
J’ai entendu il y a quelque temps un rêve
remarquable. C’est la conclusion de ce rêve qui m’a frappé et lancé dans une
réflexion philosophique. Il faut dire qu’il m’a semblé que le rêve venait
répondre directement à l’une de mes propres interrogations, ce qui arrive assez
souvent – il est fréquent qu’il y ait des résonances évidentes, ne seraient-ce
que projectives, entre les inconscients d’un analyste et d’un analysant. Cela
oblige à de grandes précautions dans l’interprétation, et d’abord, à la
reconnaissance de sa dimension subjective : j’ai immédiatement indiqué au
rêveur combien son rêve me touchait et que je ne pourrais lui proposer une
interprétation qu’à partir de cette subjectivité. C’est un point qui ne cesse
de m’étonner : avec les rêves, nous travaillons sur la psyché objective
telle qu’elle se manifeste dans l’inconscient, et cependant cela réclame
d’assumer entièrement notre subjectivité – je ne peux jamais que proposer
« mon » interprétation et espérer qu’elle fasse sens pour le rêveur,
c’est-à-dire qu’elle vienne résonner à son tour avec la dynamique de création
de sens propre au rêveur. Je n’ai donc aucune prétention à l’objectivité ou à
la justesse intrinsèque de mon interprétation, mais j’offre au rêveur ma réponse
subjective à son rêve, en confiance de ce qu’il saura quoi en faire, et que le
sens qui cherche à lui venir à la conscience au travers de ce rêve saura se
servir de ma proposition pour se manifester.
Le rêveur est un artiste qui, après une
période très volontariste, s’interroge sur la façon de mener sa vie. Il a
décidé récemment, au sortir d’une relation amoureuse, de laisser aller les
choses sans rien préméditer de la suite qu’il donnera à son existence. Il se
passionne pour le travail avec les rêves et l’inconscient, au travers duquel il
découvre les multiples facettes de son anima (féminin intérieur). Le rêve
semble de prime abord porter sur la relation avec le féminin et la nécessité
d’un nettoyage, mais il y a plusieurs éléments qui signalent aussi une portée
spirituelle. Le point qui m’intéresse ici est que le rêveur découvre en effet,
dans le rêve, une façon de diriger sa vie. Il ramasse des graines qu’il trouve
sur un fauteuil, les garde dans ses mains puis en laisse échapper une partie en
s’inclinant avec respect, mains jointes, devant une dame chinoise très
élégante, la propriétaire des lieux. Elle sourit de sa maladresse, dont elle ne
lui tient pas rigueur.
Voici la suite du rêve :
« J'avance un peu plus loin dans le
salon. Devant moi il y a un espace entouré de divans et des fenêtres derrières.
D'un geste, j'ouvre les paumes et projette le reste des graines sur le sol.
Elles forment une ligne diagonale à l'espace dans lequel je me trouve. Je me
penche au sol. À genoux, je balaie à nouveau les graines avec ma main pour les
rassembler en un petit monticule. À ce moment, un scénario me vient à l'esprit.
