juste hier n’est plus nécessairement juste. Il s’agit d’être comme la rivière et d’épouser le lit de la situation pour sentir intérieurement ce qu’elle exige, vers quoi coule son énergie.

Cela implique donc de s’ancrer dans la conscience et dans une profonde paix qui échappe à toutes influences extérieures, sans cesser pour autant d’être en relation. Si conflit il y a, et il y a nécessairement conflit, il faut ouvrir un espace assez vaste en dedans pour le contenir au lieu de le projeter extérieurement. Il convient en particulier d’être libre de l’émotionnalité et de ne pas la cultiver, ni dans nos pensées, ni dans nos paroles, ni dans nos actes. Il s’agit de travailler sur nos contradictions internes, d’en prendre conscience et de les résoudre au lieu de les projeter à l’extérieur. Cela implique d’entendre toutes les voix en nous, et de chercher leur point d’accord, le lieu où nous retrouverons l’unité intérieure, et avec elle, la paix. Le pardon, la gratitude, la bienveillance inconditionnelle et la bénédiction8 de tout ce qui nous semble « mauvais » font parti de nos armes de libération massive, mais alors il faut le faire sans ostentation, en privé dans le secret de nos cœurs, sans agressivité sinon notre bénédiction se révèle être une malédiction déguisée, qui se retourne contre nous. S’il s’agit de « manifester », il convient de le faire comme le faiseur de pluie dont parle Richard Wilhem9 : constatant que le monde n’est pas en ordre, il faut travailler d’abord à remettre de l’ordre en dedans. Cela demande en particulier d’entrer dans un certain détachement, un retrait à, l’égard du monde, qui permet d’observer comment nos ombres intérieures et nos émotions teintent les lunettes au travers desquelles nous voyons les choses. Il nous faut méditer et ainsi développer un méta-regard, c’est-à-dire un regard porté de l’intérieur sur notre regard, de façon à éviter de prendre des vessies pour des lanternes, et nos projections pour des réalités.

C’est un travail permanent de conscience, et outre le fait de se relier au sacré, quelque forme qu’il prenne pour nous, il est important aussi de nous relier à d’autres êtres humains. Une amie me proposait ce triptyque salvateur : reliance, tolérance et résilience… et je ne peux qu’abonder dans son sens. Jung le pointait clairement : nous sommes d’autant plus susceptibles de succomber aux suggestions que nous sommes psychiquement isolés. S’il est quelque chose à « combattre » par les temps qui courent, c’est cet isolement. S’il est une protection qui peut être salvatrice, c’est donc de se relier. Se relier à la terre, à la nature, aux animaux et aux arbres, aux rivières et aux montagnes, au ciel, à la lumière… mais surtout aux autres êtres humains, nos sœurs et frères en cette galère. Je parodierais donc volontiers l’hymne national français, cette marche guerrière qui nous appelait à « former nos bataillons » pour abreuver de sang les sillons de nos champs (!) en proposant comme cri de ralliement : « formons nos communautés, nos cercles... »

Car finalement, si je puis me permettre de me contredire directement ici, il est bien un principe souverain qui devrait nous guider et c’est l’Amour. Et plus précisément, l’Amour enraciné dans la Paix et la Liberté – ce qu’évoque en particulier l’image du Christ, symbole du Soi au cœur de la dimension sacrée en Occident, mais aussi pour beaucoup d’entre nous Présence vivante, « amour véritable » qui pave le chemin.

Dans ces temps d’ignorance et de ténèbres, il importe de revenir à nos sources spirituelles et de boire sans retenue à l’eau vive de la Parole qui étanche toute soif, quelle que soit la forme pour nous que prend le Vivant. C’est un temps pour lire et relire les textes sacrés – quels que soient nos textes sacrés… – et pour méditer, contempler, et aussi pour écouter les rêves. Il est important de nous relier à la nature, notre nature intérieure, et à la nature vivante de notre belle planète, car alors la danse de la lumière et de l’ombre s’inscrit dans le déploiement de quelque chose de plus vaste, et d’inaltérable, que nous pourrions appeler la Beauté. Face au Mal, il importe de se souvenir que le mythe de la Génèse nous enseigne que nous avons « sombré » dans la dualité au jour où, croquant la pomme, nous avons cru pouvoir définir de façon définitive ce qui est le mal et ce qui est le bien, nous permettant dès lors de juger nos frères. C’est la fameuse chute, hors du Paradis de l’unité, du Un. Il s’agit donc simplement, face au Mal, d’incarner ce qui nous semble être le Bien, de lui donner vie et lui permettre de marcher sur terre, réalisant ainsi à notre tour l’Incarnation. Mais pour cela, il faut absolument éviter de s’identifier au Bien et de combattre le Mal chez autrui, car c’est ainsi qu’il nous possède de l’intérieur. Devant ce Mal, il nous faut retourner le regard vers l’intérieur10 en prenant nos responsabilités et en nous gardant de toute hubris, qui nous ferait croire que nous pouvons le défaire...

Mais c’est donc surtout en veillant à nous ancrer dans l’amour (ἀγάπη, agapé) inconditionnel, la bienveillance et la non-violence (ahimsa) en particulier envers tous ces gens qui ne pensent pas comme nous et semblent vouloir nous contraindre, que nous trouverons l’antidote à la folie collective, que nous serons immunisés contre le poison qui menace de tous nous détruire. A chaque fois que nous sommes tentés de nous fermer, de nous contracter, de juger… nous sommes invités à trouver le chemin vers l’ouverture entière de notre être à ce qui est, dans la vulnérabilité. C’est la seule chose qu’exige de nous la situation en fait : ce « oui » entier à ce qui est. Quitte à ce que ce soit un « oui » à ma tristesse, mon désespoir, ma colère... mais alors je la prends en charge cette colère au lieu de la déverser sur le monde. Il s’agit simplement de nous laisser traverser en toute confiance par quelque chose qui est plus grand que nous, qui est infiniment bienveillant et en paix. A défaut d’un autre mot, je l’appelle avec bien d’autres l’Amour.

La question de notre responsabilité essentielle – encore une fois : response ability, capacité à répondre – se pose donc ainsi désormais à chacun.e d’entre nous :

- Qu’amènes-tu dans ce monde troublé ? Y déverses-tu ta peur, ton angoisse, ton agressivité, tes ombres irrésolues, tes émotions incendiaires… ou peux-tu te faire passage pour un sourire qui éclaire tout, une Lumière qui fait ressortir la Beauté de la Vie, cet Amour qui embrasse tout, une paix contagieuse... ?

Et si nous n’en sommes pas là, si nous ne sommes pas capables de cet amour ? Car l’amour, la paix, le pardon, et la liberté qui en découlent… sont le fruit d’un processus, d’un travail sur soi, avec Soi. Et bien il faut avoir d'abord l’honnêteté de le reconnaître et se mettre en chemin, en commençant par ne pas se juger, par s’aimer. Il ne faut rien forcer et de toute façon, il n'est pas possible d'être dans la paix et dans l'amour tout le temps. La paix absolue est une illusion elle aussi. Jung nous dit que l'individuation n'est pas une absence de conflit, mais « au contraire, implique une conscience intense du conflit ».  Chaque boulette d'obscurité est l'occasion d'un travail de conscience dans lequel il s'agit simplement de trouver notre place dans la tourmente (voyez à ce sujet ma discussion avec AdRien dans les commentaires). 

Mais si l'on est submergé par l'angoisse ou la rage, il faut peut-être aller chercher de l’aide. Il faut surtout avoir confiance dans la Vie qui n’abandonne personne, simplement s’ouvrir à la possibilité d’une transformation radicale. Car la voie étroite, finalement, c’est la voie du milieu qui réunifie les contraires, la Voie de l’Amour qui appose ce qu’il y a d’éternellement bon, beau et vrai dans l’existence, en face de ce qui toujours s’oppose…

C’est en cheminant, individuellement et ensemble, sur cette voie étroite que nous transformerons le feu destructeur qui menace d’embraser notre monde en ce feu d’amour dont parlait le père Teilhard de Chardin. C’est ce à quoi nous appelle ce grand rêve !


Une lumière inextinguible

Je terminerai en évoquant les mots de Albert Chambon dans son livre « oui je crois... », cité par Arnaud Desjardins dans « En relisant les Évangiles »11. Ce monsieur nous parle de la grâce qu’il a reçu en allant à Buchenwald. Si celles et ceux qui nous ont précédé et qui ont traversé l’horreur nazie ont su trouver une telle lumière au fin fond des ténèbres, de quoi avons-nous donc peur ? Qu’est-ce qui pourrait nous effrayer ?

Mais écoutons donc plutôt le témoignage de ce monsieur :

«  Six ans au-delà [d’une retraite à la Grande Trappe], je recevais la grâce de Buchenwald qu’il "valait la peine d’obtenir, même si l’on obtenait pas celle de la sortie", suivant le mot du père Leloir ; et il est vrai que dans le monde déshumanisé des camps de concentration, un extraordinaire privilège nous était offert à tous : celui d’atteindre sans efforts les sommets de la spiritualité. Littéralement dépouillés de tous les bien terrestres, loin de toute amitié, de toute affection, de toute tendresse et de tout amour, libérés des obligations auxquelles les hommes qui vivent en société sont astreints, privés du secours que la religion peut apporter, la foi pouvait ruisseler en nous. Tout apparaissait si clair, l’échelle des valeurs humaines si évidente, qu’il semblait ne plus y avoir choix pour d’autre chemin. Plus aucun brouillard ne nous empêchait de distinguer ce qui est essentiel ici bas de ce qui ne l’est pas. Nous ne pouvions que nous affliger d’avoir été si longtemps aveugles. La voie de Dieu était éclatante de lumière. Les yeux de nombre de déportés se sont fermé, ainsi, à la vie terrestre, dans une vision aveuglante de ce que doit être l’existence humaine pour être conforme aux desseins de la Providence divine. Quant à ceux qui, comme moi, ont eu le privilège de revenir de ces lieux maudits, il leur demeure comme une étrange nostalgie de cette vérité qui, alors, nous embrasait et nous a déserté peu à peu après notre retour parmi les vivants. »

* * *

Un projet a pris forme en marchant avec ce rêve dans la montagne. En continuité sensible avec les mots qui précèdent, parce qu’il faut amener tout cela dans le concret, je vous informe que ma compagne et moi-même envisageons de créer à l’automne un cercle de méditation qui se rencontrera virtuellement, et d’offrir des ateliers sur le thème

Rêver la terre de demain

Il s’agira :

- D’ouvrir un espace pour entendre et accueillir les peurs, les angoisses, et les images intérieures qui nous agitent quant à notre devenir collectif.

- De nous ancrer en terre par une attention amoureuse au corps, par le chant, la danse, et tout ce qui nous aidera à nourrir la reliance et à transformer les démons.

- De méditer et regarder en nous-mêmes pour y déceler et éclairer nos propres ombres.

- De nourrir la paix, la confiance, la joie et l’amour en se reliant dans le Cercle.

- D’aller enfin chercher des images intérieures pour la terre de demain, au-delà du voile noir qui nous empêche de voir le futur d’après la crise de transformation que nous vivons.

Pour celles et ceux qui s’en sentiront capables, il s’agira de contacter en esprit nos descendants et de bâtir avec eux un pont de lumière pour que nos époques se rejoignent…



1  J’écris ces mots en ce jour (9 août 2021) qui voit la publication du dernier rapport du GIEC, où l’avertissement est très clair : « c’est maintenant ou jamais ».

2 Voyez à ce sujet mon article « trou noir ».

3 Je vous suggère à ce sujet de lire Jérome Bernstein, Living in the Borderland.

5 Pour approfondir ces questions, que vous soyez « complotiste » ou non, je vous invite à lire « le mythe du complot » de Charles Eisenstein.

6 Voir mon article « la jeunesse du monde » et/ou ma vidéo « demain la paix ».

7 Voyez à ce sujet mon article « une couleur jamais vue » et/ou le livre de Marie-Louise Von Franz, les rêves et la mort.

8 A ce sujet, vous pouvez lire mon roman « l’arme absolue » qui explore la possibilité de transformer le monde par la bénédiction. Ici une présentation : https://voiedureve.blogspot.com/p/larme-absolue.html

9 Voyez mon article « paix dans le coeur ».

10 Voyez mon article « retourner le regard ».

11 Arnaud Desjardins, En relisant les Evangiles (page 240). Vous pouvez aussi lire ce livre remarquable sur Calameo : https://fr.calameo.com/books/000348612599f4534e618

59 commentaires:

  1. Merci, Jean, de partager ce rêve, très fort, en effet...

    Je n'ajouterai pas grand-chose , car tu as déjà tout dit... :-)

    Juste qu'en fait, au final, on est d'accord : rien n'est "purement symbolique", et rien n'est "purement extérieur"...
    Une image de rêve chevauche toujours à la fois l'archétypal et le monde qu'on dit "réel".

    Peut-être la différence entre toi et moi, c'est que je ne partage pas ton détachement absolu par rapport à la mort et qu'il me reste quelques velléités de diffuser des choses que je sais...afin d'aider certains à "ouvrir les yeux" avant qu'il ne soit trop tard.

    Est-ce une illusion, un souhait inutile ?
    Peut-être...
    Mais c'est un souhait qui me fait avancer...

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    1. Merci Licorne pour ce commentaire. Je ne prétends pas à ce "détachement absolu devant la mort" que tu me prêtes ici. Je m'efforce simplement de la regarder en face, d'en faire la pierre de touche de ma démarche spirituelle. Et je salue ton souhait de contribuer à l'ouverture des yeux et des esprits. Moi aussi je m'efforce de partager ce que je crois savoir afin d'aider ceux qui le veulent à "ouvrir les yeux". Je n'ai guère d'espoir que cela change quelque chose mais cela me fait, moi aussi, avancer...

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  2. Salut Jean !

    Merci pour cet article riche et éclairant. Je vais profiter des jours qui viennent pour le relire, en extraire toutes les pépites, nombreuses, que tu y as semées...

    Mais dans l'immédiat, j'ai deux questions.

    Penses-tu qu'il soit possible que l'humanité soit engagée dans un processus d'autodestruction qui conduise à un autre état de conscience, une autre humanité, "supérieure" ?

    Dirais-tu que l'individuation, c'est la réalisation de la paix absolue ? N'est-on plus jamais troublé par quoi que ce soit ?

    AdRien

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    1. Salut Adrien :-)

      Long time. Je suis heureux que cet article me vaille un signe de toi. Tes questions sont bien sûr fort pertinentes.

      Dans la première, je te reconnais bien, toi dont le nom dit que tu tends vers le Rien. Nous en avons souvent parlé à une certaine époque et je crois toujours que c'est bien possible, sans la certitude qui est tienne. Disons que les événements semblent tendre à te donner raison mais est-ce pour l'avènement d'une nouvelle humanité ? C'est dans ce sens de la grande mutation, marquée au sceau de l'archétype de mort/renaissance, que j'interroge la mesure dans laquelle l'autodestruction à laquelle nous assistons pourrait être voulue par le Soi. Mais l'Univers a peut-être d'autre projet que l'accès de l'humanité à un autre état de conscience, à un Eveil (lequel éveil survient bien souvent chez des gens en fin de vie...). Il se pourrait que l'humanité ait échoué, et que l'avenir sur terre appartienne aux fourmis, aux rats, à ce qui nous survivra. Et que le projet Conscience se poursuive tout simplement ailleurs.

      Quant à ta seconde question, elle est très importante et me permet de préciser quelque chose. Comme par "hasard", je suis tombé hier sur la réponse de Jung à une question très similaire. On lui demandait :

      - L'individuation totalement réalisée élimine-t-elle tous les conflits ?

      Jung répond : « Cela signifierait que vous en arrivez à une immobilité complète. L’individuation, au contraire, implique une conscience intense du conflit. Tant que vous êtes en vie, vous n’êtes jamais à l’abri des conflits ; autrement, vous êtes mort avant même de mourir. Le conflit ne peut être écarté et, s’il semble écarté, c’est une illusion. Le conflit doit être, si l’on vit un tant soit peu, il est absolument indispensable. La question est de savoir comment vous le vivez, si vous vous laissez dominer par lui, si vous êtes submergé par lui, si vous vous identifiez à l’une ou l’autre des composantes du conflit. L’individuation signifie simplement que vous trouvez votre place dans la tourmente, que vous restez au cœur du conflit, que vous êtes dans le conflit, et pourtant au-dessus de lui. »

      Désolé, je sais que cela te décevra mais il semble donc qu'il n'y a que dans le Rien que tu trouveras cette paix absolue qui t'est si chère ;-)))

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    2. Merci Jean ! Où trouve-t-on cette citation de Jung ?

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    3. Dans C.G.Jung, Symboles oniriques du processus d'individuation, éditions La Fontaine de Pierre 2021. Au début de la conférence n°2, page 127.

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  3. Coucou Jean ! Envie de te partager simplement ces mots de François Cheng qui semble faire directement écho à ton propos dans ce bel article :

    « Tant qu’il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l’air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée. »

    Marie-Rose.

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    1. Merci Marie-Rose. Oui, tant qu'il restera des poètes comme monsieur Cheng...