Je me dis : C'est du Beckett. Les graines que je lance pourraient m'indiquer le
chemin. Il me suffirait de les lancer dans une direction, d'y aller, de les
rassembler à nouveau pour les relancer dans une autre direction. L'image de
l'ascète Siddhârta me vient à l'esprit. Je pense au grain de riz qu'il mangeait
à cette période. La poignée que je lancerais pourrait être des grains de riz
que je mangerais, comme Siddhârta, un à un, jour après jour, jusqu'à ce que le
nombre fini de grains de riz arrive à un seul et que ce soit le dernier jour de
ma vie, mon dernier grain de riz. »
Ma première pensée en entendant ce rêve a
été : c’est un oracle ! Cette façon de lancer des graines au sol,
d’en contempler le dessin et de suivre la direction qu’il indique est une façon
traditionnelle d’interroger l’inconscient, similaire au lancer des tiges
d’achillée utilisé pour le Yi-King et à celui de pierres ou de coquillages
propre à certains oracles africains. Et puis j’ai eu envie d’éclater de rire
car je me suis dit : c’est ainsi, et ainsi seulement, qu’on peut avancer
en Tao, en complet lâcher-prise sous la guidance de l’inconscient. Les références
à Beckett et à Siddhârta m’ont semblées lumineuses : Beckett renvoie au
théâtre de l’absurde qu’est la vie, toujours aux prises avec le non-sens,
tandis que Siddhârta symbolise la voie spirituelle dans le quotidien. Et bien
sûr, cette grande découverte commence par une marque de révérence devant une
dame chinoise d’un statut à l’évidence supérieur aux autres personnages du
rêve, dans laquelle on peut voir une symbolisation de l’anima spirituelle. Une
anima orientale, chinoise, ce qui nous a amené à parler de comment l’Orient
peut représenter, pour un occidental, le monde spirituel par excellence. J’ai
partagé ma compréhension intuitive et mon éclat de rire avec le rêveur, et nous
avons encore plus ri, de concert cette fois, quand je lui ai rappelé l’adage du
Tao-Të-King :
« Quand
l'homme noble entend parler de la voie, il l'embrasse avec zèle.
Quand l'homme moyen entend parler de la voie, il la discute, il en prend et il
en laisse.
Quand l'homme inférieur entend parler de la voie, il éclate de rire.
S'il ne riait pas, ce ne serait pas la voie... »
Notre rire, bien sûr, était la signature de la
voie. Il n’y a aucune notion de supériorité dans le Tao-Të-King. Les trois
sortes d’hommes dont il parle ici correspondent à trois attitudes que
décrivaient aussi les gnostiques grecs. La plus répandue est celle des hommes
attachés à la physis, c’est-à-dire
aux choses concrètes et au sens littéral des symboles ; ils ne voient pas
au-delà des apparences et sont dits « inférieurs » car leur vision
est restreinte, au ras du sol. Une attitude intermédiaire est celle des psychiques qui discernent bien qu’il y a
quelque chose au-delà des apparences mais sont aux prises avec toutes sortes de
fantasmes. Ils ont une perspective plus large que les précédents mais ils ont
encore tendance à prendre les symboles pour des réalités littérales. Enfin, les
pneumatiques (de pneuma, l’esprit) sont libres des illusions et ont une vision plus
élevée des choses, dans laquelle les apparences sont l’ombre de la véritable
réalité. Ces trois attitudes se retrouvent en chacun de nous, plus ou moins
consciente ; la psychologie sacrée (Jean Houston) les décrit comme étant
les niveaux de conscience de l’identification (c’est moi), des images
collectives (c’est nous) et enfin, du « Je suis ».
Bien sûr, il faut être fou, complètement fou,
pour vivre ainsi en lançant une poignée de grains de riz devant soi pour
laisser le chemin se tracer de lui-même, s’en remettre entièrement à Dieu. Le
poète Soufi Hafiz le disait bien : « Il faut être fou pour entrer
dans la démarche ». Ce n’est en aucun cas un choix conscient, délibéré et
volontaire, avec la poursuite d’un but à la clé. C’est un destin et il n’a rien
d’enviable. Il faut, pour entrer sur ce chemin, être parvenu à une impasse
existentielle : beaucoup des gens que je connais qui sont allés par-là ont
fait une tentative de suicide ou l’ont sérieusement envisagée. Pour une raison
ou un autre, leur vie n’avait plus de sens ; ils étaient arrivés au bout
de l’espoir, et comprenaient d’ailleurs fort bien ce que dit Daniel Odier de
l’espoir, à savoir que c’est « de la peur qui a mal tourné ». Ils
étaient donc prêts à tout remettre en questions, et ne pouvaient plus trouver
aucune réponse dans ce que le monde pouvait leur offrir. Ils étaient acculés à
se tourner vers l’intérieur, et la bonne nouvelle, c’est que les questions se
sont alors révélées enceintes de réponses inattendues, qui attendaient leur
heure, en dedans, pour éclore.