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  4. Un commentaire reçu en privé attire mon attention sur le fait que Frankenstein et Marylin Monroe sont deux "monstres sacrés" de notre culture. Une pièce de théâtre explore leur rencontre : https://www.valleybreeze.com/2017-05-09/living/mm-explores-marilyn-monroe-frankenstein-and-themes-love-and-beauty#.YRTuRIgzZPY

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  5. Beaucoup de choses très intéressantes dans ce nouvel article. Dont le rêve du phare en feu !
    Je ne me propose pas d’en parler "comme si c’était mon rêve", je craindrais trop que cela ne favorise chez moi une tendance à y projeter toutes sortes de choses personnelles, ce que je risque éventuellement de faire malgré tout… ;-)
    L’éventuelle portée collective de ce rêve ayant été largement traitée dans l’article, je tenterai pour ma part d’en discerner le sens individuel, pour la rêveuse. Voici donc les réflexions que m’inspire ce rêve, sachant que «  La rêveuse est une femme en émergence spirituelle…….. » (Jean) et « ……….qu’elle ne se sent pas vraiment concernée par la crise sanitaire, en tous cas pas au point d’avoir ce rêve. »(Jean)
    Le phare est en feu de l’intérieur : il s’agit d’un processus intérieur – La fumée est si noire et dense qu’elle cache et noie, annihile la partie éclairante, la lanterne en haut du phare : occultation de l’étroit rayon de lumière de conscience individuelle habituellement produit qui guide, tant bien que mal, chaque être navigant en ce monde.
    La femme et le monstre de Frankenstein, sortent apparemment du phare en feu à l’intérieur, échappant à la destruction complète par le feu, mais très affectés par l’évènement. La femme est évanouie, intoxiquée par la fumée : elle a perdu conscience, c’est à dire qu’elle a perdu le bénéfice du faisceau de lumière consciente que produisait le phare. Sa conscience habituelle se trouve éteinte par l’effet de ce feu intérieur qui produit une "nigredo" qui occulte cette conscience.Les costumes pourraient correspondre à la persona associée à cet état de conscience qui ne peut se maintenir plus longtemps tel qu’il était jusque là et "s’évanouit", disparaît, s’en va.
    Le feu prend même dans l’eau et ne vise que les humains : le combustible privilégié de cette énergie ignée c’est la nature humaine, partout, sur terre ou dans l’eau. C’est un feu du ciel (avion) associé à la forte "nigredo" qui s’est soudain produite (nuages noirs et denses). C’est un feu "alchimique" qui fait entrer dans une transformation de la personnalité touchant les divers aspects humains qui la composent. Une fois que le processus est engagé on ne peut, comme on le souhaiterait (éventuellement), mettre tel ou tel aspect de la personnalité à l’abri de cette transformation par le feu. C’est le feu du ciel qui commande.
    Le petit garçon terrifié me fait volontiers penser à un avatar du monstre de Frankenstein, (être souffrant atrocement de sa "dissociation", de son incohérence humaine, qui finit par souhaiter sa propre mort). L’enfant serait comme un germe de croissance et d’évolution possible d’un masculin intérieur (animus) vers un état de cohérence et de sens qui lui manquait peut-être, plus ou moins, jusque là. Les petits cailloux verts peuvent alors évoquer le renouveau, le reverdissement à venir du paysage de désolation créé par le feu du ciel, renouveau qui va rayonner activement(radio-actif) en direction des différents aspects " brûlés" de la personnalité en transformation. C’est "la destruction massive et (Al) chimique" de l’état ancien de la personnalité pour permettre le grand renouvellement de la personnalité humaine de la rêveuse ("tuer l ‘Homme dans sa grande majorité").

    Amezeg

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    1. Merci Amezeg pour ces éléments de réflexion fort intéressants. Je suis d'accord qu'il faut toujours rechercher les éléments d'interprétation personnelle d'un tel rêve, qu'on ne peut dissocier des éléments archétypaux. Cela implique cependant d'avoir une bonne connaissance de la situation personnelle de la rêveuse et dans son cas, rien ne me laisse penser qu'elle soit dans la situation catastrophique, en terme d'une "occultation de l’étroit rayon de lumière de conscience individuelle habituellement produit qui guide, tant bien que mal, chaque être navigant en ce monde", que laisse supposer l'image du phare en feu. Au contraire, nos derniers échanges m'ont laissé penser qu'elle est plutôt dans une certaine clarté quant à la nature du processus d'émergence qu'elle vit.

      Je ne crois pas donc qu'on puisse lui prêter d'être dans une nigredo. Elle est certainement dans un processus de transformation radical qui s'apparente à un passage par le feu alchimique, et dans lequel elle accepte d'ailleurs clairement de laisser "mourir" une ancienne personnalité. Mais je ne crois pas qu'elle soit dans le chaos et l'obscurité que laisserait penser le rêve, et elle n'est pas assaillie par l'inconscient. Elle me semble plutôt être dans une phase d'intégration tranquille et bien ancrée.

      Encore une fois, il est donc bien risqué de proposer une interprétation personnelle sans avoir de connaissance du contexte. Quand je parle par exemple d'émergence spirituelle chez cette personne, je veux dire sans entrer dans des détails que je n'ai pas à dévoiler ici qu'elle montre des signes du développement d'une profonde intuition, qui la rend à même d'être sensible à des éléments de l'inconscient collectif. Le fait qu'elle ne se sente pas plus que cela concernée par la crise sanitaire va avec le fait qu'elle n'était pas particulièrement en recherche, au moment de ce rêve, d'éclairages sur la situation collective. Pour elle, c'était une évidence cependant au moment où elle m'a transmis le rêve, avec la synchronicité que j'ai décrit, qu'il s'agissait d'un rêve à portée collective. Les éléments de rêve introductifs, plus de nature personnels, dont elle m'a parlé, ne font que confirmer ce point.

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    2. Entendu, Jean. Merci pour ces précisions qui répondent aux questions que – réellement ! - je me posais quant à la situation de la rêveuse en écrivant mon commentaire car, comme toi, je sais que proposer une interprétation personnelle sans avoir connaissance suffisante du contexte vécu par la personne qui a rêvé est assez aventureux.
      Ces précisions que tu apportes ici donnent donc plus de poids à l’interprétation du rêve dans une perspective de sens collectif.

      Amezeg

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  6. (Suite)
    « Nous entrons, l’homme et moi, dans une maison pour préparer notre départ vers la forêt et s’y (nous y) cacher pour un temps indéterminé. »
    Les "alchimistes", les êtres en travail sur eux-mêmes, sont pour un temps plus ou moins long, des reclus qui quittent leurs anciens repères, s’isolent dans la cornue intérieure où se produit la longue cuisson de leur matière intérieure en vue de sa (de leur propre) transformation.
    Drone, en anglais, signifie faux-bourdon, c’est à dire le mâle reproducteur, en quelque sorte "l’étalon", chez les abeilles. Or la femme qui commande le drone respire une orchidée pour échapper au poison ambiant créé par le feu et par la nigredo. Le processus de destruction porte donc en lui-même aussi la possibilité d’une fécondation et d’une fécondité qui est une sorte d’antidote à la destruction sans issue est sans espoir qu’il semble répandre sur tout. L’union du masculin et du féminin de l’être, réalisée dans le creuset intérieur, dans l’athanor alchimique, semble bien être indiquée ici comme la voie de la "résurrection" après cette mise au tombeau alchimique.
    Il faut ("quoi qu’il en soit") mourir pour renaître renouvelé, transformé. En gardant foi et relation avec "son Ange", avec le plus grand que soi/que moi qui guide et veille sans doute sur le travail de réalisation de Soi qu’est l’œuvre alchimique.

    Amezeg

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    1. Je transmettrai ces éléments de réflexion à la rêveuse, qui saura en tirer parti si cela fait sens pour elle. Tu as raison de souligner que le "processus de destruction porte donc en lui-même aussi la possibilité d’une fécondation et d’une fécondité qui est une sorte d’antidote à la destruction sans issue et sans espoir qu’il semble répandre sur tout". Nous sommes bien d'accord que, que ce rêve soit considéré sur un plan personnel ou collectif (et je ne crois pas qu'on puisse séparer ces deux), il invite à "mourir renaître renouvelée, transformée". En gardant foi et relation avec "son Ange"...

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  7. "Drone, en anglais, signifie faux-bourdon, c’est à dire le mâle reproducteur, en quelque sorte "l’étalon", chez les abeilles. Or la femme qui commande le drone respire une orchidée pour échapper au poison ambiant créé par le feu et par la nigredo."

    J’ai oublié de préciser que le mot orchidée vient du grec ORCHIS qui signifie TESTICULE.  :-)

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  8. Bonjour à tous,

    Amezeg a raison , je dirais même que le rêve est juste perso et pas collectif. Attention à ne pas projeter ses propres peurs modernes sur le rêve des autres et en faire des rêves collectifs...

    Amicalement,

    Jonas.

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    1. Merci Jonas pour cet avis certainement autorisé, mais tellement définitif qu'il en est réducteur. C'est juste dommage que vous n'ayez pas lu l'article suffisamment en profondeur pour y relever ce qui permet de penser que le rêve est dans une grande mesure de nature collective. Vous n'avez peut-être pas aussi compris que l'analyse d'Amezeg n'invalide pas l'interprétation des éléments collectifs mais vient les compléter par l'exploration de la dimension personnelle du rêve, qu'on ne peut jamais séparer des éléments archétypaux. Enfin, je ne peux que vous suggérer de vous interroger sur l'origine de ces fameuses "propres peurs modernes" que vous me prêtez de projeter sans me connaître : vous semblez introduire une dichotomie entre le personnel et le collectif qui parle peut-être de vous. Pour ma part, j'ai entouré les éléments de réflexion que je propose, sans en faire de certitude, de précautions et de discussions avec d'autres, dont la rêveuse, avant de les avancer...

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    2. Bonsoir,

      Désolé mais j'ai bien lu et je ne vois pas de rêve collectif dans ce rêve. Je ne vois pas non plus le rapport entre ce rêve et ce qui se passe actuellement. Je pense simplement que vous interprétez à votre manière et en fonction de votre "école" mais pourquoi pas. Je crois plutôt que la version d'Amezeg suffit. Il peut surement y avoir des rêves collectifs mais ils sont surement très rares car il est très facile de prendre son cas pour une généralité.

      Cordialement,

      Jonas.

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    3. Ce que j'ai répondu à Amezeg, dont la réflexion n'invalide pas d'ailleurs mes propositions,  suffira donc à vous répondre. Pour le reste, vous ne voyez pas...  fort bien. Mais vous énoncez aussi de pauves généralités sur la rareté des rêves collectifs (qu'en savez-vous ? Votre école ?) qui n'apportent rien à la discussion, démontrent surtout une conception restreinte du rêve. Vous ne saisissez visiblement pas la façon dont le collectif et le personnel s'entremêlent volontiers dans les rêves et comment il peut y avoir plusieurs niveaux d'interprétation non contradictoires. Proposez s'il-vous-plait votre propre interprétation plutôt que de vous servir des propositions constructives d'Amezeg pour tenter de discréditer cordialement mon propos...

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    4. Bonjour,

      On peut dire ce qu'on veut sur un rêve, c'est surtout ce que je veux signaler mais je suis peut-être trop pauvre en effet...
      Au contraire, j'apporte à la discussion un certain retrait.
      Je dis juste ce que je pense, il ne s'agit pas pour moi de discréditer pour discréditer mais de donner mon opinion.
      Mon interprétation est simple : la rêveuse à peur de ce qui se passe et du vaccin mais cela lui permet aussi de découvrir son camp : la rêveuse est clairement une combattante de la Lumière. ( la phrase finale avec l'Ange ). C'est donc un rêve très personnel...

      Jonas.

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    5. Merci Jonas pour cette proposition d'interprétation. Je la transmettrai à la rêveuse pour qu'elle voit ce qu'elle peut en faire. Je suis d'accord que l'on peut faire dire ce que l'on veut à un rêve. C'est pourquoi je ne propose d'ailleurs pas d'interprétation définitive à ce rêve mais simplement des pistes ouvertes de réflexion, en m'efforçant d'éviter d'amplifier un certain catastrophisme. Sa nature collective ressort aussi pour moi des nombreuses réactions que je reçois, qui montre que ce rêve reflète bien les angoisses très personnelles de beaucoup de gens. Ce n'est pas contradictoire avec ce que vous avancez... et ce qui m'importe, c'est ce qu'on peut positivement répondre à ces angoisses.

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    6. C'est juste, il faut surement insister plus sur les solutions que sur le problème. Des séjours dans la nature, des retraites entre ami(e)s, de la détox alimentaire sont certainement les bons vaccins mais ne soyons pas dupes, il s'agit d'une guerre du Bien contre le Mal et il est important de bien choisir son camp et de le défendre.
      Pour moi le rêve est très positif ( un grand rêve surement ), il montre que la science et la technologie est clairement devenue criminelle ( l'avion ) et que seul le pouvoir de l'Ange, de l'Esprit Divin donc est la solution. Devenir une guerrière spirituelle est le destin de la rêveuse.

      Jonas.

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    7. Nous sommes bien d'accord sur le fond, Jonas. Et puis permettez-moi quelques remarques :
      - c'est bien ce dont je parle, de cette "guerre du Bien contre le Mal", et cependant, j'évite ce vocabulaire guerrier, et jusqu'à la notion de "camp". Précisément parce que c'est par là que le mal nous contamine de l'intérieur en semant la discorde et la division. Mais il importe en effet de bien se situer dans tout cela...
      - Oui, le pouvoir de l'Ange est clairement la solution proposée par le rêve, avec l'acceptation de la mort, ou de la transformation intérieure qu'elle symbolise. C'est là qu'est la portée collective du rêve : il reflète les angoisses que beaucoup rencontrent, et propose une voie qui, même si elle concerne intimement la rêveuse, pourrait avoir valeur d'exemple - être celle qui appelle celles et ceux qui vivent ces angoisses devant la situation présente.
      - Je suis assez d'accord pour qualifier la rêveuse de "guerrière spirituelle" en devenir mais c'est là, justement, qu'il faut nous garder de nos propres projections. Une telle affirmation me semble donc inviter à considérer en nous-mêmes où est la guerrière spirituelle que le rêve amène à la conscience, appelle dans nos vies... ;-)

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    8. Est-ce que nous ne faisons pas que projeter ? existe-t-il une connaissance Absolue concernant les rêves ? non, donc nous projetons mais cela semble être prévu par les rêves qui laisse la personne interpréter à sa guise car nulle voix venue du ciel ne dit : non, ce n'est pas ça !

      Le pouvoir de l'Ange c'est le pouvoir du A, de la pyramide, de la position de méditation donc.

      Certains rêves peuvent être simples à interpréter, d'autres peuvent même indiquer le contraire donc je peux me tromper complètement, peut-être que la rêveuse ne sera jamais une guerrière spirituelle et que son rêve indique simplement une version d'elle-même qui n'existera jamais ici et qui existe juste dans le rêve. C'est à elle de voir ce qu'elle veut vraiment...

      Jonas.

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Ah ! Je m'apprêtais à répondre à ton commentaire, chère Licorne... mais je viens de constater que tu l'as effacé. C'est dommage, de mon point de vue, car tu amenais un riche éclairage à la discussion. Je suis d'accord en tous cas qu'on peut penser que ce rêve pourrait être du même acabit que ceux qui ont submergé Jung à l'approche de la "grande guerre". L'avenir seul le dira, et il faut remarquer qu'ils allaient, pour Jung, avec une grande tâche à mener à bien. Je suis d'accord aussi avec ce que tu avançais à propos de la folie transhumaniste qui consiste en vouloir reconstruire l'humain. C'est en quoi, me semble-t-il, nous sommes collectivement engagés dans une impasse spirituelle, une hubris où l'être humain se prend pour Dieu. Mon sentiment personnel est que plus nous irons loin dans cette folie, plus dure sera la chute...

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    2. Je peux te le reposter, si tu veux :

      "Je reviens car quelques petites choses me sont venues qui pourraient compléter ce qui est déjà dit (sachant que je suis globalement d'accord avec l'analyse ci-dessus, ce ne sont que des points de détail)...

      En fait, j'ai écrit un (très) long commentaire cet après-midi, qui s'est envolé une seconde avant que je n'appuie sur "publier"...(mon ordi s'est éteint à ce moment-là)

      Je n'ai guère le temps de tout ré-écrire aussi, pardonne-moi, mais je vais faire du "style télégraphique"...



      1) Je pense qu'on peut, en partie, comparer ce rêve aux "rêves de catastrophe" faits par Jung

      https://grandsreves1234.blogspot.com/2018/01/les-reves-signification-collective.html

      https://grandsreves1234.blogspot.com/2018/01/prescience-de-la-guerre-de-14-18.html

      Rêves dont on ne sait pas, a priori s'ils concernent la collectivité ou la personne...Seuls les événements à venir peuvent trancher ce point.

      2) J'ai été frappée, en lisant ce rêve de voir que les QUATRE éléments y apparaissaient à tout de rôle : Eau, Feu, Pierres, Air...un peu comme si TOUT était atteint...la TOTALITE de ce qui existe.

      3) Le phare : ce qui "guide" dans la tempête...

      Le feu : la crise, les émotions exacerbées,

      La fumée: se faire "enfumer" ?

      4) Je dirais que l'avion noir représente un "danger" qui vient d'en haut... mais personnellement je ne penserais pas au "divin" ou au Soi, mais plutôt à quelque chose qui "bombarde" ( en temps de guerre) de loin et de haut, un peu à l'aveugle, sans vraiment voir l'étendue des dégâts qu'il provoque...en-dessous (exemple : mesures venues "d'en haut", qui ruinent et détruisent les structures "du bas")

      Et que le drône noir, lui, représente un danger "plus proche" (par exemple le danger qui vient de l'entourage). On a là affaire à une arme qui est une "arme de surveillance"...

      5) Le fait d'être "enfermée" dans un placard avec un jeune garçon effrayé : Confinement ? Enfant intérieur ? Résurgence de traumatismes de l'enfance ?

      6) La mort, omniprésente dans le rêve : au-delà du sens littéral, on peut y voir l'inéluctabilité d'une "transformation radicale" ? Plus rien ne sera "comme avant", et il faudra l'accepter ?

      7) Frankenstein : allusion à la science (transhumaniste) qui veut "annuler la mort" et reconstruire le vivant à sa façon ?

      Marylin Monroe est l'archétype du Féminin : le Féminin (les liens entre les gens, entre autres) s'est évanoui ou a été "étouffé" par cet objectif "monstrueux"... le Féminin, le relationnel est "entre les mains" des scientifiques ?"