Jung a été le témoin privilégié de processus
de transformation de cet ordre. Lui-même, dans les années de confrontation avec
l’inconscient, a été proche de sombrer et l’ampleur de son œuvre dit la
profondeur des gouffres qu’il a côtoyés. Il ne faut pas dramatiser les choses
non plus : beaucoup de gens peuvent tirer un grand parti du travail avec l’inconscient
sans éprouver le besoin de mettre leur vie en danger. Le dénominateur commun
est toujours cependant la souffrance, et plus précisément cette souffrance qui
tient à la perte de sens. Ce n’est pas un chemin facile, car plutôt que de
poser un emplâtre sur cette souffrance en amenant une réponse toute faite aux
interrogations torturantes de la personne, il lui est demandé de faire
véritablement face à celles-ci, de descendre en conscience dans l’abîme. Dans
une lettre, Jung écrit : « L’angoisse d’un être lui montre toujours
la tâche à accomplir. Si vous l’esquivez, vous avez perdu une partie de
vous-même, et une partie problématique à l’extrême, de surcroit, par laquelle
le Créateur de toutes choses veut faire une expérience, à Son insondable
manière. Ses voies ont de quoi provoquer de l’angoisse. Surtout tant que vous
n’êtes pas en mesure de voir plus profond que la surface. »
Cette souffrance est toujours le signe d’un
conflit entre des opposés qui déchirent la psyché. Notre tort est très
généralement de fuir cette souffrance, de vouloir l’endormir en l’anesthésiant
d’une façon ou d’une autre. Mais ce n’est pas un chemin très populaire que
celui qui propose de souffrir consciemment ; il n’y a aucun prosélytisme à
en faire – nul n’a le droit de chercher à réveiller autrui car personne n’a de
solution à offrir à la souffrance qui pourrait être ainsi ramenée à la
conscience. C’est toujours une voie solitaire, réservée au « petit
nombre », c’est-à-dire non pas à une élite mais à ceux qui ne trouvent
plus asile dans le troupeau. Pire : à mesure que l’on descend dans le
noir, voilà que toutes les références disparaissent, toutes les certitudes
s’effritent, car l’inconscient a un pouvoir éminemment dissolvant. On ne peut
bientôt plus compter que sur soi, et sur ce qui vient de l’intérieur : les
rêves, les intuitions, les synchronicités. Bien sûr, nul ne se risquerait
par-là s’il n’y avait la présence rassurante de l’analyste qui dit qu’il est
passé lui aussi par ce chemin et qu’il y a quelque chose derrière. Mais Jung le
dit clairement : « Le patient doit être seul pour découvrir ce qui le
porte lorsqu’il n’est plus en état de se porter lui-même. Seule cette
expérience peut donner un fondement indestructible à son être. »
Ce fondement, qui se révèle être comme un sol
qui se dessine sous nos pas après avoir traversé le vide, est toujours tissé de
sens. Non pas un sens final, non pas un sens définitif dont on pourrait
abreuver le monde, sauf à verser dans l’inflation généralement catastrophique
tant pour l’individu que pour le monde, mais un sens à vivre, à incarner, à
exprimer et auquel il s’agit de donner forme. C’est ainsi que se vérifie
l’adage qui veut que « le génie côtoie la folie » : la
créativité apparait comme étant la réponse de la nature à ce qui entravait
l’évolution. On touche là à quelque chose de sacré, non pas au sens des
pontifes mais, comme nous le souffle la langue des oiseaux, simplement dans le
fait que « ça crée ». Et si Jung souligne bien que le chemin entre
les opposés tient à la fois de la crucifixion et de la voie du milieu, il donne
un sens à la souffrance qui n’est ni chrétien, ni bouddhiste, bien qu’il
réconcilie sans doute ces deux points de vue : le conflit est nécessaire
pour créer de la conscience. Car la conscience réclame la différentiation, et
la différentiation s’opère dans le feu du conflit entre les opposés, dont naît
la conscience qui saura tôt ou tard les contenir et les réconcilier.