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    3. Merci Licorne. Ce point des quatre éléments est très intéressant. Je ne l'avais pas relevé mais cela pourrait indiquer comment la totalité est en jeu. Oui, il est tout à fait vraisemblable que nous nous fassions enfumer :-)))

      Bref, je suis d'accord avec tout ce que tu dis ici, qui ouvre des pistes de réflexion à creuser. Bien sûr, le Féminin est "évanoui" entre les mains des "apprentis sorciers" scientifiques et techniciens, et tout cela semble nous emmener vers une grande transformation collective !

      Merci pour les articles publiés ces temps-ci sur ton blogue, auquel je renvoie les lecteurs : https://grandsreves1234.blogspot.com

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  10. Merci pour cet article Jean, je suis dans un accord profond à comment tu exprimes ce qui se passe dans le monde. Depuis le début je me positionne en tant que "Je ne sais pas" ce qui me vaut les foudres des 2 côtés. Reste à dire OUI à la Vie. Reliance, Tolérance, Résilience me semble une guidance sur la voie étroite, oui il y a des phares.

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    1. Merci Anne. Oui, Reliance, Tolérance et Résilience... et en effet, il y a des phares. A posteriori, j'aurais aimé intituler cet article "le phare immortel", car c'est bien, me semble-t-il, ce qu'est l'Ange dans ce rêve...

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  11. Si l’on admet que tout rêve nous montre ce que nous ne voyons pas, ce dont nous ne sommes pas -ou pas assez – conscients (comme tu l’as récemment rappelé, Jean), je me demande ce que ce rêve entend montrer à la rêveuse qu’elle ne voyait pas ou pas assez bien. Qu’est-ce que le rêve souhaite rendre conscient ou plus conscient chez/pour la rêveuse.
    N’avait-elle pas pris assez conscience du drame et des enjeux de la situation collective et le rêve aurait-il pour "objectif " de la rendre plus consciente de ce qui se joue au niveau collectif ? ( « Le fait qu'elle ne se sente pas plus que cela concernée par la crise sanitaire va avec le fait qu'elle n'était pas particulièrement en recherche, au moment de ce rêve, d'éclairages sur la situation collective. » Jean)
    Si tel est "l’objectif" du rêve, vous semble-t-il que le scénario du rêve qui met en scène la rêveuse comme sujet-témoin principal de tout ce qui se déroule est cohérent avec cet objectif de faire prendre conscience d’une situation collective dont la rêveuse serait victime au même titre que tout un chacun ?

    Amezeg

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    1. Merci Amezeg pour ce commentaire, ces questions fort pertinentes, qu'il faut se poser. D'abord en effet, notre prémisse de travail est que tout rêve vise à amener quelque chose à la conscience de la rêveuse. Qu'en est-il ici ?

      Je dois dire que je n'ai pas fait de travail d'analyse personnelle en profondeur de ce rêve avec la rêveuse. Ce que j'en dirai est donc simplement basé sur ce que je connais d'elle et de son cheminement, (au travers de l'écoute d'un ensemble d'autres rêves) et des échanges que j'ai eu avec elle autour de ce rêve. Elle me corrigera donc si elle en ressent le besoin, ici ou en privé, auquel cas je répercuterai ici ses précisions, ajustements...

      J'ai mentionné cependant dans l'article que le rêve que je présente ici avait été précédé par une introduction qui m'a pour ma part éclairé sur cette dimension personnelle du rêve. Il y a donc dans cette première partie cet homme au visage disgracieux qui lui témoigne un amour sincère et elle se demande si elle va l'accepter. Quand elle l'accepte, il lui demande si elle est prête et il l'entraine au fond de la piscine, où elle a peur de se noyer. Finalement, elle reçoit de l'aide pour en sortir et y retourne pour aller chercher une boucle d'oreille en croissant de lune. J'ai expliqué comment cette première partie, que la rêveuse a ressenti elle-même comme plus personnelle, m'a convaincu de la dimension collective de la seconde partie, en particulier avec le symbole de la piscine (inconscient collectif). Et j'ai dit comment j'ai "reconnu" en cet homme laid mais lui témoignant un amour véritable une image du Christ, le "serviteur de Dieu", qui s'approchait d'elle intérieurement. Pour moi, cela permet de comprendre dans une grande mesure ce que le rêve amène à la conscience de la rêveuse :

      Elle est dans un processus d'ouverture de conscience (avéré par d'autres rêves) dans lequel elle accède à une dimension intuitive qu'elle a à assumer ("es-tu prête ?" - lui demande l'homme). Elle a sans doute en effet à prendre la mesure de la situation collective, dont lui parle aussi d'autres rêves, alors qu'elle serait portée à vivre simplement sa propre vie sans trop s'en préoccuper. Ce rêve, et d'autres, viennent sans doute lui dire : tu n'y couperas pas, tu es sensible à ce qui se passe, tu sais de quoi il retourne dans le fond... et cependant, cette distance qu'elle a avec tout cela me parait pour ma part très saine : elle évite ainsi d'être submergée par ces images. Mais elle doit plonger volontairement dans l'inconscient pour aller chercher un symbole lunaire lié à sa capacité d'écoute. Et le rêve lui montre l'attitude qu'elle est invitée à incarner dans sa propre vie à l'endroit de ces éléments collectifs, du processus de transformation en cours : c'est une attitude "christique", au sens d'accepter la mort sans résistance, en plaçant simplement sa foi dans l'Ange.

      Par là, je pense que le rêve résonne avec les angoisses collectives et propose, à la rêveuse et à chacun qui l'entendra, une attitude intérieure pour vivre ces temps, cette situation collective. Encore une fois (je l'ai exprimé à Jonas plus haut), je pense qu'il serait vain de tenter de séparer les éléments personnels des éléments collectifs du rêve, tout comme la rêveuse ne peut être séparée du collectif qui l'environne. Le rêve me semble donc refléter des angoisses qui sont "dans l'air du temps" et profiter de la transparence intuitive de la rêveuse pour leur proposer une réponse profonde, qui vaut pour elle mais aussi sans doutes pour d'autres, dont moi-même indéniablement.

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    2. Peut-être que la piscine indique le passage difficile vers la 4D, il s'agirait plutôt de l'Incs personnel de la rêveuse car la piscine à 4 cotés , la mer serait plutôt collectif, la 5D.

      Jonas.

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    3. Je suis assez d'accord...

      Les lacs, les étangs...et encore plus les piscines évoquent plutôt l'inconscient personnel...et la mer (espace "non clos") l'inconscient collectif...

      Personnellement, j'ai remarqué que les rêves de "piscine" que je fais sont souvent liés au domaine émotionnel ou sentimental...et à des problématiques assez "personnelles".

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    4. Bien sûr, les piscines sont des lieux privés, où l'on se baigne généralement tout seul...

      Il y a toute sortes de niveaux dans l'inconscient collectif. La mer en représente le "grand Inconscient" où l'on se perd... mais il y a aussi des inconscients collectifs culturels, familiaux, etc. Quant à la dimension sentimentale, elle est souvent liée symboliquement à l'eau. La relation se symbolise aussi volontiers par le bain (voir "la psychologie du transfert" de Jung) et encore une fois, les niveaux personnels et collectifs s'entremêlent volontiers là. Peut-être serait-il intéressant que tu revisites tes rêves de piscine, chère Licorne, pour en envisager la dimension collective. A moins de vivre dans un bocal (beau symbole d'inconscient personnel fermé sur lui-même), le fait même d'être en relation implique que notre ecistence a une dimension collective...

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    5. Je les ai déjà visités et revisités, tu penses bien... :-)

      Excuse-moi d'insister, Jean...mais si la deuxième partie du rêve a des résonances collectives assez évidentes, la première partie m'apparaît plus personnelle.
      Les derniers détails donnés par la rêveuse confirment cette impression...
      Piscine et télé-réalité : tout cela évoque des émissions dans des lieux on ne peut plus "clos"...
      (bien que filmés et montrés à tous).

      Le couple "Belle et Bête" (rêveuse-homme repoussant, qui revient avec Frankenstein-Monroe) pourrait, lui, évoquer un rapport renouvelé avec l'animus...

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    6. Chère Licorne, il me semble que c'est bien ce que je dis : que la première partie du rêve est plus personnelle, et cependant une introduction à la dimension collective de la seconde partie, où la piscine joue le rôle de sas intermédiaire (et de marqueur, de signature, pour ce passage)...

      Et puis il y a des éléments collectifs dans cette première partie aussi : j'ai évoqué la possible amplification de l'homme disgracieux comme symbole du serviteur de Dieu, et il y a une boucle d'oreille en croissant de lune, que la rêveuse va chercher au fond de la piscine. La lune, un symbole collectif par excellence...

      Oui, le couple Marilyn Monroe / Frankenstein pourrait évoquer quelque chose de la relation d'une féminité idéalisée avec l'Animus dans la psyché de la rêveuse. Quant à parler de son renouvellement, je ne vois pas ce qui permet de dire ça. Ke ne m'avance pas sur ces points car il faudrait interroger le vécu de la rêveuse pour ne pas parler dans le vide. Mais surtout, il est bon de se rappeler que l'Animus est un archétype collectif, qui a bien sûr une incidence personnelle dans la vie d'une femme, mais qui est indéniablement collectif. Prière de lire Jung et Von Franz pour expliciter ce point s'il n'est pas assez clair...

      Enfin je dirai que ces discussions sur la nature personnelle ou collective du rêve me semble tenir du coupage de cheveux en quatre, avec une forte saveur intellectuelle qui perd la réalité vivante du rêve de vue. J'y vois une illustration de l'habitude mentale d'introduire une séparation conceptuelle qui n'a pas lieu d'être entre des dimensions qui sont interreliées.
      C'est une illustration fort intéressante de notre sujet de fond car pour moi, notre monde souffre plus de cette séparativité mentale que du complot de grands méchants...

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    7. Et pour répondre à Jonas, je ne sais pas ce que c'est que la 4D. Mais quant à déduire une dimension personnelle du symbole de la piscine du fait qu'elle aurait 4 côtés, je me permets de rappeler qu'il y a des piscines rondes et d'autres hexagonales... et qu'il ne faut surtout pas oublier la profondeur de la piscine !...

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    8. Je suis désolée, Jean, que tu y voies un "coupage de cheveux en quatre"...et une "perte de la réalité vivante" du rêve", car, moi, j'y voyais au contraire une piste pour éclairer la rêveuse sur ses problèmes personnels...qui ne me paraissent pas -c'est mon intuition personnelle- avoir un grand rapport avec le "serviteur de Dieu"...mais plutôt avec une "richesse intérieure" (bijou) qu'elle va (re)chercher au fond d'elle-même...après avoir repris contact avec sa part masculine vécue comme "disgracieuse"...

      Mais puisque mes propositions sont "mal prises", on va arrêter là, je crois...
      Ce n'est pas grave...
      Tu avais, je crois, élucidé une grande part du rêve...et on ne va pas s'énerver sur quelques détails alors qu'on est, je le répète, globalement d'accord.

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    9. Pas de désolation, chère Licorne. Je pense simplement que ces différents d'interprétation peuvent coexister sans nécessairement les opposer, et qu'encore une fois, le rêve peut avoir plusieurs dimensions, personnelle et collective. Le coupage de cheveux en quatre me semble être dans le fait de discuter de tel et tel symbole pour savoir s'il est personnel ou collectif, comme s'il ne pouvait pas être les deux ensemble. Merci donc pour cette proposition d'interprétation, dont il appartiendra à la rêveuse de voir si elle peut en effet l'éclairer sur ses "problèmes personnels", dont je ne m'occuperai pas ici car ce n'est pas le lieu...

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    10. Bien sûr que le rêve peut avoir plusieurs dimensions et que celles-ci coexistent sans s'opposer...
      Je viens moi-même d'en publier un où les deux "plans" (personnel et collectif) s'entremêlent copieusement...:-)
      Bien malin qui peut les "séparer"...

      Mais de là à dire, comme tu le fais dans le texte ci-dessus, que le fait de voir une "piscine" en rêve "confirme" qu'on a affaire à l'inconscient collectif et à des images archétypales, c'est un pas que je ne franchirais pas...:-)

      Ceci dit, je trouve magnifique que la rêveuse évoque le "lien indéfectible" avec son "Ange"...ange qu'on pourrait aussi appeler Moi supérieur ou "Soi"...

      Ce rêve est à la fois "terrible" et très beau...il dégage une grande "force"...

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    11. Oui, ce rêve est terrible et beau. Et c'est en effet parce qu'il communique me semble-t-il une "grande force" qu'il m'a paru important de le partager...

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  12. Bonsoir à tous,

    Je suis la rêveuse. Merci à chacun d’avoir contribuer à éclairer ce rêve.
    L’interrogation principale que j’ai retenue ici est la suivante : est-ce un rêve individuel ou un rêve collectif ?
    La question que je me pose alors est : pourquoi ai-je ressenti au réveil que ce rêve ne m’appartenait pas ?
    Je rêve chaque nuit, et je m’en souviens dans les moindres détails au réveil (objets, discussions, personnages, noms, lieux…). Ce qui m’a toujours marqué c’est le peu de lien entre mes rêves et ma réalité, comme si je vivais entre deux mondes qui communiquaient peu entre eux. Je tiens un journal pour ne pas oublier tous ces éléments. Sans savoir pourquoi, je ressens que cela est important, je dois noter.
    J’ai remarqué que certains éléments revenaient et évoluaient. L’exemple le plus marquant pour moi est la maison et sa forme changeante au fil des mois. S’il y a un an, ma maison était abandonnée, pleine de feuilles automnales, de drapés blancs sur les meubles et d’esprits errants, elle est aujourd’hui en cours de réhabilitation : je dois rénover, remeubler. Il y a toujours ces esprits errants mais ils m’effraient de moins en moins. De toute façon ils sont là, je dois bien faire avec. Et mon reflet… Je vois fréquemment mon reflet dans un miroir en rêve, lorsque je prends conscience de quelque chose d’important. Je me débarrasse également d’éléments qui parasitent mon corps : un crabe de mon oreille qui m’empêchait d’entendre ; un ver dans mon œil qui m’empêchait de voir ; un perce oreille de mon crâne… Et j’en passe.
    Mais ce rêve apocalyptique sur la folie humaine… Je n’en avais encore jamais eu… C’est comme si j’avais fait partie d’un film auquel je n’appartenais pas.
    Il est vrai que je ne me sentais pas concernée par le Covid. Je n’ai pas la télé, pas la radio, je ne lis pas les informations. Pourtant, j’ai eu le Covid, c’est vrai que c’était désagréable, mais cela ne me marque pas plus que ça. En vérité, je ne m’intéresse que très peu au monde des hommes. Cela m’a longtemps valu des complexes et une incroyable timidité car parler du quotidien et des faits de société m’ennuie… Et je n’y connais pas grand-chose, je dois l’avouer… Mon manque d’intérêt est-il la conséquence de mon manque de culture ? Je me suis longtemps posé la question. Alors j’ai étudié, j’ai appris le droit (5 ans d’université de droit), le management, l’économie (BTS), l’art (BTS audiovisuel), l’agriculture (CAP)… Mais rien n’y fait, je me sens à chaque fois tellement loin de tout cela… J’ai plein de diplômes en poche mais aucun métier de notre société ne m’attire…
    J’ai beaucoup apprécié l’approche alchimique de mon rêve, c’est une doctrine que je découvre avec un grand intérêt.
    Mais j’aime croire que ce rêve était fait pour être travaillé par un esprit plus vif que le mien. J’ai tout de suite pensé à Jean. Et c’est dans l’empressement que je lui ai fait parvenir ce rêve le jour même. Je ressentais au fond de moi-même que pour une fois, je ne devais pas garder un rêve pour moi. Pourtant, j’ai parfois des rêves plus incompréhensibles comme la nuit suivante, lorsqu’un être momifié naturellement est sorti d’une horloge St Nicolas (tel un sarcophage) remplie de feuilles automnales pour m’annoncer, après avoir compris que cet être était moi-même il y a des millénaires, qu’il doit boire le sang de ma mère et le sang de ma fille… Mais ce rêve m’appartient, pas l’autre. Je n’ai pas vraiment d’argument plus convaincant que celui-ci si ce n’est mon ressenti.

    (Je dois scinder mon commentaire en deux parties pour éviter qu’il ne soit trop long, la suite donc, au prochain commentaire).

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  13. |Suite]
    Effectivement, l’introduction avec la piscine a probablement son importance. Avec le recul je l’analyse comme une épreuve : avais-je le droit d’accéder à ce rêve ?
    Pour m’expliquer, la première partie de mon rêve se passait dans une télé réalité, autour d’une piscine. Tout était faux et superficiel, idem pour les participants et leurs discussions stériles. Je ne me sentais pas à ma place, un peu comme dans ma réalité, lorsque j’avais l’impression de ne pas vivre au même rythme que les gens qui m’entourent. J’étais « tout le temps » dans les nuages… Pour revenir à mon rêve, alors que tout était dans l’apparence, un homme repoussant me dit m’aimer d’un amour sincère. J’ai longtemps réfléchi dans ce rêve : dois-je accepter cet amour sincère malgré sa laideur ? Les autres participants vont se moquer de nous, de ce couple improbable à l’image de la belle et la bête. La réflexion a été longue, je m’en souviens. Vais-je passer outre le regard des autres ? Après tout, je l’aime aussi et je sais qu’ensemble, je serais pleinement heureuse. Alors je finis par lui tendre la main et alors que nous nous enlaçons au bord de la piscine, sous le regard moqueur des autres, il me demande à l’oreille : « es-tu prête ? ». J’ai répondu « oui ». Il s’est alors laissé tomber dans la piscine, me tenant toujours dans ses bras. Nous tombons ensemble. Sous l’eau, c’est la panique « contrôlée ». Une corde m’est lancée pour m’aider à en ressortir. C’est alors que je m’aperçois avoir perdu ma boucle d’oreille. Je retourne dans le fond de la piscine, refais surface et place sur mon oreille un croissant de lune serti de pierres précieuses. Commence ensuite le rêve avec le phare en feu dont l’article de Jean fait mention. Cet homme du rêve m’accompagne par la suite, comme s’il voulait me montrer, comme s’il m’avait donné accès à ce film…
    Bon, ce commentaire commence à être beaucoup trop long, je vais m’arrêter ici. Merci encore à tous pour votre bienveillance et d’avoir contribué à éclairé ce rêve.