Toute la « voie jungienne »
est là, si l’on peut parler ainsi sans insulter Jung qui ne voulait
surtout pas de jungiens marchant à la queue leu leu derrière lui. Il s’agit
d’endurer la tension entre les opposés aussi longtemps et aussi loin qu’il est
possible, en comptant sur le fait que, lorsque cela ne sera plus possible,
quelque chose d’autre – un troisième terme – prendra le relai. Le symbole, dit
Jung, est justement la voie moyenne qui construit un pont entre les opposés et
c’est pourquoi il est si important d’écouter les rêves quand on est déchiré par
une telle dualité. Ce conflit prend très généralement forme d’une guerre
intestine entre le conscient et l’inconscient, et c’est alors la névrose, dont
Jung dit bien que ce n’est pas elle qu’il faut guérir, mais elle qui nous
guérit. Elle nous guérit d’un déracinement de la conscience hors de
l’inconscient ; elle nous ramène en terre, dans la réalité. La souffrance
a ainsi la vertu, quand elle est assumée consciemment, de nous relier aux
autres êtres humains, et en fait à tous les êtres vivants, car il devient clair
que la souffrance est ce que nous avons tous en commun. Seuls peuvent ignorer
ce fait ceux qui projettent leur souffrance sur autrui en les en rendant
responsables, et en propageant dès lors la souffrance par leur violence. Mais
la voie jungienne consiste précisément, à l’inverse, à opérer le retrait des
projections pour contenir le conflit entre les contraires dans un athanor
hermétique, de façon que s’opère enfin l’alchimie qui transforme le plomb
pesant de la vie en or lumineux.
Dès lors, que se passe-t-il ? D’où vient
la solution ? Écoutons ce qu’en dit Jung dans Le commentaire sur le Mystère de la Fleur d’Or :
« Les problèmes vitaux les plus graves et
les plus importants sont tous, au fond, insolubles. (…) Ils ne peuvent jamais
être résolus, mais seulement dépassés. (…) En observant le processus d’évolution
de ceux qui se dépassaient eux-mêmes en silence et comme inconsciemment, je vis
que leur destin avait un trait commun : la nouveauté venait à eux de
possibilités obscures, ils l’acceptaient et se dépassaient grâce à elle. Je
considérai comme typique que les uns la reçoive du dedans, et les autres du
dehors, ou plutôt qu’elle émane du dedans pour certains et du dehors pour les
autres. Jamais cependant la nouveauté n’était chose purement extérieure ou
purement intérieure. Si elle venait de l’extérieur, elle devenait expérience
intime ; si elle venait de l’intérieur, elle devenait événement extérieur.
Pourtant, elle n’était jamais provoquée de façon intentionnelle et consciente,
mais elle s’avançait, portée sur le fleuve du temps. (…)
Et que faisaient ces gens pour réaliser le
progrès libérateur ? Autant que j’aie pu voir, ils ne faisaient rien (wu-wei)
mais laissaient advenir : ainsi que le maître Lu Tsou l’indique dans notre
texte, la lumière tourne suivant sa propre loi (…). Le « laisser advenir »,
l’action non agissante, l’abandon de Maître Eckhart est devenu pour moi la clé
permettant d’ouvrir les portes qui mènent à la voie : dans le domaine
psychique, il faut pouvoir laisser advenir. C’est pour nous un art véritable
auquel quantité de gens ne comprennent rien : leur conscient ne cesse d’aider,
de corriger et de nier, de multiplier les interférences et, dans tous les cas,
il ne peut laisser en paix le pur déroulement du processus psychique. La
tâche serait assez simple, si la simplicité n’était pas ce qu’il y a de plus
difficile. »
En résumé :
Endurer
la tension entre les contraires, c’est-à-dire porter sa croix.