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    1. Bonjour,

      Je vous ai lue avec grand intérêt et avec plaisir. Vous apportez beaucoup d’informations et de réflexions utiles à une meilleure compréhension du rêve, et aussi un peu de la rêveuse, donc de la relation entre les deux, ainsi qu’avec l’aspect"d’enseignement collectif" que peut avoir, en parallèle, ce rêve qui vous est échu.
      Lorsque vous dites : « Pourtant, j’ai parfois des rêves plus incompréhensibles comme la nuit suivante, lorsqu’un être momifié naturellement est sorti d’une horloge St Nicolas (tel un sarcophage) remplie de feuilles automnales pour m’annoncer, après avoir compris que cet être était moi-même il y a des millénaires, qu’il doit boire le sang de ma mère et le sang de ma fille… »
      je vois se dessiner une relation qui me semble assez évidente, assez nette et riche de détails intéressants, parlants -à mon sens-, entre le rêve du phare en feu et l’être momifié sortant de l’horloge St Nicolas. Relation qui, de mon point de vue, vient confirmer que l’enseignement proposé par ce rêve vous était bien adressé d’un point de vue personnel, même s’il peut également, en parallèle enseigner quelque chose à d’autres qu’à vous-même.
      Je n’entre pas ici dans les détails intéressants se rapportant au rêve de l’être momifié car ce n’est sans doute pas le lieu pour le faire.

      Je vous souhaite une excellente continuation sur le chemin des rêves et de la vie, sur le chemin de la transformation alchimique !  :-)

      Amezeg

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  14. Bonjour , suivez simplement votre ressenti et les conseils de Jean.
    Moi j'ai juste donné quelques idées, ça n'a pas forcément d'intérêts, des idées sont couchées sur le papier on prend ou on jette. Concernant le peu de lien entre réel et les rêves j'explique ça par la double nature de notre esprit,nous sommes à la fois d'ici et de la-bas comme une pièce de monnaie à 2 cotés. Nous possédons une nature quantique.

    Bon chemin !

    Jonas.

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  15. Bonjour,

    La 3D c'est le monde physique des 3 premiers chakras dans lesquelles veulent nous garder les mondialistes et la 4D c'est l'éveil vers le 4ème chakra ( une dimension plus naturelle, moins scientifique, plus chamanique, plus verte quoi). La 5D est le chakra bleu de la mer et du ciel.
    C'est un détail mais la piscine est plutôt d'ordre personnel pour moi, c'est souvent la piscine privée mais bon, une même chose peu être différente chez une autre personne, c'est encore une fois à la personne de suivre son intuition.

    Jonas.

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    1. Merci pour ces précisions, Jonas. Avec la 4D, la 5D, la 5G... on finit par s'y perdre. Et bon, nous ne vivons peut-être pas tout à fait dans le même monde car le mien n'est pas celui des piscines privées. Dans la constellation symbolique des bains, la baignoire est un espace à peu près strictement personnel et au-delà, on élargit vers le collectif. La différence notable entre la piscine et le lac tient surtout au fait que la première est construite de mains d'hommes tandis que le second est naturel. Mais comme vous dites, les symboles ont plusieurs facettes et une même chose peut être différente dans la perception de plusieurs personnes - c'est à chacun.e de suivre son intuition, ce qui fait sens pour lui/elle, en évitant autant que possible de séparer, d'opposer les points de vues. Si je vous présente un cube multicolore et que nous commençons à discuter pour savoir s'il est rouge ou bleu, parce que chacun de nous en voit une face de l'une ou l'autre de ces couleurs, nous nous enfermons dans une conscience restreinte, unilatérale, et nous perdons de vue l'ensemble...

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  16. Un croissant de lune orné de pierres précieuses (re)placé sur l’oreille pourrait signifier/montrer que la rêveuse doit se (re)mettre À L’ÉCOUTE de ce féminin précieux en elle, un féminin de très grande valeur pour vivre et faire face à un temps de destruction "massive" que la suite du rêve – le phare en feu, etc – lui montrera. Destruction d’un état de choses ancien, dans le monde extérieur (dit : concret), comme dans son monde intérieur, comme en elle si elle est appelée à réaliser en elle la transformation ("alchimique") qui contribue, à l’échelle individuelle, à la transformation collective, sachant que le collectif est fait de la somme des individus.

    « Pourtant, j’ai parfois des rêves plus incompréhensibles comme la nuit suivante, lorsqu’un être momifié naturellement est sorti d’une horloge St Nicolas (tel un sarcophage) remplie de feuilles automnales pour m’annoncer, après avoir compris que cet être était moi-même il y a des millénaires, qu’il doit boire le sang de ma mère et le sang de ma fille… » dit aussi la rêveuse dans son commentaire.

    Cet être momifié "depuis des millénaires" pourrait-il évoquer le féminin de l’être qui depuis l’émergence de "l’Ère Solaire" qui a suivi "l’Ère Lunaire" a été en quelque sorte infantilisé (môme… ?) et , jusqu’à un certain point, grandement "tué", annihilé par la domination de l’esprit solaire/masculin de notre civilisation occidentale.
    Cet être momifié "sort de son automne", émerge des feuilles d’automne qui emplissent la pendule Saint Nicolas : son automne, sa léthargie momifiée, correspondrait-elle à un temps de blocage associé au balancement (balancier de cette horloge) entre les contraires : masculin-féminin. La civilisation plus ancienne était lunaire, puis elle devient de plus en plus solaire (depuis peut-être environ 4000ans). Un coup solaire, un coup lunaire, et ça peut durer longtemps...si on ne réunit pas les contraires en soi-même.
    L’être momifié annonce à la rêveuse qu’il doit désormais reprendre des forces en s’abreuvant du flux vital féminin qui coule dans les veines de la mère et de la fille, dans la lignée féminine à laquelle est associée la rêveuse.

    Amezeg

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    1. Pour la cohérence et la bonne suite de sens, je reposte ici mon précédent commentaire qui s'est apparemment perdu quelque part.

      « Et nous avons là une représentation du couple archétypal de la Bête et la Belle. Cette dernière pourrait représenter le féminin asphyxié par notre rationalité technologique, et donc endormi – ce qui laisse espérer un réveil. » dis-tu, Jean, à propos du monstre de Frankenstein.
      Il est vrai que l’on peut envisager que le rêve pointe, à l’intention de la rêveuse d’une part et peut-être, d’autre part, à l’intention de la collectivité humaine toute entière, l’état de sous-développement du féminin de l’être dans notre civilisation actuelle.
      Le bijou en croissant de lune garni de pierres précieuses peut ainsi évoquer un féminin précieux, féminin de l’être qu’il ne faut pas laisser au fond de l’eau, pas laisser se perdre dans l’inconscient, que celui-ci soit collectif ou plus personnel (et ces deux-là peuvent se recouper). Un féminin qu’il faut vivre consciemment et cultiver, auquel il faut donner toute la place qu’il mérite dans l’équilibre de notre nature, que nous soyons homme ou femme. Dans le "Rosaire des philosophes", étudié par Jung dans "La psychologie du transfert" – ouvrage que tu as cité, Jean, dans une réponse à La Licorne, ci-dessus – se trouvent plusieurs illustrations représentant le Roi les pieds reposant sur un soleil et la Reine les pieds posés sur un croissant de lune. Serait-ce s’égarer que de voir dans le bijou croissant de lune une représentation possible, sinon vraisemblable, du féminin de l’être que la rêveuse, qui vient d’accepter après quelque réticence d’entamer une relation d’amour avec un homme, prend soin de ne pas perdre, et d’y voir un féminin qu’il lui est peut-être destiné de faire croître en elle puisqu’il s’agit d’un "croissant" de lune ? Ce soin qu’elle prendrait du féminin chez elle, en elle, serait aussi ce que l’ensemble de l’humanité pourrait/devrait faire en un temps de désastre, à bien des égards, provoqué par une prépondérance désormais éminemment nuisible du masculin de l’être.

      Amezeg

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  17. La momification du féminin au cours des derniers millénaires de notre histoire, qui est peut-être évoquée par le rêve dans la figure de l’être momifié quittant son automne vécue dans l’horloge Saint Nicolas, n’interdit pas à la rêveuse de s’interroger sur le rôle possible du féminin de l’être dans la plus ou moins bonne accroche vécue avec le monde des hommes. Elle dit en effet dans son commentaire :« En vérité, je ne m’intéresse que très peu au monde des hommes. ».
    Le féminin de l’être n’est-il pas la clé de la capacité de relation, de la capacité d’être en prise réelle et sensible avec la réalité des choses et des êtres tels qu’ils sont ? Marie-Louise von Franz – dans La voie des rêves, je crois – parle de ces femmes chinoises de la bonne société que l’on torturait avec des bandages contraignants pour qu’elles aient de petits pieds, des moignons de pied, à vrai dire ; parce que les hommes de ces milieux sociaux ne voulaient que les femmes aient de solides pieds de paysannes, bien en prise avec la réalité des choses terrestres et de la vie, ce qui auraient contredit l’approche masculine plus abstraite des hommes de ces milieux sociaux aisés.
    Marylin Monroe ne fut-elle pas victime, elle aussi, d’un stéréotype imposé par un certain masculin   à la femme réelle, pour "la déformer" et la réduire à ceci ou à cela ?

    Amezeg

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    1. Je m'immisce une seconde...avant que Jean ne réponde...pour dire rapidement deux choses :

      Oui, le "Féminin de l'être" est essentiel en ces temps de "désastre" (dés-astre ?)...D'abord pour contrebalancer le Masculin excessif mais aussi parce qu'il est, intrinsèquement et contrairement à ce que l'on imagine parfois, d'une grande "puissance"...

      En témoigne, par exemple, ce rêve :
      https://grandsreves1234.blogspot.com/2021/08/reve-personnel-de-confinement.html

      Et puis, j'ajouterai juste, que, d'après ce que dit la rêveuse, il semblerait qu'une partie d'elle soit quelque peu "hors du temps", et qu'elle ait besoin de se "ré-ancrer", comme tu le dis, dans le Présent, dans la vie concrète et le Réel...

      Je crois (comme toi) que son côté "lunaire", qui est aussi en soi une grande richesse, peut trouver une expression positive...s'il ne reste pas "sous l'eau" mais qu'il s'exprime dans la vie consciente, grâce à un "Masculin intérieur" qu'elle a réappris à "aimer".

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    2. Oui, il y a des sacs à main de femme dont l’apparence peace and love and flower power ne présage pas a priori de leur puissance d’opposition au masculin "fou", et pourtant... ! ;-))
      Il faut reconnaître que si la femme a reçu peu avant la tendre confirmation de son lien avec l’Ange de bienveillance le pouvoir du sac s’en trouve démultiplié, même dans les conditions hostiles d’une croisière en temps de folie collective… :-)

      Amezeg

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    3. On connaissait le "dialogue avec l'Ange"...

      Mais la "main de l'Ange"...qui se pose sur la vôtre, c'est pas mal non plus ! :-))

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  18. La rêveuse, après quelques réticences, s’abandonne finalement à l’amour véritable de l’homme «  physiquement déplaisant » que tu associes, Jean, au Soi ou/et au Christ. On pourrait aussi parler de l’Animus archétypique ; le "très vieux modèle", la figure ou représentation multiséculaire – pour ce qui est du Christ – de l’homme intérieur chez une femme. C’est l’Esprit qui dépasse/transcende toutes les apparences physiques, et la rêveuse accepte d’entrer en relation d’amour avec l’Esprit en elle.

    Elle dit dans son commentaire : « Après tout, je l’aime aussi et je sais qu’ensemble, je serais pleinement heureuse. » Elle sait intuitivement, semble-t-il, que la réalisation de sa propre totalité masculin-féminin, de sa totalité androgyne, est ce qui peut la rendre "pleinement" heureuse, heureuse dans cette complétude androgyne.

    Dès que cela est accepté le rêve montre qu’il est alors très important, essentiel sans doute, que la rêveuse fasse ce qu’il faut pour se mettre à l’écoute du féminin en elle (bijou d’oreille en croissant de lune) et à ne pas le laisser "au fond de l’eau", à le vivre en conscience. Ce féminin est la moitié de l’ androgyne alchimique qu’elle peut devenir.

    « Cet homme du rêve m’accompagne par la suite, comme s’il voulait me montrer, comme s’il m’avait donné accès à ce film… » ajoute la rêveuse à la fin de son commentaire.
    C’est l’Esprit qui lui fait découvrir ce qui est en train de se jouer en elle, à l’image de ce qui se joue dans le monde extérieur : destruction de l’ancien (qui ne se fait pas sans pertes et souffrances) et possibilité d’un renouveau, de l’émergence d’une nouveauté pour l’instant encore difficile à cerner. Le symbole de fécondation au sein de la destruction qu’est le drone/faux-bourdon, souligné par l’orchidée (orchis :testicule) que respire la femme qui commande le drone, pourrait en être l’annonce.

    Amezeg

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    1. Merci Amezeg pour toutes ces réflexions qui viennent éclairer le rêve dans sa subtilité alchimique. J'apprécie beaucoup que tu mettes en lumière ces profondeurs car il me semble que tout ce qui concerne le féminin, et son "réveil", est précisément à la croisée du plus intimement personnel et du plus urgemment collectif. Je suis bien certain que tes apports nourriront la réflexion de la rêveuse autant que celle de ceux et celles qui prendront la peine de nous lire...

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    2. Merci Jean pour cet écho sympathique.
      Je me suis risqué à dire ce qui me semblait être suffisamment plausible comme pistes de compréhension de ce rêve. C’est ensuite à chacun et à chacune, en particulier à la rêveuse, de voir l’écho que ces propositions trouvent - ou ne trouvent pas - en lui ou en elle.
      J’ajoute ici que le ressenti qu’a eu la rêveuse que ce rêve "ne lui appartenait pas" me semble soutenu par la nature d’enseignement de portée à la fois individuelle et collective qu’il peut avoir.
      Je pense donc qu’elle a donc été bien inspirée de t’en faire part pour que tu le publies afin que d’autres qu’elle-même puissent en faire leur miel, leur profit.

      Amezeg

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  19. Jean, j'éprouve le besoin de rajouter quelque chose...

    Je vais m'éloigner (un tout petit peu) du rêve pour aborder le sujet de l'affrontement du Mal et le rapport à la Mort.

    La première chose que je voudrais dire, c'est que, face au Mal, il n'y a pas d'attitude générale correcte, il n'y a que des cas individuels.

    Si l'on prend comme exemple la seconde guerre mondiale et Hitler...nous avons eu des personnalités fortes qui s'y sont frottées. Nous avons eu Etty Hillesum (et sa façon toute intérieure et admirable de ne pas "ajouter du mal au Mal") et puis nous avons eu aussi De Gaulle, qui, lui, a soulevé les volontés de résistance et de lutte.

    Tous deux , à mon avis, ont été admirables...bien que leur attitude diffère radicalement.
    Chacun a été "dans son rôle", dans ce qu'il pouvait et devait faire...

    Face au mal, le "juste" est donc, à mon avis, de savoir rester en accord avec ses propres valeurs, ses propres caractéristiques...et de mettre ses propres "talents" en action, talents qui sont très différents d'une personne à l'autre...voire parfois opposés.

    D'autre part, par rapport à la Mort, je voulais revenir sur l'"attitude christique"...

    Il se trouve que, par mon histoire de vie, je connais bien le milieu chrétien...ses richesses et aussi ses failles...
    Je connais bien l'Evangile aussi...

    Là aussi, il y a des nuances qui sont très nécessaires.
    La mort de Jésus est le plus souvent présentée comme un "sacrifice volontaire"...
    Or, ce n'est pas forcément cela...que je retiens.

    Si on lit l'Evangile, on voit plutôt un Jésus qui affronte ce qui lui arrive avec détermination, dignité, courage...mais qui, si c'était possible, l'éviterait volontiers (voir le passage au jardin des Oliviers).

    Ce que je veux dire, c'est que ce qui était au départ "courage devant la mort" a été, au fil du temps déformé par l'Eglise pour devenir "acceptation" et "résignation"...Et on a glissé vers une sorte de dolorisme et de fatalisme qui est le contraire de ce que le Christ voulait montrer...

    Pour moi, il a "dépassé" la mort et la crainte de la mort...mais il n'y a pas eu l'ombre d'une "résignation" ou d'une "soumission" dans son attitude...

    D'ailleurs,quand il est devant son ami Lazare, il ne se "résigne" pas à sa mort, non plus...il le ressuscite...

    C'est très important, je crois, de faire la différence entre "acceptation" et "résignation"...car la frontière est mince...et tout, dans notre éducation, nous a appris à confondre les deux...

    Pour reprendre la comparaison avec la seconde guerre mondiale et les camps de concentration...
    L'attitude "fataliste" consiste à ne pas vouloir savoir, à ne pas chercher où vont les trains...
    L'attitude "non résignée" consiste à tout faire pour ne pas finir "dans un camp"...et pour que les autres n'y finissent pas.

    Mais, si les événements ont fait qu'on y est déjà enfermé, alors, oui, à ce moment-là, on peut éventuellement trouver les ressources pour affronter cela (lien à "l"Ange")...et même, parfois (mais ce n'est vraiment pas garanti), y vivre une sorte de "grâce"...

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    1. Merci chère Licorne pour ce commentaire et ces précisions, très importante en effet. Oui, dans l'image christique, il ne s'agit pas de revenir à la résignation mais plutôt de manifester une dignité inaltérable qui dépasse la mort...

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