Laisser
advenir…
Jusqu’à ce qu’intervienne un facteur
transcendant qui crée du nouveau, qui amène un changement radical de
perspective. Quant à la nature de ce facteur transcendant, Jung est tout à
fait réservé : « Toute affirmation concernant le transcendantal doit
être évitée parce qu’elle n’est toujours qu’une présomption dérisoire de l’esprit
humain inconscient de sa limitation. Lorsque par conséquent Dieu ou le Tao est
qualifié d’impulsion ou d’état de l’âme, on a seulement exprimé là une
affirmation sur ce qu’on peut connaître, mais non sur l’inconnaissable dont on
ne peut rien dire ». Il met aussi en garde contre la tentation
d’introduire dans cette voie un dessein réfléchi ou une méthode, une sorte de
recette qu’on pourrait reproduire en achetant un sac de riz chez l’épicier du
coin. Ce serait alors mettre le moyen juste entre les mains de l’homme de
travers, selon un vieil adage chinois, et alors le moyen juste opèrerait de
travers. Il y en en effet un danger certain à mener sa vie seulement en suivant
l’impulsion de l’inconscient : pour la plupart, en particulier si cela
devait être une méthode consciente de « dérèglement de tous les
sens », cela conduit tout simplement à la psychose, c’est-à-dire à
l’effacement du conscient devant la puissance dévorante de l’inconscient.
Il faut être béni des dieux pour traverser la
folie et prendre pied de l’autre côté.
Qu’y trouvera-t-on ? Et bien non, ce ne sera
pas la paix éternelle que vendent les marchands d’illusions, mais encore et
toujours le conflit entre les opposés, la dualité sans laquelle nous ne serions
pas en vie. Mais la relation à la vie a changé justement pour devenir un grand
« oui » inconditionnel – il n’y a plus personne pour discuter. Ce qui
se produit alors, et cela chacun peut l’expérimenter dans la compréhension d’un
rêve, par exemple, c’est un dépassement que l’on peut caractériser comme un
« élargissement de la conscience ». Ainsi, Jung observait que le
problème « n’était pas résolu en lui-même de façon logique mais il
pâlissait devant une direction vitale nouvelle et plus forte. Il n’était pas
refoulé ou rendu inconscient mais il apparaissait dans une lumière différente,
et ainsi, devenait différent. Ce qui, à un stade inférieur, avait donné lieu
aux conflits les plus âpres et à des explosions paniques de l’affectivité,
apparaissait maintenant, considéré d’un niveau supérieur de la personnalité,
comme un orage dans la vallée contemplé du sommet d’une montagne. L’orage n’est
nullement dépouillé de sa réalité mais on est désormais au-dessus, non plus dedans. »
L’image consistant à lancer devant soi les
grains de riz – la nourriture de l’âme – qu’on a soigneusement ramassés pour
déterminer le prochain pas à faire est venue apporter l’élément qui me manquait
pour compléter cette réflexion sur la voie jungienne, qui mijote en moi depuis
bien longtemps. Au fond, elle ramène au simple fait que, dans chaque instant
présent, il y a les germes d’un futur qui est simplement là où l’énergie coule.
Aller son chemin ainsi ne signifie pas abandonner toute rationalité et
responsabilité consciente, bien au contraire, car c’est un chemin de réconciliation
et d’intégration des contraires, parmi lesquels le rationnel et l’irrationnel.
C’est simplement l’abandon de toute prétention à définir consciemment le but et
le cours de notre existence en nous en remettant à cela qui dépasse les opposés,
justement. C’est jouer son rôle de conscience responsable de sa propre vie en
acceptant, à chaque tournant, de lâcher-prise pour voir ce qui va émerger
de soi-même.
Laurens Van Der Post, qui demeurait ancré du
côté sauvage de l’existence, a fort bien exprimé cette façon d’aller quand il
écrivait : « C’est ainsi que j’en vins à vivre ma vie non en suivant
un plan conscient ou selon un dessein pré-arrangé, mais comme quelqu’un suivant
le vol d’un oiseau ».